Ash is Purest White Chine, France, Japon 2018 – 150min.

Ash is Purest White

Critique du film

Une magnifique Zhao Tao

Sven Papaux
Critique du film: Sven Papaux

Le cinéaste chinois Jia Zhangke (A Touch of Sin, Au-delà des montagnes) évoque une romance complexe qui s’étend sur plusieurs années. Un drame amoureux au milieu d’un pays en pleine mutation.

Pour son neuvième long-métrage, Zhangke démarre son film en 2001, avec la jeune Qiao (Zhao Tao). Elle rencontre un chef de la pègre, Bin (Liao Fan), et c’est le coup de foudre. Un jour, le mafieux est attaqué par une bande rivale. Qiao tire plusieurs coups de feu pour protéger son amour et termine en prison. Résultat : cinq ans de prison. Une fois sortie, elle part à sa recherche mais Bin, qui n'en a cure, préfère s’en détacher. Dix ans plus tard, Qiao a réussi sa vie et Bin revient pour recoller les morceaux.

Le réalisme brutal dans un pays où tout mute radicalement. Le film se dissèque en trois actes aux tonalités différentes. Qiao, cette femme qui s’est amourachée d’un petit gangster local, est animée par un vrai courage. L’ex-prisonnière traverse une odyssée racontée en romance, en thriller et qui piochera même dans un registre comique. Un triptyque, une tragi-comédie où la mise en scène très lente, et parfois moralisatrice de Jia Zhangke, se couple à la superbe photographie d’Eric Gautier.

Les Éternels a cette saveur imparfaite. Jia Zhangke peint une fresque d’une Chine industrielle, contemporaine, en route vers les grandes heures de son économie, s’étirant sur plus de 136 minutes, parfois interminables. Un écho à ses deux précédents films, où l’évolution de la Chine change les moeurs, mais pas les petits mafieux. Les petites frappes restent les mêmes, ils continuent leurs petites manigances. Zhangke a cette chance de pouvoir s’appuyer sur une excellente et sublime Zhao Tao (sa femme dans la vie civile) ; charismatique dans un récit qui se cogne à une dernière partie un ton en-dessous des deux premiers segments.

En bref !

Légèrement inégal, une troisième partie qui ne trouve pas son rythme de croisière, Les Éternels n’en reste pas moins une oeuvre solidement dépeinte, où la performance sublime de Zhao Tao crève l’écran. Jia Zhangke évoque la croissance, la révolution industrielle dans un contexte amoureux, où la trahison et les vieilles habitudes gardent une place prépondérante. Il y a des choses qui ne changeront jamais, comme la patte de Jia Zhangke.

14.05.2019

3.5

Votre note

Commentaires

Vous devez vous identifier pour déposer vos commentaires.

Login & Enregistrement

Autres critiques de films

Le Mans 66

Joker

Doctor Sleep

La belle époque