Une Vie Royaume-Uni, Etats-Unis 2023 – 109min.

Critique du film

Film moyen pour homme (extra)ordinaire

Critique du film: Eleo Billet

L’histoire vraie de Nicholas Winton, un Monsieur-tout-le-monde qui, par ses efforts, combinés à ceux de ses collègues restés en Tchécoslovaquie, parvint à faire venir 669 enfants, juifs pour la plupart, en Angleterre avant l’invasion hitlérienne.

Modeste courtier, Nicholas Winton (Johnny Flynn) découvre lors d’un voyage à Prague les conditions inhumaines dans lesquelles vivent les réfugiés menacés par l’avancée d’Hitler. Avant même que la guerre n’éclate, Nicholas décide de s’engager depuis l’Angleterre avec sa mère (Helena Bonham Carter) et d’autres humanistes pour rapatrier les enfants les plus vulnérables dans des familles d’accueil. Cinquante ans plus tard, seul Winton (Anthony Hopkins) conserve encore cette mémoire. Il décide alors de la rendre publique.

Comment aurait-on pu aider davantage d’enfants ? Comment vivre après ne pas avoir pu tous les sauver ? Ces questions hantent Nicholas Winton depuis plus de cinq décennies lorsqu’il se penche sur des photos en noir et blanc d’enfants de son passé. Mais lorsque son épouse (Lena Olin) l’enjoint à ranger ses vieilles affaires, Winton décide de partager son histoire, pour que cette opération, le Kindertransport, ne tombe pas dans l’oubli.

Réalisateur pour la télévision britannique,James Hawes retrouve Helena Bonham Carter pour son premier long-métrage de cinéma. La reconstitution historique, Prague et Londres de 1938, Angleterre de 1988, est plutôt réussie sans pour autant totalement convaincre. La faute au script de Lucinda Coxon et Nick Drake, qui enchaine les événements mélodramatiques, voire tragiques, sans jamais parvenir à élever l’émotion jusqu’au poignant. On assiste, en effet, à une accumulation de scènes tire larmes, alourdies encore par la mise en scène. Elle est d’un tel conformisme, jusqu’à la platitude, qu’il est ainsi difficile d’être emporté par l’histoire. Même les questions de moralité, de religion sont très vite balayées pour ne faire exister qu’une vague culpabilité chez le personnage de Winton.

Sans surprise, Anthony Hopkins s’empare du rôle du vieux Winton avec assurance et les scènes finales, dans le studio de télévision, mêlent habilement le touchant au grotesque de l’émission. En revanche, ni la musique, ni les performances du reste de la distribution ne restent à l’esprit, une fois le film achevé. Finalement, les photographies, qui ponctuent Une Vie jusqu’au générique, sont le moteur et l’unique intérêt de ce biopic bien sage. Un récit aussi fort aurait mérité un film à la hauteur.

26.03.2024

2.5

Votre note

Commentaires

Vous devez vous identifier pour déposer vos commentaires.

Login & Enregistrement

Eric2017

il y a 15 jours

C'est un film dont la dernière demi-heure est très émouvante, mais malheureusement il tarde à démarrer. Cette histoire devait être dévoilée au grand public et d'autant plus avec ce qu'il se passe autour de nous depuis ces derniers mois. C'est un très bon biopic avec une interprétation excellente de Anthony Hopkins et de Johnny Flynn jouant le personnage jeune de Nicholas Winton. À noter également le petit rôle de Marthe Keller.
PS: Je suis d'ailleurs tout à fait d'accord avec la critique de Vincenzobino
(G-29.03.24)Voir plus

Dernière modification il y a 15 jours


vincenzobino

il y a 17 jours

Le train sifflera 9 fois
1987, Nicholas Winton, dit Nicky, procède à des rangements lorsqu’il retrouve un dossier fermé à la signification lourde: 50 ans plus tôt en 1938, il sent monter le nazisme et établi alors à Prague, est prêt avec ses collègues courtiers à mettre en place une incroyable opération : sauver des enfants juifs en les faisant adopter par des familles britanniques après un transport ferroviaire. Une dangereuse initiative et une question sans réponse : que sont-ils devenus??
La voici cette évocation d’un incroyable sauvetage ayant marqué l’Angleterre des années 1940 et rappelé à la mémoire bien plus tard. N’ayant pas connu cette opération, il fallait une évocation forte et une leçon humaine. Cette seconde manque malheureusement.
Il y a une incontestable intention de rendre public cette incroyable opération humaine. Mais le montage pêche : un premier quart-d’heure dont on se demande trop longtemps la signification, une partie tchèque très instructive mais manquant d’émotion pure spontanée et surtout le pourquoi du titre qui laissait, surtout en français, penser à un traitement biopic avec suspense, mais qui s’avère finalement un étrange procès sur l’oubli et la maladresse du souvenir. Il en ressort une maladroite initiative qui se laisse néanmoins voir pour la connaissance du cas qui en ces temps troubles peut susciter l’empathie.
PS: totalement d’accord avec la critique et le demi-point en plus pour cette tentative de mêler la liste de Schindler et la révélation à nos générations n’ayant pas connu le conflit, dont le pourquoi de mon titre représente cette frustration cinématographique alors que signification historique plus forteVoir plus

Dernière modification il y a 17 jours


Autres critiques de films

Kung Fu Panda 4

Godzilla x Kong: Le Nouvel Empire

Dune : Deuxième Partie

S.O.S Fantômes: La Menace de Glace