Abominable Etats-Unis 2019 – 97min.

Abominable

Critique du film

La folle embardée vers l’Everest

Sven Papaux
Critique du film: Sven Papaux

Les studios Universal s’associent à la société chinoise Pearl Studio pour nous balader à travers la Chine jusqu’à la chaîne himalayenne. Une jeune fille prénommée Yi découvre un yéti sur le toit de son immeuble et il faut le ramener à son habitat naturel. Une aventure qui plaira à un large public.

Yi vit à Shanghai. Son improbable rencontre avec un yéti, surnommé Everest, la propulse dans une immense aventure, hors normes, à travers la Chine et jusqu'à l’Everest. Débarquent Jin et Peng, ses deux amis de palier, prêts eux aussi à emmener la grosse boule de poils toute blanche jusqu'à sa famille. Mais ils ne sont pas les seuls à suivre les traces de la bête légendaire: Burnish, un surpuissant entrepreneur, et le Docteur Zara ne sont pas loin, bien décidés à capturer le légendaire abominable homme des neiges.

Le premier aspect qui frappe, c’est cette manière simpliste, ce côté adorable. Il faudra garder son âme d’enfant, alors Abominable devient ce conte de fées, une aventure où des champs de fleurs jaunes se transforment en une vague géante, des myrtilles, géantes elles aussi, comme nourriture d’appoint. La folie des grandeurs, l’imaginaire à son paroxysme. Yi, jeune fille coriace, voguant de petit boulot en petit boulot, économisait pour un voyage qu’elle devait faire avec son père récemment décédé. Sa rencontre avec la créature va chambouler sa vie et lui donner une autre envergure: un bonheur retrouvé aux côtés d’Everest. Alors soyons clairs, Abominable n’est certainement pas le plus grand film d’animation de ces dernières années, enlisé dans un sentimentalisme artificiel, une orchestration un peu lisse sur l’importance des valeurs familiales et le lâcher-prise.

Mais la poésie animée signée par Jill Culton réside dans ces paysages majestueux, dans ce pays presque imaginaire. Une statue géante de Leshan fleurie grâce aux compositions sublimes de Mark Mothersbaugh et Rupert Gregson-Williams, ou tout simplement la nature foisonnante imaginée par Culton et ses équipes. Une magie qui ne prendra que modérément, de la guimauve par instants. Le road-movie appelle à l’aventure, loin d’une Chine ultra connectée, loin des ondes. Loin de tout, avec pour seul but de rapatrier un ami dans ses montagnes enneigées.

En bref !

Derrière l’embardée infernale, Abominable est un métrage mignon, plein de bonne volonté, mais qui manquera un peu d’originalité malgré un humour qui fonctionne et ses paysages somptueux. Derrière ses jolies musiques - sauf celle de Coldplay -, un conte enfantin trop lisse pour combler notre âme d’enfant.

08.10.2019

3

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