The Climb Etats-Unis 2019 – 94min.

Critique du film

Sur la route de l’amitié

Clélia Godel
Critique du film: Clélia Godel

Prolongation du court métrage homonyme né d’une expérience personnelle, The Climb relate l’évolution de l’amitié entre deux hommes, qui sera mise à rude épreuve à la suite d’une révélation fracassante. Ecrit, réalisé et interprété par le cinéaste américain Michael Angelo Covino (avec l’aide de son complice Kyle Marvin), le film allie comédie et drame pour dépeindre ingénieusement cette amitié masculine.

Mike et Kyle se connaissent depuis toujours. Malgré les aléas de la vie, leur amitié n’a cessé de se renforcer et Mike s’apprête même à devenir le témoin de Kyle qui va se marier avec Ava. Mais lors d’une balade à vélo dans le sud de la France qui paraissait anodine, Mike annonce à Kyle qu’il a couché avec sa fiancée, rompant inévitablement leur solide amitié. Quelque temps plus tard, alors que leurs chemins s’étaient séparés, les deux compères vont pourtant être réunis suite à un tragique événement.

Soigneusement écrit, The Climb s’éloigne d’une construction narrative classique en divisant l’histoire de cette amitié masculine en plusieurs chapitres, chacun entrecoupé d’ellipses que le spectateur n’aura aucun mal à combler. En plus de donner du rythme à l’intrigue, ce procédé permet de maintenir le suspense quant à l’endroit où le prochain chapitre nous emmènera et où les personnages se retrouveront sur le plan émotionnel. Mike et Kyle sont des hommes brisés et vulnérables, mais le destin semble ne pas vouloir les séparer, malgré les épreuves qu’ils vont devoir endurer.

Même si ce choix de narration empêche certains moments forts d’apparaitre à l’écran puisqu’ils sont seulement évoqués par les protagonistes, la mise en scène, méticuleusement chorégraphiée, est particulièrement réussie. La plupart des scènes sont en effet tournées en plan-séquence, donnant ainsi un caractère théâtral au film, sans jamais toutefois chercher l’exubérance ou le sensationnel, mais en mettant plutôt en avant les personnages et leurs discours. Le repas de Thanksgiving en est le parfait exemple puisqu’on parvient à cerner les relations familiales, l’amour et la pression qui entourent les personnages, en une seule longue scène.

Entièrement impliqués derrière et devant la caméra, Michael Angelo Covino et Kyle Marvin portent aisément le film sur leurs épaules et ont convenablement su doser leur humour, parfois très absurde, qui vient désamorcer les moments plus tendus. L’équilibre fonctionne assez bien sur l’ensemble, malgré une légère impression de tourner en rond à quelques reprises. Mais en même temps, c’est ce que le film cherche à raconter: une amitié qui connaît des hauts et des bas, où les personnages doivent affronter une certaine souffrance qui les rendra sans doute plus forts et une fois qu’ils seront arrivés au sommet de la colline, la récompense en vaudra la peine.

31.07.2020

4

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