Article13. Februar 2018

Cinéma anti-guimauve pour St-Valentin alternative. Le choix de la rédaction!

Cinéma anti-guimauve pour St-Valentin alternative. Le choix de la rédaction!
© 1975 American International Pictures - Super Stooges vs the Wonder Women (1974)

Ras-le-bol des mamours de Février ? En tandem ou solitaire, la rédaction vous a sélectionné 9 films pour une St-Valentin alternative.

Des nanars, des classiques, du navrant, du ridicule, du métaphysique, du drame et de la comédie. Bref, programme détonnant !

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3. Happiness

(Todd Solondz, 1998)

© Philip Seymour Hoffman and Camryn Manheim in Happiness (1998)

Humour noir et ambiances glauques garantis. Joy Jordan a tout perdu : son petit ami se donne la mort suite à leur rupture et elle finit par quitter son travail. Entourée d’une famille très lisse en apparence, elle se sent aussi exclue qu'incomprise. Pourtant, à y regarder de plus près, elle n’est pas la moins parfaite… Alors que le mari de sa sœur se révèle être un pédophile, ses parents sont complètement dépressifs. Un film qui s’attache à montrer les travers de la bourgeoisie américaine bien pensante…

2. Une Femme sous influence

(John Cassavetes, 1974)

© Gena Rowlands in A Woman Under the Influence (1974)

Mabel a une personnalité bien particulière. Elle se laisse emporter dans ses excès et délires. Son mari peine parfois à la comprendre même si leur amour est inconditionnel. Un jour, il est forcé de l’interner et tout bascule ! L’actrice Gena Rowlands, qui fut la compagne du réalisateur John Cassavetes pendant de nombreuses années, a aussi tenu plusieurs rôles incroyables sous sa direction. Dans ce film, l’amour va à l'encontre de tous les clichés...

1. Funny Games

(Michael Haneke, 1997)

© Arno Frisch in Funny Games (1997)

Une famille bourgeoise très ordinaire part en vacances au bord d’un lac… Ana, Georg et leur fils Schorschi prennent du bon temps dans le charme et le luxe de leur résidence secondaire. Lorsque deux jeunes hommes aux allures angéliques se pointent chez eux, pour demander quelques œufs disent-ils, l’enfer commence. Au-delà de l’horreur des situations, le grand intérêt du film réside dans les interactions entre Fred le tortionnaire et le spectateur. Lorsqu'il s'adresse à lui, ce mode distancie le spectateur des actes purement barbares et permet au cynisme du personnage d’atteindre son paroxysme. Un film vraiment dérangeant !

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3. Paradis: Amour

(Ulrich Seidl, 2012)

© Seidl Film

Sélectionné au festival de Cannes en 2012, Paradis: Amour ouvre un triptyque anthropologique sur les malversations du coeur. Suivront Paradis: Foi et Paradis: Espoir. Trois tableaux comme autant d’enclaves cliniques. Ici, et affranchies de la métropole, des retraitées autrichiennes se pavanent dans les Clubs Med d’Afrique. Cinquantenaires, apprêtées et légères en vahinés frivoles, elles échappent à la grisaille et se payent du sexe local. Quasi entomologique, la caméra du réalisateur viennois nous dépeint toute la perversion de ce veule commerce. La chair comme monnaie d’échange nous ramène des vapes coloniales avec un renversement féminin du tourisme sexuel. Une oeuvre déroutante, malaisante de vérité, comme une lucarne malveillante … Antidote irrésistible au miel de la St-Valentin.

2. Jamon Jamon

(Bigas Luna, 1992)

© Javier Bardem and Penélope Cruz in Jamón Jamón (1992)

Penelope Cruz vient à peine d’avoir 18 ans. Le regard est presque d’ébène. Dans une bourgade du désert de Saragosse, elle est au coeur d’une orgie délicate à l’odeur de tortillas. C’est un huis clos consanguin mêlant l’amour à l’industrie du slip. Elle est enceinte, promise et belle comme la femme d’un autre, alors Javier Bardem se charge de la drague. “T’es un cochon” lui lancera-t-elle, et il s’en excusera à peine “ Et toi t’es un jambon.” Les dialogues ont la vertu du cru mais rappelleront la volonté du réalisateur d’une variation entre les fantasmes inavoués et le plaisir gastronomique... De quoi parfumer la St-Valentin !

