Critique10. Februar 2022

«Moonfall» - La catastrophe selon Roland Emmerich

«Moonfall» - La catastrophe selon Roland Emmerich
© Elite Film AG

Au clair de la lune, l’humanité n’a qu'à bien se tenir. Passé maître dans l’art du cinéma catastrophe, Roland Emmerich a plus d’une fois décimé l’humanité. Nous la pensions bien accrochée à la voute céleste, et bien non, la lune menace cette fois de s’écraser sur notre belle planète bleue.

Moonlight

Il y a quelques années, les astronautes Jo Fowler (Halle Berry) et Brian Harper (Patrick Wilson) avaient perdu leur coéquipier dans un terrible accident dans l’espace. Brian, témoin des faits alors que Jo s’était évanouie, expliquera à ses supérieurs la présence d’une «force étrange». Mais taxé de folie, l’astronaute sera défroqué, tant dis que Jo prendra les rênes de la NASA. Deux vies qui se rejoignent dix ans plus tard alors qu'un vulgarisateur scientifique (John Bradley) découvre que la lune modifie son orbite et qu’elle approche dangereusement de la terre. L’humanité n’a plus que quelques semaines avant l’impact. Et le duo d’autrefois se retrouve aux commandes d’une mission de sauvetage face à l’histoire.

Encarté au rang des réalisateurs les plus rentables de l’histoire, auteur notamment des «Independence Day», «2012» et autres «The Day After Tomorrow», le voilà de nouveau à la barre d’une «climate fiction», sous genre de la science-fiction abordant des sujets climatiques, alors que la lune menace de s’écrouler sur terre. Et à mesure qu’elle approche, les forces gravitationnelles s’inversent, les océans ouvrent grand leurs gueules, et l’argenterie militaire est décapée pour faire taire les aliens. Bref ! Plus rien n’arrête la plume machiavélique de Roland Emmerich.

dfg

Face aux sirènes de l’apocalypse, il faudra compter sur un messie nommé Brian Harper. Astronaute déchu, sorte de héros antipathique et amateur de Mustang reluisante. Patrick Wilson (pourtant amusant dans la saga «Conjuring» et efficace dans le précédent «Midway») prête ses traits à une figure ô combien poussiéreuse de l’idéal masculin et déballe, sans gêne, des lignes de dialogues à l’emporte-pièce. Aux côtés de Jo Fowler, interprétée par l’actrice oscarisée Halle Berry qui passe plus de deux heures à contenir les émotions de ses pairs, de son mari, pas sûr que leur tandem ne soit complètement convaincant. Alors il y aura peut-être l’agréable prestation de John Bradley («Game of Thrones») dans la peau de ce scientifique autoproclamé, mais sans doute aurait-il fallu aller piocher ses références ailleurs.

En effet, «Moonfall» n’a rien à proposer que nous n’avons déjà vu depuis «Independence Day» (sorti en 1996…). À l’orée du gavage apocalyptique et abordant l’urgence en des termes aussi similaires que «Don’t Look Up», «Moonfall» aura un goût de twinkie réchauffé au micro-onde. Ainsi, le spectacle prévaut sur le fond et la surenchère de CGI est telle, qu’elle fait passer le film d’Adam McKay pour une production indépendante. Alors nous l’avons bien compris, il y aura là deux publics qui auront certainement mille misères à s’entendre. Mais «Moonfall» semble avoir peu de choses à offrir, sinon une orgie visuelle où l’Empire State Building n’en finit plus de se faire décapiter, et un ramdam à l’effigie de Lexus et qui n’a pas manqué d’écrire une lettre parfumée à Elon Musk et son projet SpaceX. Passons…

2/5 ★

Depuis le 9 février au cinéma

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