CH.FILM

My Little One Suisse 2018 – 101min.

My Little One

Critique du film

Rock, tendre et déroutant

Théo Metais
Critique du film: Théo Metais

Après La Vraie Vie est Ailleurs, réalisé en tandem en 2006, Frédéric Choffat et Julie Gilbert co-signent My Little One ; un triptyque amoureux du désert fabuleusement teinté de la mélancolie du grand ouest Américain.

Ouverture de sable et de vent, un bus s’arrête dans les entrailles vides d’un rêve américain. Alex et Bernardo se retrouvent au milieu de nulle part, un bel air de déjà-vu. Était-ce chez Kusturica, Gilliam, Wenders ou Jarmusch ? Mais pourtant, cette route, ce vertige, cette strie tatouée sur la peau rouge de l’Arizona … Ou alors une folie des frères Zellner ? Sottises, la chose est suisse ; un triptyque amoureux du désert signé de Frédéric Choffat et Julie Gilbert. Les deux globe-trotters réalisateurs conversent avec leurs vies pour nous ramener un conte initiatique. C'est en allant chercher un prix à Hollywood, pour leur précédent film, qu’ils découvrent l’Ouest américain, disent-ils. Le résultat est un ménage à trois aux accents beckettiens.

Leurs conversations franco-anglaises ressemblent à celles d’Estragon et Wladimir dans la célèbre pièce. Leur Godot se nomme joliment Jade. Introuvable, insaisissable, une chimère beatnik qui rappelle Joan Baez, envoûtante sous les traits d’Anna Mouglalis, sublime lorsqu’elle chante. Lorsque le duo débarque pour la retrouver, rien ne laissait présager l'existence de la jeune Frida (Ruby Matenko) ni le nénuphar qui ronge sa mère. Des questions se posent alors sur la paternité et l’amour, du moins ce qu’il en reste. Ils avaient (presque) fait leur deuil. Dix années sans nouvelle, il y avait de quoi perdre patience.

En filigrane toujours, une métaphysique triviale et romantique, l’absurde de l’existence et la petitesse des êtres. Aimer, à quoi bon ? La question est aimable, sinon facile, pourtant le scénario bercé par le rock de Yann Péchin (éternel acolyte d’Alain Bashung et Jacques Higelin) frétille et trouve des envolées psychées saturées à la Neil Young dans Deadman. Mathieu Demy et Vincent Bonillo s’y retrouvent avec douleur et pudeur. La jeune Ruby Matenko, elle, crève littéralement l’écran à l’image d’Anna Mouglalis, envoûtante et hypnotique. Un long-métrage certainement en deçà de ses pères et pourtant terriblement charmant.

En bref !

Voyage en Terre Navajo, Frédéric Choffat et Julie Gilbert, co-signent ici un triptyque amoureux aux envolées romantiques, poétiques et douloureuses. Une fable rock, tendre et déroutante.



25.02.2019

3

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Commentaires

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j_i_

il y a 1 mois

Pretentieux


JoeP

il y a 1 mois

Un superbe voyage entre la vie et la mort, accompagné d'une image et d'un cadre magnifiques et d'une Anna Mouglalis envoutante. A voir !


Eugene

il y a 1 mois

Ce film m’a complètement boulversé. Il il y a longtemps que je n’avais pas autant été touché et boulversé. Le thème de la liberté, de l’amour de la mort est traité avec finesse et intensité à la fois. À ne surtout pas manquer, sous aucun prétexte.


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