Barbara France 2017 – 98min.

Barbara

Critique du film

Barbara

Théo Metais
Critique du film: Théo Metais

Une actrice va jouer Barbara, le tournage commence lentement. Elle travaille son personnage, le grain de la voix, les chansons, les partitions, les gestes et même le tricot. Le réalisateur aussi travaille, par ses rencontres, par les archives et la musique. Mais à mesure que le tournage avance, la diva et celle qui en incarne le rôle le bouleverse.

Quand Amalric invoque Barbara, la chanteuse revient dans un portrait syncopé, spectral et dédoublé. Il y a la Barbara que l’on découvre au travers des images d’archives et notamment le documentaire de Gérard Vergez de 1972; puis il y a Jeanne Balibar, un nez postiche, splendide, contemporaine, fragile et lovée d’extravagants boas de plumes noires. Les deux artistes dialoguent dans une valse d’outre-tombe. On serpente, c’est un va-et-vient entre l’actrice et son modèle. Les époques se confondent, l’espace temps s’amenuise. Du grain de la voix au grain de l’image, l’illusion est troublante et le traitement en miroir donnera de la pudeur au biopic, une hauteur, de la retenue pour saisir la bohème de Barbara.

Barbra subjugue, Jeanne Balibar magnétise. Néanmoins, le film n’aura qu’une faible ampleur biographique. Aux antipodes de biopics comme les récents Dalida ou Django, l’audace scénaristique pourrait le rapprocher d’un Joann Sfar et de son Gainsbourg, Vie Héroïque. Il y a en filigrane la critique du biopic, une variation sur un genre. Le cinéaste est résolument moderne et les retrouvailles avec celle qui partageait sa vie donne au film une portée symbolique émouvante. Dès les premiers instants, la musique de Barbara est présente, magnifiée lors d’instants volés au piano. Délibérément lacunaire, à la fois brut et sophistiqué, c’est un film conscient du réel qui mérite la note, toujours subjective, de 4 sur 5.

05.09.2017

4

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Commentaires

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seemleo

Mais comment vais-je m'y prendre pour réaliser un biopic sur Barbara et renouveler le genre ?

Amalric mets en scène Jeanne Balibar, et ce contorsionne afin de rajouter sa patte de cinéaste sur le talent de la grande chanteuse. Et que je te mette tout cela en abîme ! Malgré le talent indéniable de l'actrice, il faudra expliquer à notre réalisateur de génie que son approche n'a strictement aucun intérêt. Sa couche de "poésie" sur une des plus grandes chanteuses du siècle est un exercice de haute acrobatie. Et le résultat est plus proche du grotesque que du chef d'oeuvre.

Nous voici donc devant une longue heure et demie de scènes pompées sur un vieux documentaire, montées au hasard et parfaitement interchangeables ou Barbara roucoule, tricote ou soliloque, et plongent les spectateurs dans un profond sommeil par manque de rythme, d'intrigue et de sens.

Pénible et vaniteux.

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Barbara 1

CineFiliK

“Les dames en noir”

Le réalisateur Yves Zand désire tourner un film sur Barbara. Sous l’œil de sa caméra, Brigitte cherche à se fondre dans le rôle.

Chanson pour une absente. L’ombre de la star plane sur le plateau. Elle éclaire et transforme le visage de l’actrice. L’illusion magique du cinéma. Les frontières entre le vrai et le faux, le documentaire et la fiction se brisent. L’image et la voix participent au flou. Barbara et Balibar, anagrammes presque parfaites, ne font qu’une, nous troublent et nous fascinent. Amalric est et joue un homme qui regarde avec admiration les femmes de sa vie. « Je t’aime » lui chanteront-elles en duo. Au final, « c’est un film sur Barbara ou c’est un film sur vous ? », demande Brigitte. « C’est pareil », répond Yves. Objet et sujet fusionnent dans cet exercice artistique sentant l’intelligence. En manque de repères, le spectateur s’égare dans ce labyrinthe des passions. Insaisissable, l’aigle noire s’est envolée. Elle laisse derrière elle ses cantates, émotions pures.

7/10
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cinefilik.wordpress.com

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Barbara 3

vincenzobino

3.5: Fan...
Fan...
Yves, réalisateur fan de la chanteuse Barbara, tourne un biopic sur son idole. Et sa muse actrice, Brigitte, lui permet de revivre une rencontre en direct avec l'interprète de l'aigle noir, bien que cette dernière soit décédée. Mais les archives persistent.
Qui n'a jamais fredonné ma plus belle histoire d'amour, l'aigle noir ou Gottingen? Des mélodies à la fois douces et mélancoliques avec un brin de nostalgie. Et ce ressentiment, Matthieu Amalric l'insuffle à son duo.
Entre un réalisateur fan et une doublure parfaite, l'on se retrouve en plein milieu d'une sorte de schizophrénie théâtrale: le tournage auquel est convié le spectateur s'apparente d'une part à un making-of, par les nombreuses séquences de tournage (parfois un brin longuettes) et d'autre part à un documentaire, par des séquences où la voix de Barbara supplante celle de Brigitte, notamment au cours d'une remarquable séquence dans un restaurant.
Fan? Ce mot définit plutôt le public-cible. Il est en effet plus qu'évident que si Barbara vous était inconnue, vous risqueriez de trouver le temps long. En revanche, si sa disparition vous a bouleversé, l'hommage proposé par Amalric vous touchera.
Et il y a Jeanne Balibar exceptionnelle.
Se laisse tout à fait voir...

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