Review5. Februar 2020

«Birds of Prey» - Harley Quinn loin de son Joker adoré

«Birds of Prey» - Harley Quinn loin de son Joker adoré
© 2020 Warner Bros.

Avec une Margot Robbie survoltée - moins qu’en Tonya Harding - que vaut réellement l'œuvre de Cathy Yan, sous le signe de l’émancipation d’Harley Quinn?

Harley, la fantasque et blonde déjantée aux couleurs flashy, nous raconte sa «fantabuleuse» histoire, loin du Joker, et son affrontement avec le maléfique et abominable Roman Sionis (Ewan McGregor). D’un narcissisme dégoulinant, l’homme, accompagné de son fidèle acolyte Zsasz (Chris Messina), s’est lancé aux trousses d’une certaine Cassandra Cain (Ella Jay Basco) et d’un étrange diamant. C’est alors que Harley Quinn rencontre Huntress (Mary Elizabeth Winstead), Black Canary (Jurnee Smollett-Bell) et Renée Montoya (Rosie Perez), un quatuor qui se forme pour faire taire à jamais Roman.

La Warner Bros ouvre la brèche, après Joker, à Harley Quinn (Margot Robbie), son ex-petite amie, alias la reine des couleurs fluo. Désormais affranchie de son toxique compagnon, l’excentrique Harley Quinn, détestée de tous, voit son immunité voler en éclats le jour où elle rompt avec le maître farceur de Gotham. Roller derby, manigances, excès et bitures, Harley brûle la vie par les deux bouts et tente par tous les moyens d’oublier son cher et tendre. Les railleries ne cessent d’affluer à son propos, chacun la pensant esseulée et incapable de vivre sans le Joker. Dès lors, «Birds of Prey» se fait le relais de ses frasques dans un dégommage ultra flashy, dans un flot de scènes rocambolesques et de bastons. Un déluge d’action pour un objet pop coloré, illuminant Gotham d’un arc-en-ciel explosif, et assumé de bout en bout. Un métrage kitchissime et tape-à-l'œil, pour le meilleur et pour le pire.

«Un déluge d’action pour un objet pop coloré, illuminant Gotham d’un arc-en-ciel explosif...»– Sven Papaux

«La fantabuleuse histoire de Harley Quinn» - étrange contraction - porte bien son nom, et plutôt 2 fois qu’une. Car les petites folies de la déesse Margot Robbie, dans le costume clownesque de Quinn, est loin d’être fantastique ou fabuleuse, mais plutôt fade et faible, du moins scénaristiquement. Rien que par son entame qui donne le tournis, à force de flash-backs et d’explications incessantes, le récit se perd et devient indigeste, s’alourdissant plus les minutes s’égrènent. La vista de Robbie n’entraine pas le film dans une véritable dynamique. Surtout quand ses nouvelles acolytes la suivent dans sa croisade contre le méchant Roman Sionis, surnommé Black Mask - solidement campé par Ewan McGregor -, boss d’un club et souvent perché dans sa tour d’ivoire; son appartement aussi excentrique et imprévisible que lui. Face à lui, 3 femmes; Dinah Lance surnommée Black Canary, la flic badass Renée Montoya, et Helena Bertinelli surnommée Huntress. Dans ces 3 là, bombardées comme faire-valoir, le seul personnage de Huntress s’avère intéressant - grâce au talent de Winstead.

Harley Quinn et sa team dans «Birds of Prey (et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn)»
Harley Quinn et sa team dans «Birds of Prey (et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn)» © 2020 Warner Bros.

Dans une furie pour l’affranchissement de la femme sur l’homme, «Birds of Prey» rate sa cible. Feu d’artifice visuel, entre cette ligne directrice pop-colorée et l’ambition d’en faire une chorégraphie physique digne de «John Wick», le problème est plus lié à l’écriture, fonctionnant en mode Pokédex - objet fictif dans Pokémon -, pour classer les griefs et les noms des nombreux ennemis d’Harley. Folie parmi les femmes fortes, œil pour œil, dent pour dent, la folie «quinnienne» en prend un sérieux coup sur la cafetière, convoquant action cotonneuse et récit désincarné, dénué de charisme. Les acrobaties de Margot Robbie, son univers électrisant et parfois «fantastico-onirique», et quelques segments joliment exécutés - comme celui du commissariat ou cette scène dérangeante entre Black Mask et une cliente lambda de son club - ne pèsent pas assez dans la balance. Trop maigre pour prétendre aux promesses d’une comédie allumée, infusée à l’action délurée.

En bref!

On voulait une comédie sauvage et une action décoiffante. À la place, c’est un parc d’attraction pour le spectateur, pour reprendre la formule de Martin Scorsese au sujet des films de super-héros. Un objet pop-coloré maladroitement écrit et à la mise en scène désarticulée. La dynamique de Robbie n’y changera rien.

2,5/5 ★

Plus d'informations sur «Birds of Prey (et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn)».

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