Kritik18. August 2021

«Attention au départ» - Petite épopée ferroviaire

«Attention au départ» - Petite épopée ferroviaire
© Frenetic Films AG

L’heure des colonies de vacances a sonné, Benjamin Euvrard se met à l’œuvre d’un marronnier bien de saison pour nous compter une petite épopée ferroviaire avec André Dussollier et Jérôme Commandeur. Rien de bien folichon sous le soleil de la SNCF.

Jeune père au foyer, Benjamin (Jérôme Commandeur) est chargé d’accompagner son fils et ses camarades dans le train pour leur colonie de vacances. En tandem avec Antoine (André Dussollier), son beau-père, le trajet devrait se dérouler tout en douceur, or en gare de Paris, le train partira sans eux et les enfants sont restés à bord. S’entame alors une course-poursuite détonante pour tenter de rattraper le wagon qui file en direction d’Embrun. Alors que Benjamin angoisse à l’idée qu’il puisse arriver quelque chose aux enfants, Antoine tente de cacher la vérité à sa fille et l’escapade sur les routes de France promet son lot de péripéties.

Sorte d’hommage aux épopées ferroviaires, aux grandes heures des colonies de vacances, aux buddy movie et à l’espièglerie de l’enfance, «Attention au départ» se fait le doux miroir d’une envie d’évasion. «Nos jours heureux» en 2006 devenait culte en nous plongeant dans la bassecour enchantée d’une colo, ici Benjamin Euvrard commence son intrigue sur un quai de gare, lorsque le train s’emballe sans les adultes à son bord. Le bolide devient alors ce transperceneige inarrêtable croisé à Alexandre Jardin, ses «Coloriés» sont restés à son bord.

«Attention au départ» joue surtout la carte du buddy movie à la française– Théo Metais

D’un côté les enfants dans le train, de l’autre les adultes, il y avait là le sel d’une douce et franche comédie sur l’enfance, mais «Attention au départ» joue surtout la carte du buddy movie à la française, rappelant «La Chèvre» ou «Le boulet», au milieu de l’éprouvante escapade de Jérôme Commandeur et André Dussollier sur les routes de France. Franchement classique dans le train lorsque les enfants consomment mille et une sucreries et retapissent les charmantes tentures de la SNCF d’un papier toilette tout aussi élégant; l’ensemble paraît bien fade, à l’image de la sous-intrigue initiée par le personnage de Jonathan Lambert et sa toute petite interprétation du contrôleur Michaud.

«Attention au départ» - Petite épopée ferroviaire
André Dussollier dans «Attention au départ» © Frenetic Films AG

À l’instar d’un «C'est quoi ce papy?!», sorti récemment dans les salles et étonnamment drôle lorsque se taisent les parents, il manquera certainement à «Attention au départ» la gouaille d’une Chantal Ladesou pour frôler la belle insolence au pays du car-en-sac à un franc. Rien des «Quatre Cents Coups» ni de «Moonrise Kingdom», c’est dommage, il y avait tant à faire sur l’enfance. Alors nous l’avons bien compris, un drame unit Benjamin à son fils et «Attention au départ» prend des airs de requiem pour un père, mais le film se jette en parapente dans les gorges d’un scénario bien pâle. T’as voulu voir Embrun et on a vu Embrun. Au suivant!

2/5 ★

Le 18 août au cinéma. Plus d'informations sur «Attention au départ».

La rédaction vous recommande aussi:

Ist dieser Artikel lesenswert?


Kommentare 0

Sie müssen sich zuerst einloggen um Kommentare zu verfassen.

Login & Registrierung