Encanto - La Fantastique Famille Madrigal Etats-Unis 2021 – 99min.

Critique du film

Une fable florale et féérique sur la famille

Théo Metais
Critique du film: Théo Metais

60ème long-métrage d’animation des écuries Walt Disney Animation Studios, «Encanto» nous dévoile une fable florale et féérique sur la famille. De quoi parler d’amour et de magie à l’approche des fêtes.

Voilà trois générations que l’Encanto bénit la famille Madrigal. Une magie qui avait, jadis, délivré la grand-mère alors en train de fuir sur les routes de Colombie. Aujourd’hui, toute sa descendance a reçu une aptitude particulière et l’Encanto assure la pérennité de cette famille dans les montagnes et permet à la communauté de vivre en paix. Mais quand cette magie se retrouve menacée, c’est un monde qui s’écroule et la jeune Mirabel, qui est la seule à n’avoir reçu aucun pouvoir, pourrait bien être le dernier espoir de cette famille.

Pour son 60ème long-métrage, et après une myriade de classiques, Disney démontre son savoir-faire, sinon son style, en matière de grandes épopées féériques. Consciente de son époque, attentive, prudente presque, il faut dire que les studios ont essuyé bien des controverses, mais la souris met cette fois la Colombie à l’honneur. «Encanto» dévoile un univers enchanté, inspiré par la Colombie du début du 20ème siècle et la fête des fleurs de Medellín. Un hommage à l’incroyable biodiversité équatoriale, ainsi dahlias, orchidées, panthères et autres tapirs viennent déjouer les sempiternels clichés cinématographiques associés à la Colombie. Le mégadivers a de la ressource, et le challenge était de taille pour les cinéastes Jared Bush, Byron Howard et Charise Castro Smith.

Croisée dans «Brooklyn Nine-Nine», Stephanie Beatriz prête sa voix à Mirabel en version originale (Camille Timmerman pour la version française). Elle est la seule à n’avoir reçu aucun don, devenant une enclume à la réputation de cette famille, la risée de ses pairs. L’Encanto octroyait à sa mère Julieta le pouvoir de guérison, à sa cousine Isabela celui de faire jaillir les fleurs, allouait à Luisa une force surhumaine et offrait à son petit protégé, le jeune Antonio, celui de murmurer à l’oreille des animaux. Et dans le décor de leur «casita», d’un genre «La Belle et la Bête», il semblerait que la magie se soit assoupie sur le sort de Mirabel.

Un voyage (en)chanté fidèle aux studios, trop peut-être, et parmi les compositions de Lin-Manuel Miranda surnage un refrain, comme une ligne de conduite pour cette famille : « We Don't Talk About Bruno-no-no ». Car il est un drame inhérent à l’histoire, un trauma du nom de Bruno et ses prédictions machiavéliques, celles qui annonçaient la fin de l’Encanto et qui lui coutèrent de s’exiler. Ainsi se voilait la magie ancestrale et le film s’évade dans les combles des histoires familiales. Le métrage trouve une parabole contemporaine et force le trait d’une réalité touchante. Bonne pioche pour «Encanto» dont la destinée romanesque de la grand-mère s’arc-boute au grand cycle historique de la Colombie, ses vagues migratoires et ses déplacements forcés. Comme souvent pour les récents Disney, un comité composé de consultants et autres anthropologues se sont chargés de l’authenticité des faits. Alors il faudra être attentif, car «Encanto» a bien des choses à nous dire.

Ainsi le métrage trouvera sa place parmi les belles épopées générationnelles, mais peut-être que l’ensemble se résout trop simplement. Pourtant, la substance est belle, et à l’instar du reste de cette famille-fleuve, Mirabel émerveille de son énergie contagieuse. Malgré une animation tout à fait convaincante, pas sûr que non plus que Lin-Manuel Miranda ne signe ici ses meilleures orchestrations. Ainsi le long-métrage se fait la parfaite illustration d’un objet rondement mené, une vitrine de maîtrise et d’expertise, mais qui aurait oublié de nous surprendre. Il y avait une invitation au voyage, mais le charme s’est essoufflé.

23.11.2021

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