Un jour de pluie à New York Etats-Unis 2019 – 95min.

Un jour de pluie à New York

Critique du film

Pluie de références littéraires sur New York

Sven Papaux
Critique du film: Sven Papaux

La genèse de Rainy Day in New York a fait couler beaucoup d’encre. Une sacrée empoignade entre Woody Allen et les studios Amazon. Une sortie anonyme en Pologne, avant d’arriver dans nos contrées. Derrière l’aspect «politique», que vaut réellement ce nouveau Allen?

Yardley, au nord de l’Etat, ce campus universitaire pour lieu d’amorce. Gatsby Welles (Timothée Chalamet) et Ashleigh (Elle Fanning) s’en vont à Manhattan pour un week-end en amoureux. Aspirante journaliste, Ashleigh décroche un entretien avec Roland Pollard (Liev Schreiber), un cinéaste de renom, pour coucher quelques lignes dans les colonnes de la gazette de l’université. Une heure d’interview qui se transforme en une succession de rencontres pour la jolie blonde. De son côté, Gatsby renoue avec un passé, sa mère qu’il ne peut supporter, avec lui-même. Après la pluie et la grisaille, le soleil pointe le bout de son nez.

Un air de Café Society, une pointe de Blue Jasmine dans une œuvre qui respire les clins d’œil littéraires. Difficile de passer à côté de Fitzgerald, moins à côté de J.D. Salinger et son «Attrape-coeurs». Allen bourre son film de références, se plaît à couvrir ses jeunes personnages de penchants digne de quarantenaires, de cinquantenaires, loin des idées de jeunes universitaires idéalistes. L’errance désabusée pour l’un (Gatsby), l’euphorie du show-business pour l’autre (Ashleigh). La pluie et le soleil ne peuvent former un couple, la mélancolie face à la naïveté ne peuvent s’associer. Allen nous fait du Allen, pur sucre, profitant des belles performances de Timothée Chalamet, penseur désabusé, et d’Elle Fanning, délicieusement candide.

Nombreuses sont les performances réussies, telles que Selena Gomez dans la peau d’une jeune fille à la répartie bien sentie, ou encore Liev Schreiber en metteur en scène alcoolique, consterné par son dernier film qu’il qualifie de «tas de merde existentielle». Les différents portrait brossés par Allen rappellent que l’homme possède toujours cette précision dans un registre doux et amer comme il l’affectionne. La belle photographie de Vittorio Storaro aidant, la plume d’Allen continue à dépoussiérer la nostalgie, parfois incisive, parfois douce. A Rainy Day in New York est cette comédie sans véritable surprise, plaisante, s’inscrivant dans la trajectoire « allenienne ».

En bref !

Un joli casting. Une histoire qui se lit à travers des références multiples. L’ombre de Brando et son personnage de Sky Masterston dans les Blanches colombes et vilains messieurs planent sur une histoire empreinte de littérature, comme prisonnière d’une société new-yorkaise privilégiée et mélancolique. Loin d’être unique, Woody Allen réussit à parachever une œuvre fluide et agréable.

13.09.2019

3

Votre note

Commentaires

Vous devez vous identifier pour déposer vos commentaires.

Login & Enregistrement

Casper73

il y a 14 jours

Six heures à New York

Deux étudiants, Ashleigh et Gatsby, se réjouissent de vivre un week-end romantique à New York. Ashleigh irradie à l’idée d’interviewer un auteur à succès pour la gazette de son lycée. Quant à Gatsby, ravi d’éviter une fête de famille guindée, il se fait une joie de lui faire découvrir la ville qui ne dort jamais.
Elle Fanning, en sotte ingénue se révèle d’une jolie tonalité et d’une précision gestuelle amusante. Toute rougissante, elle se dévoile plus retorse qu’escompté. Elle donne une certaine légèreté aux déambulations attendues mais néanmoins charmantes de Woody dans la grosse pomme. Incorporé par Thimothée Chalamet, Gatsby mire l’écho des jeunes années du réalisateur. Les nombreuses tentations et un rideau de pluie pourraient diluer les serments. Selena Gomez semble un peu esseulée dans ce tableau aux multiples saynettes confondantes propres à Allen. On peine à croire à la fin annoncée dès les premières gammes. Mais notre brillant petit homme irrationnel nous offre des raisons d’y souscrire. A quand les châteaux en Espagne ?Voir plus


Dwarfy

il y a 20 jours

Du deja vu ... très ennuyant


vincenzobino

il y a 20 jours

Gatsby le magnifique
Ashleigh étudiante en journalisme passionnée de cinéma et son chéri Gatsby se disent qu’ils pourraient passer un chouette week-end en amoureux à New-York. Mais Ashleigh tient à interviewer son réalisateur favori, Roland. Et sa rencontre avec son assistant Ted ne passera pas inaperçue. Comment Gatsby, dont la mère fête son anniversaire sans l’avoir prévenu s’en remettra-t-il?
Le voici le retour de Woody Allen sur ses terres new-yorkaises où, de Manhattan à Broadway et de coups de foudres en meurtres mystérieux, il nous enchanta. Et cet ultime opus ne fait pas exception.
Nous débutons avec deux anges fragiles au premier abord mais ayant chacun son démon en soi. Et cela nous donne une métamorphose assez jubilatoire, particulièrement pour Gatsby qui profitant d’un véritable coup bas publicitaire et journalistique, va révéler son véritable talent.
Autant vous prévenir si vous êtes accros d’une certaine presse people, vous allez en prendre pour votre grade car la synthèse sur le mal-être de ce type de lecture que dresse Allen est assez saisissante et surtout hilarante.
Apparemment peu à l’aise sur les premiers plans, le binôme Timothée-Elle s’avère finalement... démoniaque de talent particulièrement pour leurs faces insoupçonnées.
Et comme toujours avec Woody, l’artistique est exceptionnelle. On pourrait peut-être regretter que « si court » tant la mise à mort du mâle sacré est captivante, mais à recommander aux amateurs.Voir plus


Autres critiques de films

Joker

Abominable

Gemini Man

Downton Abbey