Article8. Oktober 2020

Streamania: Ces 9 (autres) séries qui éclairent l’histoire

Streamania: Ces 9 (autres) séries qui éclairent l’histoire
© Robert Viglasky/Netflix - Claire Foy in The Crown (2016)

Sous l’impulsion de Netflix et ses 2 futures séries historiques - «La Révolution» et «Barbarians» -, c’est l’occasion d’évoquer ce genre souvent usé par un panel de créateurs soucieux de revivre une période révolue. Des actes historiques, des découvertes, des figures de notre ère en passant par des avancées qui ont marqué notre civilisation. Le milieu sériel s’est penché sur les époques passées avec un certain brio. Promis, on ne va pas vous resservir les classiques tels que les «Borgias», «Rome» ou encore «Narcos . Non, on s’est creusé les méninges pour vous concocter une sélection qui vaut son pesant d’or. Une belle liste de 9 séries qui ont marqué le genre.

The English Game

© Netflix

Avant d’être le divertissement du peuple, le football était avant tout une lutte des classes. Le porte-parole de la lutte des classes même. Et comme le ballon rond fait tourner les têtes depuis plusieurs années, Julian Fellowes, le papa de «Downtown Abbey», nous propose une belle immersion dans le monde d’avant, celui des pionniers du football moderne.

La production Netflix nous renvoie aux origines d’un sport qui a pris racine dans les années 1879, dans une partie de l’Angleterre ouvrière se confrontant à la noblesse. Les amoureux du football apprécieront la valeur d’un sport qui possède une Histoire avec un grand H avant d’être devenu l’aspirateur à fric qu’il est aujourd’hui.

Disponible sur Netflix.

Guerre et Paix

© BBC 2015

Une mini-série de 6 épisodes adaptée du chef-d’oeuvre de Léon Tolstoï. Confiée à Andrew Davies («Orgueil et Préjugés»), l’immense production guidée par la BBC One compte dans ses rangs un casting de tout premier ordre qui se retrouve en 1805, alors que la Russie est en guerre face à la France. Intervient Pierre Bézoukhov (Paul Dano), fils illégitime d’un riche comte, grand adorateur de Napoléon (Mathieu Kassovitz) et le porte aux nues devant la haute société de Saint-Petersbourg. On retrouve André Bolkonsky (James Norton) prêt à partir au front.

Un condensé du roman tentaculaire de Tolstoï qui retrace l’histoire de la Russie à l’époque de Napoléon Ier. Un pan de la littérature et historique sublimé par une production sensationnelle, vertigineuse, qui mérite tous les superlatifs. Seul point négatif, d’après les plus fervents admirateurs de l’écrivain russe: Davies aurait pris quelques libertés prises avec le récit original, comme par exemple une scène d’inceste que Tolsoï n’a jamais écrite. On lui passe ça sans la moindre hésitation.

Disponible en VOD.

The Knick

© Mary Cybulski/Cinemax

À la création Jack Amiel et Michael Begler. À la réalisation, un certain Steven Soderbergh. Avec «The Knick», il est question de l’univers médical et plus particulièrement d’un récit inspiré de William Halsted, le créateur de l’anesthésie, et de Louis T. Wright, chirurgien américain et défenseur des droit civiques. Ces deux-là sont remplacés nominalement par le Dr. John Thackery (Clive Owen) et Dr. Algernoon Edwards (André Holland) pour compulser l’une des grandes séries médicales jamais produites.

Une histoire qui se noue dans les entrailles de l’addiction et des inégalités raciales. «The Knick» se présente comme un reflet de la naissance de la médecine moderne. La plongée dans les hôpitaux du XXe siècle vous emporte et vous colle à votre siège. À la découverte de la prévention des maladies infectieuses, tout autant que les procédures opératoires nouvelles concernant le contrôle du saignement, la stérilisation ou encore la suture des plaies, l’immersion est fascinante.

Disponible en VOD.

11.22.63

© 2015 Hulu

Ok, l’histoire est tirée d’un roman de Stephen King. Ok, on parle d’un retour dans le temps. Mais force est de constater que «11.22.63» s’insère dans le meurtre le plus discuté et médiatisé: le meurtre de John Fitzgerald Kennedy, à Dallas le 22 novembre 1963. De la fiction, voire même de l’uchronie pour revivre les événements tragiques de la famille Kennedy.

Jake Epping (James Franco) est un professeur d’anglais fraîchement divorcé et est un client fidèle d’Al Templeton (Chris Cooper). Un soir où les confidences pleuvent comme les bières, Al avoue à Jake que dans son local se cache un portail temporel menant tout droit en 1960. C’est à ce moment que le plus vieux des deux lui explique qu’il a tenté d’empêcher le meurtre de JFK, sans pouvoir y arriver à cause d’un cancer tenace. C’est donc à Jake de s’atteler à la tâche et de changer le cours de l’Histoire.

«11.22.63» est un joli morceau, parfaitement produite, maintenant son intrigue pour nous enfermer dans un retour (savoureux) dans le passé. Thriller historique aux accents de science-fiction à la reconstitution solidement construite, la série produite par J.J. Abrams souffre de quelques défauts. Mais revisiter le passé de la sorte a quelque chose d’assez troublant.

