Top Gun: Maverick Etats-Unis 2019 – 131min.

Critique du film

Remise à neuf

Gaby Tscharner
Critique du film: Gaby Tscharner

À 60 ans, Tom Cruise remet au goût du jour l’un de ses plus grands succès et Top Gun : Maverick ressemble beaucoup (trop?) à l'original des années 80.

S’il est un genre pour déconnecter du réel, c’est bien le blockbuster et «Top Gun: Maverick» semble être le parfait candidat au titre de blockbuster de l’été ! Près de quarante ans se sont écoulés, et les fans peuvent enfin admirer la suite de leur film chéri. La suite d’un classique qui s’est offerte un lancement en grande pompe à la CinemaCon 2022 puis à Cannes, présenté Hors Compétition. Notons, par ailleurs, que le premier volet était sorti au plus fort des tensions de la guerre froide, et que ce nouvel opus sort, lui aussi, dans un contexte géopolitique tendu.

Dégoulinant de nostalgie, Top Gun : Maverick multiplie les références à son aîné et s’en rapproche dangereusement. Une ressemblance si excessive que l’œuvre pourrait presque se voir comme remake. À l’orée de l’hommage vitrine, notons le générique très copié-collé sur les porte-avions; Tom Cruise en pleine course avec un jet sur sa moto ou quelques soldats torses nus jouant au ballon au crépuscule. Bref, à trop jouer sur les clins d'œil, une impression constante de déjà-vu finit par se faire ressentir.

Au cœur de l’intrigue, les scénaristes nous dévoilent le conflit entre Maverick et le fils de “Goose”, un dénommé "Rooster" interprété par Miles Teller («Whiplash»). Celui-ci lui reproche toujours la mort tragique de son père, pour laquelle Maverick se sent totalement responsable. Et des tensions apparaissent lors d’une mission durant laquelle les pilotes doivent mettre hors d'état de nuire une installation d'enrichissement d'uranium lourdement défendue par des armes antiaériennes. «Mon père croyait en toi, je ne ferais pas cette erreur» lancera-t-il à Maverick. La rancœur, point névralgique du métrage, mais le film ne prend pas le temps d’approfondir le contexte émotionnel de ses personnages. Les remords et les peines n’étant que délicatement effleurés en surface.

«I feel the need… the need for speed» (« Je ressens un besoin - un besoin de vitesse! »); la réplique date de 1986. «Top Gun: Maverick» est avant tout un film d’action et le cinéaste Joseph KosinkskiTron : Legacy») mise là tous ses atouts. Ainsi, le public restera certainement bouche bée devant d’impressionnantes scènes de hautes voltiges. En effet, à l'aide de caméras I-Max installées dans le cockpit et dirigées par les acteurs eux-mêmes, le film offre une technique impressionnante et une photographie d’une grande qualité. Jamais les visages qui se déforment dans les hautes sphères n’auront été aussi crédibles. Des scènes si spectaculaires qu’elles iraient presque chatouiller la curiosité des plus pacifistes pour ces grosses bêtes volantes. Et si rien ne surprendra du côté de l’histoire, Top Gun : Maverick s’inscrit dans la digne lignée des véritables blockbusters américains. Un métrage agréable, divertissant et ponctué d’une action bienvenue en cette période estivale.

(Texte initialement publié en allemand et traduit par Maxime Maynard et Théo Metais)

30.05.2022

3.5

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Commentaires

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Eric2017

il y a 27 jours

C'est du pure Tom Cruise et il est égal à lui-même. Techniquement rien à reprocher à ce film. Concernant le scénario, aucune surprise même sur le plan romantisme où dès les retrouvailles de Penny et Maverick tout était déjà cousu de fil blanc. Autre remarque concernant le regard des uns envers les autres, tout est joli, lisse et très américain, c'est trop à mon goût. J'ai ressenti également, sans que la mise en scène laisse planer un doute, cette suprématie américaine qui s'avère sur 2h10 de film assez détestable. (F-31.05.22)Voir plus


vincenzobino

il y a 1 mois

4.5: Air Whiplash
De nos jours, Pete Maverick Mitchell vole de temps à autre mais est sur le point d’être renvoyé de par ses manœuvres inconscientes. Son salut vient d’une mission suicide pour détruire un dépôt d’uranium enfoui sous une montagne pour laquelle il est chargé de former les futurs pilotes. Pas évident quand le fils de Bradshaw en fait partie et que Iceman est mourant. Encore moins quand personne ne veut de Pete.
Le voici donc ce retour du blockbuster militaire culte des années 1980. N’étant pas spécialement fan du contenu mais plus de l’audition du premier opus, j’espérais que le réalisateur d’Oblivion rendrait hommage à son aïeul. Souhait brillamment exaucé.
Dès les premières notes musicales, la séquence nostalgie est installée et ne nous quittera pas jusqu’à son terme. Mais il y a en plus cette confrontation inter générationnelle et une retrouvaille particulièrement houleuse annoncée.
Sauf qu’ici l’innocence de la jeunesse fait place aux aléas de la vie adulte : illustration avec Pete au bout du rouleau sur terre mais toujours as en l’air, Iceman adulte bouleversant et surtout Bradshaw où Miles Teller trouve l’occasion après Whiplash de surpasser à nouveau le maître.
Une BO de ouf où les thèmes familiers de Fatermeyer côtoient Lady Gaga et maître Hans, un son de ouff en particulier sur la mission et surtout une nostalgie absolue et un retour aux sources qui fera un bien fou à tous les fans du premier film mais surtout aux descendants ayant besoin d’un rappel sur le respect familial comme l’illustre l’ultime séquence.
A recommander vivementVoir plus

Dernière modification il y a 1 mois


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