The House with a Clock in its Walls Etats-Unis 2018 – 104min.

La prophétie de l'horloge

Critique du film

Tic-tac, tic-tac ...

Théo Metais
Critique du film: Théo Metais

Cate Blanchett, Jack Black et Kyle MacLachlan; casting de choix pour une escapade dans l’univers des freaks féeriques de l’écrivain John Bellairs. Adapté par Eli Roth, d’habitude fidèle aux émulsions d’hémoglobine en geyser, le réalisateur propose ici un mets plus grand public. Un conte enchanteur plongé dans l’enfance d’un jeune orphelin et de son oncle, le mage Barnavelt.

Après la tragique disparition de ses parents, habillé d’un noeud papillon et coiffé des lunettes de Captain Midnight, le jeune Lewis Barnavelt (Owen Vaccaro) a paqueté son barda d’enfant pour déménager chez son oncle (Jack Black). Ils ne se sont jamais rencontrés et une nouvelle vie s’organise. Il débarque dans l’antre d’un oncle qui se dit mage et de sa mystérieuse acolyte, une certaine Florence Zimmernan (Cate Blanchett). Sa nouvelle scolarité n’a rien de champêtre, mais au manoir, l’enfance retrouve son écrin délicat. Le trio s’apprivoise, Lewis est initié à l’ésotérisme et pris de confiance, le néophyte réveillera un mort. Voilà qu’une puissante magie noire est déterrée, une sombre histoire refait surface, de quoi expliquer pourquoi les murs de la maison résonnent de cet étrange tic-tac …

À la croisée des mondes, entre Le Magicien d’Oz, Alice au pays des merveilles, une fable d’Orient et l’univers de Chair de Poule, The House with a Clock in its Walls se veut une parenthèse enchanteresse dans la cinématographie d’Eli Roth pour initier les plus jeunes à l’horreur. À l’image d’un Jack Black chapeauté d’un Stetson et endimanché d’un kimono, les costumes vadrouillent entre les mers et cette curieuse demeure proposerait presque une vision de ce qu’aurait donné le manoir de Pierre Loti décoré par le Grand Houdini ! Vous en conviendrez, la chose n’est pas banale et pourtant la déception sera immédiate …

Dès l’ouverture, il rôde la désagréable sensation de tout avoir déjà vu ailleurs, et pire, en mieux ! Des vitraux ensorcelés au fauteuil club animé, jusqu’au lion en buisson (et son humour ras les pâquerettes), le film s’englobe d’une inventivité passée au micro-ondes. Comment alors se passionner pour la suite du périple? La question est posée. Écrit par Eric Kripke (auteur de la série Supernatural), le phénomène est curieux et seules les interprétations de Cate Blanchett et du jeune (et indéniablement prometteur) Owen Vaccaro sont véritablement crédibles. Le magicien démoniaque incarné par Kyle MacLachlan se révèle parfaitement insignifiant. Pâle lui aussi, Jack Black, pantouflard et démagnétisé dans la peau du mage Barnavelt.

Au milieu de cette déception généralisée subsistent par miracle quelques notes récréatives comme l’hologramme de la voie lactée ou plus grotesque, la pataugeoire de vomissures de citrouilles. La mise en scène aura quelques moments de réussite (amusante aussi dans le gymnase) mais rien de formidablement féerique ne se dégage de The House with a Clock in its Walls. À trop vouloir contenter tout le monde, l’humour trébuche, le ton se perd et le film s’embourbe au milieux de ses pères.

En Bref ! Après le violent et sanglant Death Wish, le pari d’Eli Roth de vouloir réaliser un conte enchanteur à la croisée de l’enfance et de l’horreur pouvait avoir quelque chose d’extrêmement jouissif. Un enthousiasme serti pourtant d'une distribution prestigieuse mais qui se révélera tristement déçu. Le film hésite et avance timidement, trop indécis sans doute …

26.09.2018

2.5

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Commentaires

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Eric2017

il y a 1 jour

Un film fantastique qui ne l'est pas! C'est gentil, sympa, sans plus. (F-21.10.18)


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