Furiosa: Une Saga Mad Max Australie, Etats-Unis 2023 – 148min.

Critique du film

Retour dans les Terres Dévastées

Patrick Heidmann
Critique du film: Patrick Heidmann

Il y a neuf ans, «Mad Max: Fury Road» faisait sensation sur les écrans avant de décrocher six statuettes aux Oscars. De retour cette année à Cannes après la présentation (hors-compétition) de «Trois mille ans à t'attendre» en 2022, le légendaire cinéaste George Miller nous raconte cette fois l'histoire tant attendue de Furiosa.

Encore enfant (Alyla Browne), Furiosa est enlevée par la horde de bikers du seigneur de guerre Dementus (Chris Hemsworth), alors qu’il tente de s'emparer de son oasis natale. Au cours de leur périple dans les Terres Désolées, sa troupe tombe finalement sur la Citadelle d'Immortel Joe (Lachy Hulme). S'ensuit une guerre de plusieurs années, au cours de laquelle Furiosa (Anya Taylor Joy) deviendra une jeune femme. Et tandis que les tyrans s’écharpent, l’héroïne prépare un plan pour rentrer chez elle.

Comme il y a neuf ans dans «Mad Max : Fury Road», l'intrigue déroule une guirlande de scènes d'action. À noter néanmoins, un changement de rythme alors que l’intrigue, découpée en plusieurs chapitres, s'étend sur 15 ans, au lieu des trois jours du volet précédent. Ainsi, l’œuvre avance par à-coups, une démarche qui remplace la frénésie de 2015, bien que l’ensemble s’articule autour de courses-poursuites portées des véhicules les plus fantasques. La séquence la plus époustouflante se déroule d’ailleurs sur un camion-citerne absolument massif. Alors George Miller oblige, «Furiosa: Une Saga Mad Max» promet un divertissement spectaculaire et gonflé à bloc. Un long métrage dans lequel Anya Taylor-Joy («The Witch», «The Northman») se révèle être un choix impeccable pour porter le flambeau du rôle principal.

Avec sa prothèse nasale, Chris Hemsworth incarne un antagoniste un brin caricatural, et dès les premières scènes, certains effets spéciaux paraissent étrangement artificiels - du moins selon les standards auquel Miller nous avez habitués. Notons aussi que du haut de ses deux heures et demie, une forme de redondance s'installe. Enfin, le scénario écrit conjointement par Miller et Nico Lathouris s’égare et nous perd à trop vouloir tout nous expliquer. Malgré ses qualités évidentes, difficile de ne pas analyser Furiosa à la lumière des œuvres précédentes. Aussi ingénieux qu’époustouflant en 2015, pas sûr que l’œuvre dévoilée cette année à Cannes soit à la hauteur de son ainé. «Furiosa: Une Saga Mad Max» n’aura pas empêché le cinéaste visionnaire et ses équipes de récolter une standing-ovation (très cannoise) de presque 8 minutes.

(Cannes 2024, adapté de l’allemand)

22.05.2024

3

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CineFiliK

il y a 1 jour

“Tempête du désert”

Sur une terre exsangue d’eau et d’électricité, la jeune Furiosa et son clan occupent une oasis tenue secrète. Enlevée par une horde sauvage aux ordres du cruel Dementius, elle assiste au sacrifice de sa mère qui a échoué à la sauver. Quinze ans plus tard, sa haine et l’envie de se venger ont grandi avec elle.

En 2015, George Miller remontait en voiture pour rouler à nouveau sur les dunes. Choc visuel, action resserrée et rythme effréné, surent moderniser sa saga ensablée et conquérir de nouveaux publics. Au volant, Furiosa, sous les traits charismatiques de Charlize Theron, volait la vedette à Maxou le taiseux. Ce personnage féminin méritait bien un film à son nom. C’est chose faite en ce « road trip » destiné à lui accorder un passé. Ainsi apprend-on pourquoi, face aux bêtes, la belle s’est rasé le crâne et comment elle a perdu son bras gauche. Rien de plus croustillant, malgré 5 longs chapitres s’étalant sur dix-huit années. A son tour, l’héroïne aux yeux de biche en est réduite au silence durant pratiquement tout le film, éclipsée, entre Thor et raison, par le dément Barbe-Rouge. Un déséquilibre qui surprend encore. Le reste se contente de courses-poursuites infernales opposant alliés d’un jour et traîtres de toujours. Les accélérations ridicules, hommages de Miller au cinéma muet, ajoutent au chaos de ce faste et furieux. Moins créatives que dans l’opus précédent, certaines séquences demeurent cependant spectaculaires comme l’attaque des parachutes ascensionnels sur la bruyante mécanique. Mais au bout de la route, les paroles d’une chanson reviennent en tête : « Quand t’es dans le désert depuis trop longtemps, tu t’demandes à qui ça sert ».

(6/10)Voir plus

Dernière modification il y a 1 jour


vincenzobino

il y a 24 jours

3.75: The Oasis Women
Furiosa est encore enfant lorsque sa mère est assassinée sous ses yeux par Demethus, un seigneur marchand qui envahit l’oasis où elle vivait et la kidnappe. Il compte la conduire à la Citadelle contrôlée par Immortan Joe pour y proposer une sorte d’alliance et prendre le pouvoir. Mais l’enfant muette ne compte pas se laisser faire et offrir le pouvoir à ces mâles sanguinaires sans venger la mort de sa mère.
Le voici ce cinquième acte de la franchise Millerienne et le second consacré à Furiosa dont on parcourt sa vie passée. Avec un certain brio manquant toutefois d’éclat.
Les dix premières minutes aussi lentes que le dôme du tonnerre, et nous proposant une relation mère- fille presque tendre ne correspond pas à l’esprit Miller. Mais dès l’apparition de ce mâle destructeur, l’esprit est présent : brutal, techniquement fort et toujours aussi troublant sur le visuel, nous n’avons néanmoins pas le rythme élevé des deux épisodes pairs et ce choix de survival biopic en soi l’explique.
Mesdames vous serez révoltées puis soulagées, Messieurs amateurs de mécanique vous resterez sur votre faim sur la première heure et demie mais serez comblés sur l’ultime et si vous avez en tête l’ouverture de Fury Road y trouverez votre compte.
Se laisse donc tout à fait voir.Voir plus


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