Mortal Engines Nouvelle-Zélande, Etats-Unis 2018 – 128min.

Mortal Engines

Critique du film

Blockbuster sans plomb

Lino Cassinat
Critique du film: Lino Cassinat

Dévastée il y a plus de mille ans par un genre de guerre atomique globale, la Terre est désormais un champ de ruines stérile, où les villes ont été motorisées et se font la chasse les unes aux autres dans le but d’acquérir des ressources. À Londres, l’une des plus grandes et redoutables cités du monde, Tom est embarqué dans la fuite de la fugitive Hester, qui a tenté d’assassiner Thaddeus Valentine, un haut dignitaire qui couve de biens sombres complots.

Peter Jackson et son studio Weta sont en effet pour beaucoup dans les grandes réussites que furent entre autres District 9 de Neill Blomkamp et le Tintin de Spielberg, sans parler des Seigneur des Anneaux, et il faut dire que le gage de qualité associé à son nom tient en partie ses promesses avec ce Mortal Engines.

Le film de Christian Rivers déploie en effet une direction artistique foisonnante et travaillée, établissant dès ses premières images un univers riche et dangereux, qui donne envie d’être parcouru. Cette sensation est d’autant plus forte qu’elle est soutenue par une première demi-heure de bonne qualité. Mortal Engines entre tout de suite dans le vif du sujet avec une haletante scène de chasse entre deux villes motorisées, comme une espèce de Mad Max mais à la dimension titanesque. Seule un montage parallèle, venu faire de l’exposition forcée, viendra ternir un peu une course poursuite somme toute prenante.

Malheureusement et contrairement à Mad Max, une fois cette belle mise en bouche passée, Mortal Engines retombe comme un soufflet et n’arrivera plus à repasser la 4e vitesse. Pire, plutôt que d’arpenter librement un monde gigantesque, le film se mettra sur les rails bien prévisibles du genre young adult, jusqu’à ce que le générique final défile. Romances naïves au forceps, seconds couteaux ultra-fonctionnels, flashbacks lourdement psychologisants et explicatifs et affrontements aseptisés pour le destin du monde; toutes les cases seront mollement cochées. L’âme du film s'étiole au point qu’il ose même nous resservir le sempiternel drame familial final canonisé par un certain Empire Contre-Attaque. Dommage, car pourtant, avec une protagoniste charismatique en diable (l’investissement de Hera Hilmar est à saluer) et un second antagoniste Terminator-ien efficace, Mortal Engines parvient parfois à susciter à nouveau de l’intérêt. Preuve qu’il avait les cartes en main pour réussir.

En résumé

Mortal Engines propose un univers steampunk soigné et deux personnages à fort potentiel (Hester et Shrike), mais après trente minutes, son récit rame plus qu’il ne vrombit.

12.12.2018

2.5

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Commentaires

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CineFiliK

il y a 7 mois

« Mégalo… pole »

Une guerre atomique a dévasté en un rien de temps les continents, aujourd’hui d’immenses terrains stériles. Afin de survivre, les villes sont devenues des amalgames mécaniques et mobiles, les plus grandes gobant les petites pour s’approprier leurs rares ressources. Dans Londres la puissante, complote le fourbe Valentine. Mais Hester, jeune et rebelle, est bien décidée à se venger de lui.

Mettez sur le grand écran, un zeste de Mad Max: Fury Road, trois pincées de Star Wars et un soupçon de Game of thrones ; mélangez le tout dans une sauce déjà prête aux saveurs manga. Pas totalement indigeste, cette recette sans véritable caractère laisse sur sa faim. On aime le début prometteur quand l’ancienne capitale anglaise, dominée par Saint-Paul, pourchasse une bourgade minière bavaroise, relique d’une Europe anéantie, dans l’optique symbolique et amusante d’un Brexit inversé. Mais, une fois les personnages esquissés – des archétypes sans profondeur –, le récit piétine dans un marasme de déjà-vu et d’attendu. Si mortelles sont les machines, l’ennui le devient aussi.

5/10Voir plus

Dernière modification il y a 7 mois


vincenzobino

il y a 7 mois

3.5: Vendetta Games
Le 31eme siècle : la Terre a été dévastée il y a fort longtemps par une explosion nucléaire ayant provoqué un Armageddon. Les survivants sont divisés en deux camps: les très puissants vivant à Londres, dirigés par une élite dont Thadeus est l’architecte en chef, et ceux vivant dans les profondeurs dont Ester. Tom est un jeune archéologue passionné par l’Histoire précédant ce cataclysme. Avec l’aide de Katherine, la fille de Thadeus, il vient de découvrir l’existence d’une puissante arme pouvant détruire les civilisations restantes. Pour empêcher ceci, une aide extérieure ne saurait se refuser. Et lorsque Ester se retrouve aux portes de Londres, ou plutôt de sa forteresse volante, avec la ferme attention de tuer Thadeus qu’elle croit l’assassin de sa mère, une nouvelle alliance s’avère prévisible.
Le voici donc ce nouvel opus du binôme Jackson-Boyens après les six opus tolkiens. Ils s’attaquent à un nouveau classique m’étant inconnu. Les premières réceptions n’étant pas fameuses, je m’attendais à une niaiserie de plus. À tort.
Pour divertir, il faut de l’action, un pitch prometteur et un brin de critique. Ses 3 conditions sont parfaitement réunies: l’on ne voit absolument pas le temps passer; le concept guère innovateur a néanmoins le mérite de susciter un intérêt et visuellement parlant, ça n’est nullement désagréable.
Maintenant, à vouloir peut-être mélanger Mad Max, Star Wars et Avatar, l’on peut légitimement être un peu dubitatifs quand à la suite. Et j’avoue bien me demander ce qu’elle nous réserve.
Se laisse donc voir et 3D impeccable...Voir plus


Eric2017

il y a 7 mois

Qu'elle est le but de faire un tel film ? Tester la technologie sur le terrain ? Ce film n'est que misère humaine. Batailles, sang, guerre, il n'y arien d'autre à voir. Il n'apporte rien. Et si le monde en l'an 3000 doit devenir ainsi, alors nous avons vraiment rien compris. On ressort déprimé. Je mets une étoile pour la technologie informatique. (F-16.12.18)Voir plus


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