Disponible en VOD.

Chernobyl

26 avril 1986, le monde se retrouve secoué par une explosion. Peut-être la pire catastrophe causée par l'être humain, «Chernobyl» retrace la fameuse histoire de l’explosion du réacteur à la centrale nucléaire de Chernobyl, en Ukraine. Un grand raz-de-marée atomique qui verra notre environnement chamboulé à jamais.

Difficile de passer outre ce chef-d'œuvre sériel. HBO a mis les petits plats dans les grands, pour nous proposer une série catastrophe en forme de témoignage poignant. Son intensité et ses relents élégiaques, elle est avant tout un terrible constat de la maladresse humaine, entraînant le public dans des montagnes russes, puisant immodérément dans sa sublime dramaturgie pour nous déposer une ogive. Le travail est impressionnant de justesse.

Disponible sur Sky.

Genius

© National Geographic

Et la chaîne National Geographic se frotte aussi au monde des séries. En effet, le network ultra populaire pour ses documentaires scientifiques et naturels a donné carte blanche à Noah Pink et Ken Biller. Résultat: «Genius» débarque en grande pompe: une saison 1 sur Albert Einstein (Geoffrey Rush), une seconde saison sur Pablo Picasso (Antonio Banderas) et une suivante qui arrive tout bientôt sur Aretha Franklin (Cynthia Erivo).

Retour sur l’ascension de ses créateurs, de ces figures historiques. Le duo s’attaque à leurs débuts, à leur esprit rebelle, unique, jusqu’à la reconnaissance mondiale. Un cours à livre ouvert, sur des personnalités explosives et insaisissables.

Disponible en VOD.

Versailles

© FR_tmdb

Encore une série tirée de faits historiques qui prend beaucoup de liberté, assurant une existence faite de paranoïa, de séducteur invétéré, obsédé par le pouvoir à l’un des piliers historiques de la France. L’image de Louis XIV, le grand soleil et éternel bâtisseur de Versailles nous est décrit comme un monstre de fragilité.

Série clivante à sa sortie, jugée choquante par une partie de la critique anglaise, «Versailles» s’est démarquée par son ton, sa verve, son impertinence de «souiller» le patrimoine français de la sorte. Mais que cette série est réussie! Le règne du Roi-Soleil imaginé par Simon Mirren est emprunt de trouble. C’est la figure qui est mise en exergue, pas l’Histoire. Et même si la création de Canal+ a fait appel à Mathieu Da Vinha, directeur du centre de recherche du château et spécialiste du Roi-Soleil, il y a une grosse part romancée.

«Versailles» ne serait pas ce qu’elle est sans son duo: l’excellent George Blagden dans la peau du Roi-Soleil, et Alexandre Vlahos sous les traits de Philippe, duc d’Orléans, individu excentrique et homosexuel notoire. Un tout qui vous happe, vous emmène par la main dans un climat des plus étouffants. Alors que le grand Versailles se construit, l’angoisse prédomine. Le règne ronge l’esprit de Louis: Le Roi est devenu tyran. Ces 3 saisons sont d’une intensité remarquable, menée habilement par Mirren et Wolstencroft. Cette série a une âme salie par les vices et puissante par l’attrait.

Disponible en VOD.

The Crown

Il est bien difficile de passer à côté de «The Crown». Hit de Netflix depuis 2016, célébrée par la critique, la création de Peter Morgan s’est réservée une place de choix dans les séries historiques. Revisitant le règne de la reine Elizabeth, l’histoire a (surtout) mis en lumière le talent de la discrète Claire Foy. De 1947 à 1977, tout y passe et y est décortiqué, des frictions politiques de la Grande-Bretagne d’après-guerre à l’intimité de la reine. «The Crown» s’attarde plus souvent sur la relation complexe qu’Elizabeth II, écrasée par le poids d’une couronne, entretient avec le pouvoir. Une vraie percée psychologique à propos d’une femme en souffrance, magnifiée par la plume de Peter Morgan.

Disponible sur Netflix.

Harley and the Davidsons

© Discovery Communications, Inc.

La marque est légendaire et les origines n’ont jamais été explicitées avec détails à l’appui. La chaîne Discovery Channel s’est amusée à passer en revue le destin jumelé des frères Davidson et celui de Bill Harley. Une griffe qui s’est dessinée juste avant la Grande Dépression, dans les grandes plaines du Wisconsin, en 1903.

Les premiers rugissements de bécane ont eu lieu dans la boue et la crasse. Les mains dans le cambouis, l’aventure a été périlleuse les 2 frères et le chainon manquant, Bill, adeptes du goût du risque. L’adrénaline en pierre fondatrice, la construction pour une (future) notoriété mondiale. L’ascension est tortueuse et nous plonge dans l’évolution industrielle. En émerge l’esprit visionnaire d’Arthur Davidson (Bug Hall) et cette idée de créer des clubs de motards. Une histoire de création et d’anticonformisme qui se veut très didactique, solidement incarnée par un trio (Michiel Huisman, Bug Hall et Robert Aramayo).

Disponible en VOD.

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