Alita: Battle Angel Argentine, Canada, Etats-Unis 2018 – 122min.

Alita: Battle Angel

Critique du film

Alita: Battle Angel

Lino Cassinat
Critique du film: Lino Cassinat

Né du cerveau fou de James Cameron et porté par le réalisateur Robert Rodriguez, Alita : Battle Angel est un projet surprenant et audacieux, puisqu’il s’agit de l’adaptation de Gunnm, un manga en neuf volumes, culte de chez culte, publié dans les années 90, (et qui continue encore d’être augmenté de spin-off) qui a influencé bon nombre d’artistes et d’univers cyberpunk en tous genres. Complexe, profond et parfois assez trash, bref, Alita : Battle Angel était la promesse d’une nouvelle franchise dépaysante éloignée du pop-corn movie.

C’est donc en toute logique que James Cameron, ou Robert Rodriguez, ou la Fox, ou tous les trois, ont décidé d’en faire... hé bien, un pop-corn movie, et de surcroît un pop-corn movie très bancal. Car si l’on regrette le choix d’avoir aseptisé et colorié au crayola un univers poisseux et assez sérieux, ce qui ne manquera pas de faire hurler les fans du matériau originel, on regrette avant tout qu’Alita : Battle Angel soit un film mal exécuté.

Le principal défaut évident, c’est qu’Alita : Battle Angel est beaucoup trop riche pour son propre bien. 4 tomes couverts sur les 9 originaux, c’est visiblement beaucoup trop pour un seul film, et celui-ci arrive très rapidement au point de saturation : à vouloir nous montrer toute l’étendue de son univers, Alita : Battle Angel se transforme en espèce de tutoriel perpétuel.

Le film n’en finit plus de commencer à force de faire de l’exposition (et de mal la faire en plus, les règles du Motorball ne sont même pas expliquées). Les dialogues sont autant de tunnels sur-explicatifs sans fin à la double énonciation à peine maquillée, sacrifiant au passage toute finesse psychologique, caractérisant les personnages avec la délicatesse d’une manchette moldave. Un bât qui blesse terriblement la candide Alita en particulier, de sa relation au forceps de fille d’adoption avec Christoph Waltz, à sa lourdissime romance neuneu avec la chaussette trouée qui lui sert de love-interest, Keean Johnson, sorte de beau gosse généré aléatoirement par ordinateur.

Côté action, c’est là aussi le strict minimum syndical, puisque les scènes sont très peu nombreuses et filmées en mode pilote automatique, sans aucune once d’inventivité, ni même de spectaculaire, qu’il s’agisse des corps-à-corps ou des poursuites. On en retient à peine une ultime partie de Motorball, déjà bien pâlichonne.

En bref ! Un film qui semble avoir été écrit et réalisé par un robot, tant il manque de saveur. Les fans du manga originel ne manqueront pas de hurler de douleur, les autres ne garderont aucun souvenir marquant du film.

11.02.2019

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