Antoinette dans les Cévennes France 2020 – 95min.

Critique du film

Un amour nommé Patrick

Sven Papaux
Critique du film: Sven Papaux

Une randonnée dans les Cévennes avec un âne, ça vous tente? Le second long-métrage de Caroline Vignal, labellisé Cannes 2020, emmène sa protagoniste dans une randonnée sur les sentiers de l’amour et de la liberté.

Laure Calamy campe Antoinette, une institutrice totalement sous le charme d’un papa d’élève, Vladimir (Benjamin Lavernhe). Les 2 se tournent autour et tombent amoureux. Problème: Vladimir est marié. Et quand Vladimir promet un été en amoureux, qu’il annule tout pour filer marcher dans les Cévennes avec femme et enfant, Antoinette voit rouge. Elle décide partir sur les traces de son amant, sur le Chemin Stevenson, ou GR 70, à l’aide d’un âne peu coopératif.

L’histoire de Robert Louis Stevenson veut qu’Antoinette l’institutrice se juxtapose avec la sienne, son histoire d’amour avec Fanny Osbourne. LA randonnée de l’amour, ode au vent d’Ouest, plaines et monts de couleurs et d’odeurs de vie, Antoinette respire l’amour naïf, le coursant en solitaire. Toutes sortes de rencontres vont remplir une jeune femme qui va passer du rire aux larmes, des sourires béats au masque de douleur. Des montagnes russes qui dessinent le trajet d’une femme emprisonnée par ses sentiments, qui va gentiment se détacher de cette étreinte émotionnelle pour enfin se délecter de la vie. Grâce à qui? Grâce à un âne surnommé Patrick. Son pote, son confident, l’ami qui lui fallait pour ouvrir les yeux.

«C’est pas le but qui compte, mais le chemin» martèle une gardienne de gîte. L’aventure humaine et aussi cette ode libératrice d’une femme qui surfe sur une ribambelle de déceptions amoureuses. La poisse pour Antoinette, qui marche et s’affirme. Et Caroline Vignal essaie de brosser un portrait en souplesse, d’une femme empêtrée dans une situation plutôt comique que tragique. Comme un rite de passage d’une femme sous-estimée; l’heure de l’affirmation à sonner. Mais Vignal n’en fait pas très bon usage, usant d’une musique légèrement irritante signée Matei Bratescot, et remuant une histoire qu’on connaît - parfois sympathique mais souvent répétitive. Se plaçant sous le signe de l’épiphanie et le chemin vers une vision nouvelle de la vie, Antoinette dans les Cévennes est aussi gentillet que sa protagoniste.

Petite lueur: le jeu de Laure Calamy, qu’on avait laissée dans les «griffes» de Dominik Moll et Seules les bêtes, qui réussit à se montrer à la hauteur. C’est peut-être la bonne surprise au milieu des braillements amoureux, voire moqueurs d’un âne pas comme les autres.

01.09.2020

2.5

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