Detroit Etats-Unis 2017 – 143min.

Detroit

Critique du film

Detroit

Critique du film: Geoffrey Crété

Été 1967. Les États-Unis connaissent une vague d’émeutes sans précédent. La guerre du Vietnam, vécue comme une intervention néocoloniale, et la ségrégation raciale nourrissent la contestation. À Detroit, alors que le climat est insurrectionnel depuis deux jours, des coups de feu sont entendus en pleine nuit à proximité d’une base de la Garde nationale. Les forces de l’ordre encerclent l’Algiers Motel d’où semblent provenir les détonations. Bafouant toute procédure, les policiers soumettent une poignée de clients de l’hôtel à un interrogatoire sadique pour extorquer leurs aveux. Le bilan sera très lourd : trois hommes, non armés, seront abattus à bout portant, et plusieurs autres blessés…

C’est la première et seule femme à avoir été couronnée par l’Oscar de la meilleure réalisation, pour Démineurs en 2010, et c’est sans nul doute l’une des réalisatrices les plus importantes de ces dernières années : Kathryn Bigelow. Elle a continué à autopsier l’Amérique dans Zero Dark Thirty, et revient avec Detroit pour enfoncer le clou. En revenant sur les émeutes de 1967 et particulièrement sur le cauchemar vécu par un groupe de gens dans un hôtel, la cinéaste démontre une nouvelle fois son talent indéniable en terme de mise en scène : le cœur du film, qui prend la forme d’un huis clos anxiogène et terrifiant, est extraordinaire. Le parallèle avec l'Amérique de ces dernières années est frappante, et glaçante. Là, soutenue par des acteurs excellents (John Boyega, Algee Smith, Hannah Murray et Will Poulter, particulièrement marquant), Bigelow frappe fort. Dommage qu’avant et après cette partie, elle pose un regard plus simple et consensuel sur les événements et le décor.

09.10.2017

4

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Commentaires

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CineFiliK

“Entre gris clair et gris foncé”

Eté 1967. La guerre du Viêt Nam et les discriminations raciales échauffent les esprits, attisent les rancœurs. Détroit s’enflamme. Pour échapper aux émeutes, Fred et Larry se réfugient dans l’« Algiers Motel ». Des tirs s’y laissent entendre autorisant la police à l’annexer, bien décidée à y dénicher le sniper présumé.

L’état de guerre est déclaré. Les chars sont entrés dans la ville. Dans la chaleur de la nuit, toutes les âmes sont grises mêlant tireurs potentiels et cibles mouvantes. Une étincelle et c’est l’explosion. Au milieu du chaos, le motel choisi évoque la possibilité d’une île. On y danse, chante, plonge et séduit dans une insouciance illusoire. Un acte provocateur transforme l’éden en véritable enfer. Le film de guerre touche à l’horreur. Les bourreaux aiguisent leur haine, exacerbée par le mélange des peaux. Alignées, les victimes expiatoires subissent l’humiliation et les coups, la mort aux trousses. « Qui sera le prochain ? » cadence un jeu pervers et brutal. Aucune échappatoire offerte aux protagonistes ni au spectateur, témoin privilégié et impuissant devant cette violence, cruauté, bêtise, lâcheté complice et peur. S’ensuivent les grandes lignes d’un procès qui fera grandir le sentiment d’injustice et creuser le fossé miné depuis des décennies. Entre images d’archives et reconstitution hyperréaliste, le film est une épreuve captivante. Son approche nuancée évite intelligemment le manichéisme attendu. « Etre noir, c’est vivre avec le sentiment d’avoir en permanence un pistolet pointé sur la tempe », explique-t-on. Dès lors, Kathryn Bigelow, une blanche, était-elle légitime pour s’arroger un événement intimement lié à la ségrégation raciale, s’interrogent certains ? Sans aucun doute, puisque son engagement participe au travail de mémoire d’une nation confrontée à son passé trouble. Dans l’Amérique d’aujourd’hui, ce film s’avère plus qu’important.

9/10

Dernière modification: October 27, 2017 08:22

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Detroit 5

vincenzobino

4.5: La vérité si je mens
1967 Détroit. Parce qu'ils organisaient un rassemblement interdit, des membres de la communauté noire sont arrêtés. Certains parviennent à se rendre à un motel, d'autres préfèrent saccager les commerces. D'où réplique violente de la police. Nous suivons les événements en temps réel perçus par un commissaire noir de quartier, un officier raciste, les membres d'un groupe de soul et deux jeunes coiffeuses présentes au mauvais endroit, au mauvais moment.
Kathryn Bigelow frappe très fort: la première image, animée, est d'une incroyable légèreté, en totale rupture et opposition avec la suite. Et la première réaction devant ces scènes de pillages est : quelles mouches piquèrent ces noirs de saccager ainsi Detroit. Puis survient la scène du motel et, dès l'apparition du duo de policiers blancs, toute cette rancœur éprouvée disparaît pour faire place à un procès du racisme flagrant. Éprouvant, notamment la cruauté du jeune Krauss (effroyable Potter), véritable ordure qui va se livrer à une répugnante "expérience ludique".
Durant les deux premières heures, l'on pourrait trouver le rythme oppressant quelque peu long et une certaine dénonciation incomplète. Mais la dernière demi-heure est véritablement ce que l'on retient : la révélation de l'expérience d'une part, mais surtout sa conséquence juridique dégoûtent au plus haut point. Et le brio apporté par les interprètes, la qualité sonore et surtout, "l'aveu" final de Kathryn Bigelow amplifient ce mépris ressenti.
A recommander vivement en étant préparé psychologiquement...

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Detroit 4

georges511

Courez le voir car des oeuvres aussi puissantes et qui vous font réfléchir sur le comportement humain ne courent pas les rues.

Ayez le courage d'afronter cette histoire qui devrait être vue par le plus grand nombre et ce aujourd'hui plus que jamais .

La réalisatrice a tapé dans le 1000!!!!!!!!

Et rien que pour cela je lui envoie tout mon amour car elle nous met devant nos responsabilités passées ,présentes et futures ,j'en ai bien peur car au fond rien ne change vraiment dans ce monde rempli de haine,peur ,convoitise qui amènent la plus part des peuples à s'entre tuer et au final tuer des cultures entières .


Cette oeuvre devrait être obligatoire dans tous les lycées,dans toutes les entreprises afin qu'elles se remémorent ce que malheureusement trop de gens occultent aujourd'hui car s'imaginant que tout s'est arrangé,est rentré dans l'ordre et que l'humain est profondément bon .

Mais au final vous savez vous comme moi que rien ne changera car la peur de l'autre ,le racisme seront toujours et encore au coeur de notre humanité pour des siècles encore,malheureusement .

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Detroit 5

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