Notre dame France 2019

Notre dame

Critique du film

Architecte d’une liberté retrouvée

Sven Papaux
Critique du film: Sven Papaux

Valérie Donzelli revient sur la Piazza Grande pour présenter son nouveau film. Cinquième fois qu’elle enfile le costume de réalisatrice, 4 ans après Marguerite et Julien, pour nous conter l’histoire d’une architecte en mal de liberté.

Maud Crayon (Valérie Donzelli) est une architecte talentueuse. Un jour, alors qu’un mandat lui est refusé, elle voit un autre projet de grande ampleur lui arriver tout cuit dans le bec. Par un heureux hasard, elle est choisie pour réaménager le parvis de Notre Dame. Une entreprise à 121 millions qu’elle doit à présent diriger. Entre cette toute nouvelle responsabilité, un amour de jeunesse et le père immature de ses enfants, son existence frisera le chaos.

On ne sait jamais, sur un malentendu ça peut marcher, disait Jean-Claude Dusse à Bernard, dans Les bronzés font du ski. Notre Dame démarre de cette manière: sur un malentendu. Un gros malentendu qui va totalement chambouler sa vie. Un projet architectural complexe à mener à bien, avec son lot de problèmes. Car oui, le réaménagement des monuments soulève souvent les critiques. Quand l’art rencontre l’opinion publique, ça fait souvent des étincelles. Maud Crayon en découvre les conséquences et se frotte à la critique acerbe de la presse hexagonale. Donzelli évoque le «cas de Daniel Buren» et le scandale autour de l’opéra Bastille qui l’a le plus inspiré.

Un projet gigantesque qu’elle décide de décrire sur un ton humoristique, burlesque. Des airs de Boris Vian, une rythmique qui rappelle L’Écume des jours de Michel Gondry. Dans Notre Dame, les gens sont à cran, ils se giflent dans la rue, les moines sont devenus diabétiques à force d’offrandes sucrées. Le monde file un mauvais coton. Il n’y a pas que Maud Crayon qui voit sa vie partir en mille morceaux. La société se désintègre. Notre Dame est un vaste théâtre à ciel ouvert, entre hommage au cinéma muet et à la comédie musicale. Une ode au burlesque. Le gros bémol est ce foisonnement d’idées loin d’être convaincant. Donzelli, désireuse de proposer une œuvre colorée, se perd dans sa fantaisie. Le film ne prend jamais son envol. Maud Crayon se bat pour sa vie, son existence qui semble lui glisser entre les doigts. Trop gentille, trop naïve. Notre Dame traite de l’émancipation d’une femme asphyxiée par ses nombreuses responsabilités. Son chemin pour retrouver sa liberté passe par l’échec. L’exécution est à l’image de l’humour: timide.

En bref!

Valérie Donzelli aime le cinéma burlesque, elle le chérit. Une déclaration à sa tendre ville de Paris. En surfant sur le chaos existentiel - le sien ? - de Maud Crayon, sur cette envie de recouvrir une liberté, Valérie Donzelli s’essaie à plusieurs genres, monte une œuvre énergique mais maladroite, sans pleinement consommer sa trame comique. Il y a de l’idée, mais la finalité tombe à plat.

12.08.2019

2.5

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