CH.FILM

Cyclique Suisse 2015 – 71min.

Critique du film

Cyclique

Critique du film: Geoffrey Crété

Comme de nombreuses grandes villes à travers le monde, Lausanne a ses coursiers. Lancés à toute vitesse dans les rues, ils se faufilent entre les voitures et les piétons pour remplir leur diverses missions. Parmi eux : Caroline, qui commence à sentir que ce travail qu’elle aime l’empêche d’embrasser sa carrière rêvée de journaliste ; Raph, passionné par le vélo mais désormais incapable d’être heureux dans sa situation ; et Matila, une nouvelle recrue qui découvre la réalité du métier. Sur son vélo, Frédéric Favre les a suivis.

Il y a quelque chose de beau et tragique dans les portraits d’au moins deux de ces coursiers, engagés pour mener des paquets à bonne destination sans se perdre dans la ville, alors qu’eux-mêmes ont de grandes difficultés lorsqu’il s’agit de diriger leurs propres vies. Ayant lui-même été coursier pendant près de dix ans à Genève, Frédéric Favre a eu l’envie de filmer le quotidien de ces personnes, embarqué sur son vélo presque aussi rapide que les leurs. Le réalisateur filme leurs aventures urbaines avec une caméra légère et discrète, mais aussi leurs vies intimes et leurs confessions, les stars du documentaire faisant preuve d’une sincérité infiniment touchante. Bien plus qu’un film sur un métier hors-normes, Cyclique est un beau double portrait dessiné avec beaucoup de sensibilité.

17.04.2015

4

Votre note

Commentaires

Vous devez vous identifier pour déposer vos commentaires.

Login & Enregistrement

jimmy_r_

il y a 5 ans

Coursier lui-même pendant 8 ans, période qui lui a permis de totalement assimiler cette communauté, le réalisateur remet le couvert, caméra flottante au poing, arpentant les rues vertigineuses de Lausanne afin de coller au plus près de trois de ses protagonistes. Il en dégage une fresque humaine sensible avec ses paradoxes, ses désires, ses rêves brisés, ses zones d’espoir: Caroline a terminé des études de journalisme et doit composer avec une pression sociale croissante face à sa situation et ses choix de vie encore flottants. Raphaël vit avec ses vélos, dort avec ses vélos, mange avec ses vélos. Bien qu’il adule son métier, il n’aime plus sa vie dont la saveur âcre lui donne le sentiment de perdre le sens de ce qu’il entreprend. Sous la caméra de Frédéric, il décide de donner une impulsion nouvelle à son existence. Matila est le symbole de la relève chez les cyclo messagers. L’idéal qu’il se faisait de ce milieu se heurte à la dureté de la profession et sa réalité paradoxale. Mais il bombe le torse et avance, sans faillir.

Au regard de ce documentaire d’une heure, on se dit que Prune Jaillet a fait un travail remarquable de montage en élaguant les quelques 150 / 200 heures de rush afin de capter l’essence de ces individus sans entrer dans une mécanique du récit redondante. Le film trouve également sa juste distance face à l’intimité de ses personnages: suffisamment intrusif pour entrer dans la chaire en dégager de la substance, tout en observant une note pudique bienveillante qui nous épargne le voyeurisme moribond. Une belle promesse de cinéma pour un réalisateur qui a réussi à convertir son film d’étude en quelque chose de plus autonome.Voir plus


Autres critiques de films

Dark Waters

Tenet

The Assistant

I Am Greta