Get Out Etats-Unis 2017 – 104min.

Critique du film

Get Out

Critique du film: Geoffrey Crété

Après quatre mois de relation idyllique, Rose et Chris passent un cap : il va rencontrer les parents de sa petite amie. Seule ombre au tableau : ils ne savent pas qu’il est noir. L’inquiétude de Chris s’évapore vite lorsqu’il arrive dans leur charmante maison bourgeoise, au milieu des bois, où il est accueilli avec enthousiasme. Mais très vite, il remarque le comportement étrange de ses hôtes, et commence à imaginer que quelque chose se trame…

C’est le phénomène du cinéma américain : Get Out de Jordan Peele, production Blumhouse (derrière des succès comme Paranormal Activity, Insidious, Sinister ou encore The Purge) qui a surpris tout le monde, public comme critique, devenant l’un des films les plus rentables de l’année. Avec le risque classique de desservir l’œuvre face aux spectateurs qui attendront alors un choc. Qu’on se rassure : Get Out résister aisément à ce test. Thriller pervers et malin, d’une efficacité redoutable et d’une intelligence formidable, le film de Jordan Peele est un modèle du genre, qui parvient avec une économie d’effets à plonger le public dans un cauchemar aux frontières du réel. Brillamment portée par un casting fantastique (Daniel Kaluuya, Allison Williams, Catherine Keener, Bradley Whitford), ce film de genre aux frontières du réel est à ne rater sous aucun prétexte, autant pour ses frissons délicieux que son discours étonnant.

02.05.2017

5

Votre note

Commentaires

Vous devez vous identifier pour déposer vos commentaires.

Login & Enregistrement

Donnie

il y a 3 ans

... J'ai beau essayer, je ne vois pas le rapport entre dire que ce film est médiocre/le cinéaste est cynique puisqu'il sait que c'est médiocre/ceux qui aiment devraient lire Mad Movies car de toute évidence ils n'ont pas la culture du cinéma de genre des années 70-80, sinon ils ne pourraient pas aimer... et un déversement de haine sur les dirigeants d'un pays (?), l'Arabie Saoudite et l'Islam, et le négationnisme au coeur de Denial (que j'ai vu merci). Cette extrapolation mi-absurde mi-méprisante est assez amusante je dois dire.

Je répète une chose très simple : j'aime beaucoup ce film, et sans me justifier, je suis un grand fan du cinéma dit "Mad Movies", des films d'horreur très politisés que tous les amateurs d'aujourd'hui et d'hier admirent et revoient régulièrement. Que vous n'ayez pas aimé, et trouvé Get Out mauvais et simplet, c'est une chose, et c'est bien votre droit le plus strict ; en revanche, que vous ayez le réflexe de diminuer celui qui a apprécié cette satire aux frontières du réel (untel serait "émotif" puisqu'il a aimé...), et même le réalisateur lui-même (puisque vous trouvez le film bête, le réalisateur devait évidemment partager cet avis... est-ce bien sérieux ? peut-on essayer de voir au-delà de sa subjectivité avant d'embarquer l'équipe dans son avis dans ce qui frôle l'arrogance de bas étage ?), ça ne relève plus de l'échange cinéphile et courtois.

Et si le succès de Get Out aux USA est ce qui vous perturbe le plus en matière de politique et de société actuellement, je ne peux que saluer avec une surprise non dissimulée votre sérénité.Voir plus


regis_m

il y a 3 ans

Donnie, je parle de cinéma sur un site de cinéma, et cela semble plus vous faire réagir que cet ahurissant hors-sujet politique de déversement de haine sur les dirigeants d'un pays. Prendre le prétexte d'un film comme Get Out pour affirmer dans une interminable diatribe que l'Arabie Saoudite massacre son peuple au nom de l'Islam, vous m'expliquez le lien, la légitimité et la pertinence de ces propos ? Si "l'opinion personnelle et la diversité des sensibilités" permettent ce genre de discours, je vois venir certaines dérives dans les messages futurs (je vous invite, vous et Georges, à aller voir Le procès du Siècle - que j'ai beaucoup apprécié - des fois que vous m'accuseriez d'être contre la liberté d'expression). En recommandant Mad Movies, je tenais à proposer un support pédagogique afin de mieux décoder certains registres dans le cinéma. Mais peut-être cette référence est-elle malvenue ici ? Vous me parlez de caricaturer l'Autre. Je n'ai nullement besoin d'utilise ce procédé. Le message visé parle de lui-même.Voir plus


CineFiliK

il y a 3 ans Excellent

“Dans la peau d’un noir”

« Savent-ils que je suis noir ? », demande Chris, la voix légèrement inquiète, à la jolie Rose à propos de ses parents qu’il va prochainement rencontrer. La réponse est négative mais ce détail ne risque en rien de les gêner, le rassure-t-elle. Bien au contraire…

Devine chez qui tu vas dîner ce soir ?! C’est dans la peau de Chris que l’on fait connaissance avec Monsieur et Madame Armitage, couple bourgeois, propre et net de prime abord. Il est chirurgien et fier de pouvoir confier à son possible futur gendre qu’il a voté deux fois pour Obama et qu’il aurait continué à le faire s’il avait pu se représenter. Elle est psychothérapeute et soigne les traumas par l’hypnose en faisant tourner une cuillère dans le fond d’une tasse. Mais leur accueil bienveillant dissone. Les domestiques de couleur ont les gestes et le regard éteints. Les allusions intrusives et maladroites se multiplient. Des murs immaculés de la maison suinte le malaise. A l’occasion d’une « Tea party » bien blanche donnée par les hôtes adeptes en réalité de nouvelles théories eugéniques, les relents de l’esclavagisme transforment un jeu de bingo en une tacite vente aux enchères des plus effrayantes. L’atmosphère est étouffante pour le héros et le spectateur qui ne rêvent que de s’en sortir. Qu’il soit ordinaire, latent ou affiché, le racisme est une perfidie. Usant des codes du thriller et de l’horreur, ce film malin le démontre avec efficacité. Seul un final grotesque misant davantage sur l’humour que le funeste le plus sombre déçoit.


7/10Voir plus

Dernière modification il y a 3 ans


Autres critiques de films

Le Cas Richard Jewell

The Gentlemen

En avant

La bonne épouse