Hotel Artemis Royaume-Uni, Etats-Unis 2017 – 97min.

Critique du film

Blockbuster de genre sauce pop culture

Théo Metais
Critique du film: Théo Metais

En 2028 à Los Angeles, c'est le chaos urbain et «The Nurse» (Jodie Foster) soigne de dangereux mercenaires dans le très confidentiel «Hôtel Artemis». Une nuit, alors que le légendaire criminel Orian Franklin (Jeff Goldblum) débarque, des conflits éclatent entre les résidents et la sécurité du lieu s’en trouve compromise…

Qu’ils soient du Nord, transylvaniens, à Budapest ou à Beyrouth, Paradiso, psychiatriques, Jim Jarmuschiens ou Lynchéens, au cinéma les hôtels se comptent comme autant de variations sur le voyage et le passage. Sous la tutelle mythologique d'Artémis, l’hôtel de Drew Pearce joue la carte du refuge au milieu d’une guérilla urbaine. Dès l’ouverture avec les deux frères, le braquage et la fuite sous haute tension, Hotel Artemis a quelque chose de familial et une carcasse de bronze impénétrable, façon coeur de rocker à la Julien Clerc...

C’est en évoquant les expériences cinématographiques (ou musicales...) des années 80/90 qu'à première vue Hotel Artemis ne sera pas dénué de charme (ou d’humour). Aussi réchauffée soit-elle et pauvre en science-fiction, l'ambiance dystopique et futuriste sera garante d’une esthétique technologique à la suie (néon) noire. Le réalisateur Drew Pearce cuisine avec un appétit cinéphile et nous ramène les souvenirs d’un Los Angeles dans Blade Runner, Escape From L.A., un peu de Nikita ou encore Kill Bill et compose avec l’excellence hollywoodienne en garde fou : Jodie Foster et Jeff Goldblum. Si l’actrice interprète ici avec une maestria indéniable un (petit) rôle de composition, cette infirmière contrainte et blessée donnera néanmoins une force romantique au film.

Sofia Boutella (Nice), dans son rôle de tueuse à gage, chorégraphie l’esthétique de la violence. Danser la guerre pour la rendre pop, après The Mummy et Atomic Blonde, l’actrice et danseuse trouvera enfin une certaine justesse dans son art. Dave Bautista (Everest) en malabar, confident, videur et homme à tout faire, amusera de quelques répliques; idem pour Jeff Goldblum, son fils, interprété par Zachary Quinto (Crosby Franklin), et le duo de frangins porté par Sterling K. Brown (Waikiki). Si Drew Pearce disperse quelques trouvailles visuelles, le scénario en est tristement dénué. Jamais explosif, le film maîtrise pourtant ses points chauds (les extérieurs, l'ascenseur). Notons que les amateurs du songwriter pourront apercevoir le chanteur John Father Misty dans le rôle d'un braqueur au début du film. Pop culture, pop culture ...

En Bref ! Pour une première réalisation, Hotel Artemis sera un blockbuster de genre, creux mais visuel, crasseux, léché, suffisant, efficace et maîtrisé. Le film propose un casting de choix pour un clin d’oeil à la pop culture, à l’esthétique néon noir et aux dystopies dans la cité des anges. Et Jodie Foster surnage dans les eaux troubles d’un tendre nanar.

24.07.2018

3

Votre note

Commentaires

Vous devez vous identifier pour déposer vos commentaires.

Login & Enregistrement

Eric2017

il y a 3 ans

Je suis allé voir ce Hotel Artemis principalement pour Jodie Foster. Mais voilà, c'est un film de science-fiction et je n'aime pas trop ça . Donc.... je n'ai pas aimé ce film. (F-29.07.18)

Dernière modification il y a 3 ans


CineFiliK

il y a 3 ans

“La chasse est ouverte”

Le Los Angeles de 2028 étouffe sous la violence et les inégalités sociales. Des émeutes éclatent réclamant une eau potable et gratuite pour tous. Au cœur de la mégalopole en colère, se cache l’hôtel Artemis, ultime porte de salut pour les criminels en fuite.

Bienvenue à l’hôtel californien ! Quel endroit charmant… si la police est à vos trousses. Aire de soin et de repos pour les braqueurs, mafieux, marchands d’armes et femmes fatales. Il est tenu d’une main de fer et gantée par l’infirmière en chef, Jean Thomas, plus aigrie que l’aigreur même. Vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance, puisque la déesse de la chasse exige des proies.

Le scénario laissait envisager un huis-clos plutôt malin entremêlant, dans un contexte politisé, quelques personnages hauts en couleur avec notamment dans le rôle-titre une Jodie Foster, vieillie de 20 ans. Promesses à peine tenues, le film sombrant finalement dans un affrontement général aux élans mélodramatiques entre soldats sans épaisseur. On regrette que Tarantino n’ait pas été le grand directeur de cet hôtel 2 étoiles. Il en aurait fait un luxueux palace.

5/10Voir plus

Dernière modification il y a 3 ans


Autres critiques de films

Les Minions 2: Il était une fois Gru

Top Gun: Maverick

Jurassic World : Le Monde d'après

Elvis