Review3. Februar 2022

«Super-héros malgré lui» - Endgame pour la bande à Lacheau

«Super-héros malgré lui» - Endgame pour la bande à Lacheau
© Pathé Films AG

Un apprenti comédien se prend pour son personnage. Dans «Super-héros malgré lui», le trublion Philippe Lacheau embarque sa clique habituelle dans un film qui entend reprendre les codes des écuries Marvel. Mais n’est pas Stan Lee qui veut.

Badman returns

Un gentil looser sans grande personnalité obtient, par un amusant coup du sort, le rôle de sa vie. En effet, Cedric est choisi pour interpréter le rôle d’un certain «Badman», une imposante production française aux accents super-héroïques, de quoi faire décoller la carrière de ce jeune acteur et regagner au passage la fierté de son père. Or après un accident dans la «Badmobile», Cedric perd la mémoire et se prend, au réveil, pour son personnage. Le voilà désormais dans le costume d’un justicier masqué, prêt à résoudre les énigmes qui appartiennent au héros.

Gags et carensacs à un franc

Après «Nicky Larson et le parfum de Cupidon» sorti en 2018, Philippe Lacheau continue de réécrire et d’incarner l’histoire de ses idoles à l’écran. Ainsi s’entame «Super-héros malgré lui», une divagation très premier degré sur l’univers des super-héros Marvel, et la bande à Lacheau s’approprie les codes avec sa désinvolture habituelle. S’enchaine alors une ribambelle de gags plus au moins habiles, au mieux insignifiants, au pire consternants. Un vent de cour de récréation enrhume cette production qui semble n’avoir d’autre dessein que de divertir ses marionnettistes et celles et ceux qui seraient déjà acquis à leur cause.

Une minicritique du showbiz...– Théo Metais

Le film révèle néanmoins une distribution dynamique, un montage énergétique et une minicritique du showbiz. Servi dans un écrin très télévisuel, il manquera néanmoins au personnage de Cedric l’essentiel pour convaincre en figure «stanleenienne», à savoir l'altruisme et la complexité narrative. En effet, son développement (et à l’instar de ce qu’il veut bien nous raconter), ne sert qu’à regagner la fierté du paternel et à récupérer sa copine. Une vision donc très égocentrée de la figure héroïque. Pourtant, la partition de la toujours excellente Chantal Ladesou, en productrice exécrable et obnubilée par ses placements de produits, nous rappelle qu’il suffisait seulement d’un peu de charisme pour rendre hilarantes les lignes de dialogues les plus élémentaires.

Philippe Lacheau et Alice Dufour © Pathé Films AG

Dur dur de faire rire

Entre temps, Philippe Lacheau a fait preuve d’exhibitionnisme dans une maternelle, bombardé Notre-Dame, enchaîné les blagues sur les mères, enlevé un enfant, suggéré maintes fois la taille de son pénis ; et nous a bien fait comprendre que «Badman» ne pouvait pas être remplacé par une personne de couleur, en plus d’avoir laissé tombé dans le vide Mamoudou Gassama, lui qui, dans le vrai monde en 2018, avait sauvé un enfant en escaladant un balcon parisien. À défaut de renouveler le rire, «Super-héros malgré lui» lui s’appuie sur le monde réel avec un manque de considération tout à fait discutable. Il y avait là sans doute la volonté d’être un peu subversif, encore fallait-il y mettre du corps et de l’esprit.

Depuis le 2 février au cinéma.

Plus d'informations sur «Super-héros malgré lui».

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