1. Super Stooges vs. Wonder Woman

(Alfonso Brescia, 1975)

© 1975 American International Pictures

Romands, romands! Ô diable la méprise, je vous sens louvoyants! Oubliez Iggy Pop et laissez Lynda Carter à l’histoire! Rien n’est moins glamour que Super Stooges vs. Wonder Woman. Pourtant la chose nous vient d’Italie, berceau fertile des bédéistes Manara et Crepax. Certes il y aura des Amazones, mais la magie nous vient du trio de tête. Une ligue de justiciers composée d’un Godefroy de Montmirail masqué, de l’incarnation péplum d’un G.I. JOE croisé à Mr. T et d’un Shaolin qui se promène à dos d’âne. Puis agrémentez le tout de costumes de guenilles, d’accessoires en plastique, d’une musique entêtante et d’une détente qui envole son héros à plus de 10 mètres de haut. C’est un plongeon à corde nue dans le ridicule. Super Stooges vs. Wonder Woman est un film grandiose parmi les navets du cinéma! A ne manquer sous aucun prétexte. D’autant qu’une romance de circonstance s’est glissée dans l'histoire.

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3. Eyes Wide Shut

(Stanley Kubrick, 1999)

© Tom Cruise and Nicole Kidman in Eyes Wide Shut (1999)

Contrairement à ce que les contes de fées exposent à longueur de temps, l’amour n’est pas uniquement source de bonheur. Avec Eyes Wide Shut, Stanley Kubrick explore les facettes les plus sombres des relations amoureuses de l'infidélité au mensonge, de la tentation à la sexualité débridée… En choisissant en plus le duo Kidman-Cruise pour incarner ce couple à la dérive, le cinéaste offre une mise en abyme majestueuse de leur relation conflictuelle de l’époque (les deux comédiens étaient ensemble dans la vraie vie) dans ce thriller où l’amour est loin d’être une partie de plaisir. De quoi se rassurer si l’on est seul à la Saint-Valentin.

2. Sausage Party

(Greg Tiernan, Conrad Vernon, 2016)

© Edward Norton, David Krumholtz, Seth Rogen, and Kristen Wiig in Sausage Party (2016)

Une comédie d’animation pour la Saint-Valentin ça ne paraît pas illogique. C'est toujours beau, gentillet, plein de compassion et ça fait pleurer. Mais une comédie d'animation où une petite saucisse ne rêve que d’une chose, enfourner la jolie miche à hot-dog du rayon d’à côté c'est bien plus attrayant. Totalement déluré, profondément sexuel et terriblement vicieux, Sausage Party est mal élevé, subversif et surtout hilarant. La solution parfaite pour se taper un délire dingue avec des aliments qui parlent. Cependant, bien plus qu'une comédie trash, Sausage Party (co-scénarisé par Seth Rogen et Evan Goldberg) est aussi doté d’un discours politique acéré sur la religion, les mœurs, la politique, le racisme... De quoi avoir une ribambelle d'arguments et de sujets importants à développer pour un futur rencard...

1. Mortelle Saint-Valentin

(Jamie Blanks, 2001)

© Warner Bros. - Marshall Virtue in Valentine (2001)

Un film d’horreur où un tueur masqué décide d’assassiner des filles après une Saint-Valentin où il a été humilié, voilà le moyen parfait pour passer le 14 février. Un bon gros slasher nanardesque, bourré d’hémoglobines, avec des meurtres originaux, où l’amour n’a pas sa place et en plus porté par une Denise Richards au galbe séduisant pour ces messieurs et un David Boreanaz au charme ravageur pour ces dames.

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