Critique24. März 2022

«Le temps des secrets» - Du côté de chez Pagnol

«Le temps des secrets» - Du côté de chez Pagnol
© Pathé Films AG

Grâce au succès de son premier long métrage, «Les Choristes», Christophe Barratier fut révélé en 2004 au grand public. Dans son adaptation du troisième tome des «Souvenirs d’enfance» de Marcel Pagnol, le réalisateur nous offre une ode à la liberté au cœur des merveilleux paysages du midi.

En Provence, dans les alentours de Marseille, la nature est reine. La garrigue, aux parfums de lavande, de thym et de romarin, dominent les collines. Un petit paradis sur terre, décors de l’enfance de Marcel Pagnol. Dans ses quatre romans «La Gloire de mon père», «Le Château de ma mère», «Le Temps des secrets» et «Le Temps des amours», le réalisateur et écrivain décrit une enfance privilégiée dans ces paysages fantastiques. En 1990, Yves Robert porte, avec succès, les deux premiers volumes à l’écran. Trente-deux ans plus tard, Christophe Barratier se lance dans l’aventure et présente son adaptation du «Temps des secrets».

La nature provençale, déjà splendide, se retrouve sublimée à l’écran par des plans panoramiques à couper le souffle. La caméra embrasse l’horizon, capturant le monde sauvage dans son intimité. Un vol d’oiseaux, le mouvement des branches, la couleur de l’herbe; grâce au directeur de la photographie Jérôme Alméras la garrigue, personnage à part entière de l’œuvre, transporte le public. Originaire ou non de cette partie du monde, un mal du pays soudain pourra se fera sentir devant la beauté des images.

Une agréable ode à l’enfance...– Maxime Maynard

Les décors urbains ne sont pas oubliés, car le jeune Marcel, interprété avec un plaisir évident par Léo Campion, doit retourner sur Marseille pour son entré en 6e. Le jeune acteur nous promène dans les dédales d’une reconstitution de la ville à l’intérêt historique indéniable. Le pont transbordeur du vieux port, le funiculaire de Notre-Dame-de-la-Garde, des éléments emblématiques disparus retrouvent une deuxième vie à l’écran. Une vision touchante d’un Marseille oublié.

«Le temps des secrets» - Du côté de chez Pagnol
© Pathé Films AG

Merveilleusement vêtue par la costumière Mahemiti Deregnaucourt, la distribution perd de sa crédibilité les premiers mots prononcés. Car si l’accent n’est en rien une obligation, encore faudrait-il s’y tenir, une fois la décision prise. Ainsi, plein de bonne volonté, un Guillaume de Tonquedec mal à l’aise patauge dans une énonciation chantante aléatoire. Avec des prononciations tout aussi questionnables, François-Xavier Demaison et Mélanie Doutey finissent pourtant par posséder leurs personnages, faisant oublier leurs petits défauts. Heureusement, la fraicheur des jeunes acteurs et actrices et les seconds rôles aux authentiques intonations provençales saupoudrent le long métrage d’une pincée bienvenue de soleil et de nostalgie.

Une vision touchante d’un Marseille oublié...– Maxime Maynard

Avec «Le temps des secrets», Christophe Barratier confirme une tendance passéiste, déjà soulignée dans ses précédentes créations. Si les gens du cru pourront formuler quelques complaintes, le long métrage n’en reste pas moins une agréable ode à l’enfance. Une douce découverte d’une autre époque, d’une autre vie pour un jeune public en quête de beauté.

3,5/5 ★

Plus d'informations sur «Le temps des secrets».

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