Critique11. Mai 2021

Netflix: «Oxygène» - Amnésie et solitude forcée pour Mélanie Laurent

Netflix: «Oxygène» - Amnésie et solitude forcée pour Mélanie Laurent
© Shanna Besson/Netflix

Alexandre Aja nous prend par la gorge et nous maintient dans une petite capsule en compagnie de Mélanie Laurent, dans un film Netflix à la production sobre mais efficace, saupoudrée de folie et d’amnésie.

Prisonnière d’une cellule cryogénique, une jeune femme (Mélanie Laurent) est totalement déboussolée, sans la moindre idée de comment elle a pu atterrir dans cette capsule. Aidée et pilotée par M.I.L.O, une voix que Mathieu Amalric interprète, elle va commencer à remonter le temps, retrouver un semblant de mémoire pour tenter de se sortir de ce cercueil à la technologie de pointe.

La première image nous rend rapidement claustrophobe, on souffre avec Mélanie Laurent, on étouffe avec elle. L’expérience est rapidement immersive. Mais pourquoi cette jeune femme, avec un peu plus de 33% d’oxygène restant s’est retrouvée dans une telle posture? Une prison, une expérience qui s’est mal passée? Les indices qu’Alexandre Aja dissémine vont générer une tension, un film à double-face avec le combat pour recouvrer la mémoire, par le prisme de différents appels, et surtout un combat perpétuel contre cette angoisse d’être enfermée. De petits flashbacks par-ci, par-là, et un tissu narratif entre Laurent et la voix d’Amalric; un ensemble compact qui déballe un thriller mental pour survivre coûte que coûte.

Mélanie Laurent, particulièrement convaincante...– Sven Papaux

Alexandre Aja (réalisateur du remake «La colline a des yeux»), ici pour son premier projet en français depuis «Haute Tension» (2003), fait montre d’une sacrée maîtrise, tissant une tension grandissante. Le scénario de Christie LeBlanc - sur la Black List des scripts parue en 2016 - est solidement exécuté, offrant une belle identité à Mélanie Laurent. Désormais connue sous le nom d’Elizabeth Hansen, scientifique réputée, la besogne de Mélanie Laurent, particulièrement convaincante, n’est de loin pas terminée. Comme le métrage de Steven Knight, «Locke», «Oxygène» amène différentes couches grâce à des tiers, des appels téléphoniques pour enfin faire la lumière sur cette manigance. Nous retrouvons cette même tension que dans «Locke», construisant cette angoisse qui habitait ce trajet en voiture. Dans «Oxygène», la voix d’Amalric, peu rassurante, ne pouvant répondre à maintes questions, nous garde dans cette zone grise.

Netflix: «Oxygène» - Amnésie et solitude forcée pour Mélanie Laurent
Mélanie Laurent dans «Oxygène» sur Netflix © Netflix

Elizabeth Hansen parvient à récolter des infos au fur et à mesure. Une résistance qui ponctue la force du récit, laissant un voile mystérieux sur ces appels reçus: quid de cette mère ou d’une étrange professeure qui dirige l’unité cryogénique? Pourquoi tant de secrets et cette cage aux multiples fils reliés au corps d’Elizabeth? Les réponses arriveront au compte-gouttes, amplifiant un tournant dans une dernière demi-heure de très bonne facture et imprévisible. Alexandre Aja réussit là où Steven Knight avait réussi, là où Rodrigo Cortés («Buried») avait partiellement réussi, nous absorbant dans un film minimaliste, mais structuré de manière à nous parachuter dans une expérience tendue, parfois sublime quand la caméra se retire et laisse entrevoir l’extérieur de la capsule.

3,5/5 ★

«Oxygène» est à découvrir dès le 12 mai sur Netflix.

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