CH.FILM

Neuland Suisse 2013 – 93min.

Critique du film

Neuland

Critique du film: Pascaline Sordet

Venus du monde entier trouver une vie meilleure en Suisse, une poignée d'adolescents est réunie dans la classe d'intégration bâloise de Monsieur Zingg. Le professeur n'a qu'un but pour ses protégés, que tout en découvrant la langue et la culture suisse, ils réussissent à former un projet professionnel. Mais ces deux années de formation, émaillées d'échecs et de refus, sont longues et difficiles.

Bien qu'il soit filmé en majorité dans une salle de classe, "Neuland" n'est pas un documentaire sur l'école, comme on en a vu plusieurs depuis la Palme d'or de Nicolas Philibert pour "Être et avoir". A travers le professeur et ses élèves, ce ne sont pas les enjeux de l'enseignement mais de l'immigration et de l'intégration qui sont posés. Héros du quotidien, les adolescents sont attachants dans leur endurance, leur silence et leurs menues réussites sur la voie compliquée que l'existence a tracée pour eux. Anna Thommen, dont c'est le film de fin d'études, atteint un équilibre délicat : présenter les jeunes non pas comme des victimes mais comme des battants et la Suisse ni comme un paradis de l'accueil, ni comme une société refermée sur elle-même. A travers un montage exigeant, elle réussit un film sans complaisance qui s'attache à quelques personnages; Nazlije et son frère Ismail, débarqués en Suisse après la mort de leur mère, Ehsanullah, un Afghan de 19 ans arrivé en Suisse après une année de voyage entre canot pneumatique et marche à pied, et l'incontournable professeur, Christian Zingg, repère dans la tempête. Tous forcent à s'interroger sur ce que notre pays offre réellement comme avenir à ces jeunes déracinés.

25.11.2020

4

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