Article11. Juli 2023

Impossible n’est pas Cruise ! 5 anecdotes sur «Mission: Impossible»

Impossible n’est pas Cruise ! 5 anecdotes sur «Mission: Impossible»
© 2023 Warner Bros. Ent. All Rights Reserved

Alors que débarque sur nos écrans le nouveau saut périlleux de Tom Cruise, voici quelques histoires autour de «Mission: Impossible» à raconter avant et après la projection. Alors, le savais-tu?

1 - Quand la série (télé) devient série (de films)

Distribution de la série Mission impossible en 1970 © CBS Television

Commençons, si vous le voulez bien, en douceur avec un peu d’histoire. Au risque de vous chiffonner, «Mission: Impossible» n’est ni sorti de l’esprit d’Ethan Hunt ni de celui de Brian De Palma, réalisateur du premier volet en 1996. «Mission: Impossible» est allé puiser sa sève dans une série télévisée américaine éponyme. Créée par Bruce Geller, la série a été diffusée de 1966 à 1971 sur CBS et s’est étalée sur, tenez-vous bien, 7 saisons et pas moins de 171 épisodes de 48 minutes, soit l’équivalent de 136 heures. C’est sans compter évidemment sur les 35 épisodes de la série spin-off «Mission impossible, 20 ans après» diffusée à la fin des années 80. Rien que ça! Le format avait déjà le sens de la démesure, la suite était donc prédestinée. Et, sept longs-métrages plus tard, une question nous turlupine : à quand la série «Mission: Impossible» sur Netflix?

2 - Lalo Schifrin, le compositeur d'un mythe

Lalalilalou, lalalilalou [ Music Theme ] Vous avez reconnu la musique ? Le thème de «Mission: Impossible» est certainement l’un des plus reconnaissables de la télévision. Composé par le pianiste argentin Lalo Schifrin - grand musicien de jazz derrière notamment des arrangements pour Stan Getz, Count Basie et Sarah Vaughan, ses contributions pour le cinéma et la télévision s’entament avec le film «Les Félins» de René Clément en 1964. Cette musique envoûtante accompagne les pérégrinations d’Alain Delon et Jane Fonda et établit les bases des bandes originales de thrillers policiers et des films d’espionnage.

Deux ans plus tard, il compose sur demande de Bruce Geller cet air à cinq temps devenu célèbre. Une mélodie, comme il l'explique à Cannes en 1992 (voir la vidéo ci-dessus), qui doit être immédiatement reconnaissable pour quiconque serait resté dans la cuisine alors que l'émission commence à la télévision. Une contrainte marketing croisée au talent du compositeur argentin, et «Mission: Impossible» rentre dans la pop culture. Fort de ses 6 nominations aux Oscars, de ses quatre Grammy Awards et de son étoile sur Hollywood Boulevard, Lalo Schifrin recevra d’ailleurs en 2018 un Oscar d’honneur pour l’ensemble de sa carrière.

3 - Tom Cruise, l’enfant fan

«Monsieur l'agent, je vous assure. Il y a eut des coquilles, mais mon succès est sous contrôle!» © 2023 Warner Bros. Ent. All Rights Reserved

Lorsque la série débarque à la télévision en 1966, Tom Cruise est âgé d’à peine quatre ans. Sans être précisément un programme jeunesse, il expliquera avoir été un fan de la série en grandissant. Bien des années plus tard, lorsqu’il est approché par la Paramount, qui avait acquis les droits de la série sans jamais rien en faire, la star sort juste d'«Entretien avec un vampire» et saute sur l’occasion. Il vient de créer sa société «Cruise/Wagner Productions» et cherche justement un film pour l’inaugurer. Paramount lui donne le feu vert, et c’est ainsi que Tom Cruise est devenu la vedette de son programme d’ado favori. Notons que sa maison de production a principalement servit à produire des films dans lesquels il est en tête d'affiche : «Mission: Impossible II», «Vanilla Sky», «Minority Report», «War of the Worlds», «Mission: Impossible III», «Valkyrie». Chassez l'altruisme et il revient au galop!

4 - «Mission: Impossible» et le cinéma d’auteur

Il fut une époque où «Mission: Impossible» avait des airs de cinéma d’auteur. Oui, vous avez bien lu ! Nous l’évoquions plus haut, si la franchise s’entame en 1996 avec le réalisateur Brian De Palma, Sydney Pollack («Out Of Africa», et «Les Trois Jours du Condor») est initialement attaché au projet. Le cinéaste vient de tourner «La Firme» avec l’acteur et pourtant, De Palma (père de «Scarface», «Les Incorruptibles», «Blow Out», et «Carrie») s’accroche au projet. Il est déterminé à faire un carton au box-office (voir la vidéo ci-dessus) et, dès ses balbutiements, «Mission: Impossible» s'arme pour rentrer dans la légende.

Cruise et De Palma se sont rencontrés à un diner avec Steven Spielgerg. Et sur recommandation du papa d'E.T, Tom Cruise aurait regardé d'une traite, et pendant 14 heures, tous les films de De Palma. Une collaboration se présage, or la suite n’est pas un modèle de camaraderie. Suite à de nombreux désaccords sur le scénario (licenciement de David Koepp, puis la venue de Robert Towne), George Lucas y apportera même son grain de sel. Le film rencontre toutefois un succès colossal et malgré les propositions de Cruise, De Palma, lui, n’est jamais revenu. En 2020, il se confiait d’ailleurs sur cette collaboration dans une interview avec l‘Associated Press : «Un seul de ces films, ça suffisait! (...) la seule raison pour laquelle ils en font un autre, c'est pour gagner de l'argent. Je n'ai jamais été réalisateur de films pour gagner de l'argent. La corruption, c'est le gros problème d'Hollywood».

5 - «Mission: Impossible» et le Gun-Fu

Ah mon cher De Palma, Tom Cruise n’est pas corrompu, il recycle ses succès (et ceux des autres?). Nuance ! Ainsi, avec une motivation gonflée à l'hélium et survolant les falaises de Moher suspendu à un cil, la star approche le cinéaste chinois John Woo à l’aube des années 2000 pour le deuxième chapitre. À cette époque, en Amérique et en Europe, John Woo est surtout connu pour ses collaborations avec Jean-Claude Van Damme et John Travolta («Face/Off» en 1997).

John Woo est pourtant le père de ce qu’il convient d’appeler le Gun-Fu : un genre qui, notamment au travers du film «Le Syndicat du crime» en 1986, rend populaire la mise en scène des armes à l’écran alors que le cinéma à Hong-Kong est scindé entre les arts martiaux et la comédie. Une esthétique et une énergie dont s’est inspiré «Mission: Impossible 2». Ainsi s’établissaient les prémisses d’une franchise qui picore et pioche çà et là, pour répondre à son pendant britannique «James Bond» et contribuer à faire de Tom Cruise une, sinon LA, star du cinéma d’action.

«Mission: Impossible – Dead Reckoning Partie 1» est à décourvir au cinéma à partir du 12 juillet.

Bande-annonce de «Mission: Impossible – Dead Reckoning Partie 1»

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