La Rivière France 2023 – 104min.

Critique du film

Le cri de détresse de la nature

Critique du film: Maxime Maynard

Pour son quatrième long-métrage documentaire, le Français Dominique Marchais embrasse la nature et pointe du doigt l’impact des activités humaines. Porté par un format parfois trop monotone, «La Rivière» – lauréat du prix Jean-Vigo – n’en est pas moins un documentaire fort qui se fait la voix d’un écosystème en péril.

Au cœur du département français des Pyrénées-Atlantiques, dans le sud-ouest du pays, coulent les gaves. Des glaciers jusqu’à l’océan, cet ensemble de cours d’eau se connectent, se divisent, se retrouvent. Mais la rivière soufre, persécutée par une activité humaine trop invasive. Les eaux diminuent, la biodiversité s’affaiblit, et, chaque jour un peu plus, l’avenir devient incertain.

Au bord de la rivière, un ensemble de personnes scrutent les eaux, observent les arbres. Avec attention, ils collectent les détritus perdus au cœur d’un paysage au premier abord sauvage. C’est sur ce plan que le documentariste Dominique Marchais ouvre son nouveau long-métrage. Le ton est donné, la conversation se fera écologique. Et devant les résultats de cette pêche à l’ordure, le public ouvre l’oreille avec attention.

Ainsi, dès les premières secondes, la beauté de la nature se heurte à une modernité imposée par un genre humain égocentrique. Sustentation, énergie, irrigation : les cours d’eau sont les victimes imperturbables de la surexploitation de leurs ressources. Face à la caméra ou capturés dans leurs activités, un enchaînement de spécialistes et d’activistes mettent en lumière les résultats alarmants et alarmistes de leurs analyses.

Régulièrement, les entretiens sont entrecoupés de longs plans. L’immensité des espaces sauvages se retrouve croquée à l’écran dans son plus simple appareil. Rien n’est ajouté que ce qui est représenté. En douceur, les mélodies aquatiques propres aux cours d’eau hypnotisent. Des rythmes naturels qui ne cachent pas l’omniprésence d’une sobriété pesante, habillant l’œuvre d’une aura télévisuelle trop terne.

Parfois revêche, cette absence de superflu stylistique permet pourtant au film d’exposer ses propos avec clarté : un message avant tout pessimiste, clairsemé, de-ci de-là, de quelques lumières d’espoir. Tout n’est pas perdu, mais le combat ne sera pas simple. Alors, plongez-vous dans «La Rivière», miroir passionnant d’une triste réalité écologique qu’il nous faut, tous ensemble, tenter de corriger.

28.03.2024

4

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