Kritik19. September 2022

FFFH 2022 : «Le Pharaon, le Sauvage et la Princesse» - Du temps des princes et de leurs amantes

FFFH 2022 : «Le Pharaon, le Sauvage et la Princesse» - Du temps des princes et de leurs amantes
© Agora Films Sàrl

En vingt ans, Michel Ocelot et ses équipes ont transformé le visage de l’animation franco-belge et offert à tous les publics des récits inoubliables, de «Kirikou» et la sorcière (1998) à «Dilili à Paris» (2018). Ni anthologie, ni grande œuvre romanesque, leur nouvelle création «Le Pharaon, le Sauvage et la Princesse» assume sa modestie sans renier la poésie de ces contes bien connus.

(Eleo Billet, depuis le Festival du film français d’Helvétie)

Dans «Les contes de la nuit» (2011), Michel Ocelot prenait les traits d’un vieux technicien de cinéma pour faire voyager les jeunes dans ses histoires. Il laisse ici à une jeune conteuse en bleu de travail le soin de prendre la relève, tout comme il a laissé plus d’opportunités à ses équipes d’animation de nous transporter dans l’imaginaire de son film «Le Pharaon, le Sauvage et la Princesse». Ce touchant passage de flambeau méta-textuel, également renforcé par la foule en ombres chinoises qui s’émerveille autour de la conteuse et lui souffle des idées, n’est toutefois pas totalement convaincant, de par le manque de rigueur qui en découle. Avec trois contes à explorer et peu d’occasions de les laisser respirer, le manque d’ampleur et d’originalité du projet est criant.

Par bonheur, chaque histoire se distingue des autres par sa technique d’animation : de l’animation 2D épurée et ses personnages de profil en Égypte antique, aux silhouettes noires qui contrastent d’autant mieux avec les couleurs vives des bijoux et des verreries, en passant par l’animation en relief pour représenter l’opulence d’un palais turc. Mais même le charme des étoffes et des épices qui sont pour la première fois, dans le cinéma de Michel Ocelot, d’un détail époustouflant n’efface pas les malheureuses répétitions des actions et des décors qui alourdissent les histoires et empêchent une exploration plus approfondie des personnages.

Ainsi, les jeunes femmes restent des princesses que seul un homme peut séduire et délivrer, ce qui contredit la morale sur l’auto-détermination et le rejet des figures autoritaires avancée par le cinéaste.Mais bercé.e par la bande-son envoûtante, on reste attendri.e par la vision de Michel Ocelot sur le pouvoir de l’amour et de l’imagination. Espérons maintenant qu’il reviendra bientôt repousser les limites de l’animation et transporter avec lui nos cœurs d’enfants.

3/5 ★

Au cinéma le 19 octobre.

Plus d'informations sur «Le Pharaon, le Sauvage et la Princesse»

Bande-annonce

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