Critique23. Oktober 2018

«Le grand bain» : Un feel-good movie qui sonne légèrement faux

«Le grand bain» : Un feel-good movie qui sonne légèrement faux
© Frenetic

Une équipe masculine de natation synchronisée complétée par des hommes aux univers différents. Loin d’être taillée comme des sportifs de haut niveau, la bande à Bertrand (Mathieu Amalric) se lance un pari énorme, celui de se rendre aux championnats du monde pour y briller. Une idée irréalisable, voire même loufoque comme point de départ d’une comédie sociale signée Gilles Lellouche.

Bertrand broie du noir et joue à Candy Crush depuis 2 ans, date de son licenciement. Accro aux antidépresseurs, son salut viendra d’une bande d’écorchés, bien loin des standards des athlètes surentraînés. Nous avons Laurent (Guillaume Canet), Thierry (Philippe Katerine), Marcus (Benoît Poelvoorde), Simon (Jean-Hughes Anglade), Basile (Alban Ivanov), Avanish (Tamilchelvan Balasingham) et, dernier arrivé, John (Félix Moati). Une formation de caractères différents, comme leurs chemins de vie, mais il sommeille en eux une frustration commune : cercle familial compliqué, tracas au boulot, dépression, rêves inachevés et ainsi de suite...

«Le Grand Bain» c’est ça, une synchronisation dans le bassin, mais aussi dans le vestiaire et en dehors.

Des fêlures propres à chacun des personnages greffées à une comédie dramatique à la dimension sociale . «Le Grand Bain» c’est ça, une synchronisation dans le bassin, mais aussi dans le vestiaire et en dehors. Là, Gilles Lellouche réussit à construire une union attendrissante, qui s’enlise légèrement, avant de trouver un second souffle grâce à l’arrivée énergique de Leila Bekhti, dans le rôle de la colérique et vulgaire Amanda. L’actrice interprète une femme en chaise roulante et ex championne de la discipline, tout comme leur autre coach principale Delphine (Virginie Efira), en proie à quelques soucis d’alcoolisme. Nous comprenons rapidement que les deux comparses raflaient des titres en duo avant la grave blessure d’Amanda.

C’est avant tout un film de casting, voire même choral, où chaque prestation amène une autre épaisseur au métrage.

© Frenetic

Une équipe d’éclopés, dorénavant unis face à la vie et au défi de taille qui les attend en Norvège. Une association d’écorchés (vifs) anonymes que Lellouche plonge dans la piscine de la rédemption. Quelques blagues lourdes mais parfois drôles, des séquences émotion et des seconds rôles qui amènent un peu de relief à l’histoire, comme celui de Marina Foïs dans la peau de Claire, la femme de Bertrand (Mathieu Amalric). C’est avant tout un film de casting, voire même choral, où chaque prestation amène une autre épaisseur au métrage. Sinon, au delà de la galerie de portraits, «Le Grand Bain» n’est pas cet élan comico-dramatique qui vous touche en plein coeur et vous fait rire aux éclats. On ne passe pas un mauvais moment, mais la convenance d’un film tel que celui-ci ne soulève qu’un simple sourire à chaque blague distillée (parfois on laisse échapper un bon rire), nous laissant de marbre au moment du baisser de rideau.

© Frenetic

En bref !

Derrière des acteurs à leur affaire, Gilles Lellouche unit une équipe de malheureux bougres, tous plus déprimés les uns que les autres. Une épreuve sportive et existentielle qui se traduit par un humour un peu facile et convenu, avec ses quelques blagues bien senties. L’émotion sonne comme légèrement superficielle, comme pour rappeler que la vie n’est pas si drôle, même si on se marre bien en nageant avec les potes. Un feel-good movie qui sonne légèrement faux. Malgré ça «Le Grand Bain» est un divertissement convenable qui saura trouver son public.

Note de la rédaction -> 2.5/5 ★

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