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Francis Ford Coppola
Données clés
Surnom
Thomas Colchart
Copposéda
Naissance
7 avril 1939 (1939-04-07) (74 ans)
Détroit, Michigan, États-Unis
Nationalité
Américaine
Profession
Réalisateur
Producteur
Scénariste
Films notables
Trilogie Le Parrain
Conversation secrète
Apocalypse Now
Outsiders
Dracula
Tetro
Francis Ford Coppola est un réalisateur, producteur et scénariste américain né le 7 avril 1939 à Détroit dans le Michigan (États-Unis).
Il a été récompensé cinq fois aux Oscars et a remporté deux fois la Palme d'or au Festival de Cannes. En dehors du monde du spectacle, Coppola est aussi vigneron, éditeur de magazine et hôtelier. Il est titulaire d'un diplôme de l'Université Hofstra où il a étudié le théâtre et a obtenu un MFA en réalisation cinématographique à l'UCLA Film School. Il est surtout connu pour la Trilogie Le Parrain et Apocalypse Now, qui dépeint avec faste la guerre du Vietnam.
Il est le père des réalisateurs Sofia et Roman Coppola, le frère de Talia Shire et l'oncle des deux acteurs Nicolas Cage et Jason Schwartzman.
Biographie [modifier]
Enfance [modifier]
Francis Ford Coppola est le fils de Carmine Coppola, originaire de Bernalda dans la région de Basilicate en Italie, le premier flûtiste de l'Orchestre symphonique de Détroit, et d'Italia son épouse. Il est le cadet de leurs trois enfants. Deux ans après sa naissance, Carmine devient premier flûtiste de l'Orchestre symphonique de la NBC et emménage avec sa famille à Long Island. C'est là que le jeune Francis passe le reste de son enfance. Souffrant de poliomyélite, il passe une grande partie de sa jeunesse alité, ce qui favorise son imagination, avec l'improvisation, à la maison, de spectacles de marionnettes. En utilisant la caméra 8 mm de son père, il fait ses tout premiers films en amateur à l'âge de 10 ans. Après le lycée, il part étudier le théâtre à l'Université Hofstra. Il met en scène plusieurs spectacles d'étudiants, regrettant de n'être pas doué pour l'écriture dramatique. En assistant à une projection d'Octobre, d'Eisenstein, il décide d'abandonner le théâtre pour le cinéma. Il s'inscrit à la MFA en réalisation de l'école UCLA Film School où il rencontre Jim Morrison dont la musique, comme d'autres morceaux emblématiques de l'époque, sera plus tard intégrée à la bande originale de son célèbre film Apocalypse Now.
Débuts [modifier]
Au début des années 1960, il débute sa carrière en faisant des films à petit budget sous la houlette de Roger Corman, puis en étant crédité du scénario de quelques grosses productions internationales telles Paris brûle-t-il ? de René Clément. Sa première œuvre notable, comme réalisateur, remonte à l'ère de ses collaborations avec Corman : Dementia 13. Après son diplôme de fin d'études obtenu grâce à la réalisation de Big Boy, Coppola se voit offrir les rênes de l'adaptation cinématographique de la comédie musicale de Broadway Finian's Rainbow, mettant en vedette Petula Clark dans son premier film américain au côté du vétéran Fred Astaire.
Le producteur Jack Warner, rendu perplexe par l'allure hirsute du cinéaste, le laisse livré à lui-même et limite le budget de production. Coppola emmène sa distribution à Napa Valley pour tourner les séquences d'extérieur. Ces scènes tranchent radicalement avec les attentes des studios hollywoodiens. Traiter un genre démodé comme la comédie musicale est d'une grande complexité à l'époque. Le résultat est une semi-réussite, mais le travail de Coppola avec Clark contribue sans doute à crédibiliser l'incursion de la chanteuse dans le monde du cinéma. Durant cette période, Coppola habite temporairement avec son épouse et sa famille à Mandeville Canyon à Brentwood (Californie).
Aventures avec George Lucas [modifier]
En 1969, il fonde avec son ami George Lucas les studios American Zoetrope, basés à San Francisco. Le studio produit alors le THX 1138 de ce même Lucas, dont l'échec ruine les ambitions de Coppola. Contraint d'accepter une commande de studio, il réalise Le Parrain d'après le roman éponyme de Mario Puzo. Le gigantesque succès de cette superproduction dont la cheville ouvrière est le producteur Robert Evans, ramène le cinéaste à l'indépendance et ressuscite ses rêves de conquête d'Hollywood.
Triomphe des deux premiers Parrains [modifier]
En 1971, Coppola gagne un Oscar pour le scénario de Patton, film biographique sur le Général George Patton, réalisé par Franklin J. Schaffner. Cependant, sa réputation de grand cinéaste n'est reconnue qu'après avoir coécrit le scénario et réalisé les deux premiers volets de la grande saga sur la mafia italo-américaine : Le Parrain (1972) et Le Parrain - 2 partie (1974). Les deux œuvres sont récompensées par l'Oscar du meilleur film, devenant ainsi les premiers, et pour l'instant encore les seuls films à suite à en être les détenteurs. Le Parrain - 2 partie lui vaut également l'Oscar du meilleur réalisateur perdu pour l'opus précédent et ravi au favori Roman Polanski, en lice avec Chinatown.
Conversation secrète [modifier]
Entre les deux Parrain, Coppola prend le temps d'écrire et de mettre en scène un film d'espionnage au style plus personnel : Conversation secrète qui conte l'histoire d'un couple dont l'homme est soupçonné d'être impliqué dans un meurtre et qui est mis sur écoute par un expert en surveillance joué par Gene Hackman. Le film, sorti en salles en 1974, marque largement son époque puisqu'il est contemporain de l'affaire du Watergate. Conversation secrète se voit nommé dans la catégorie "meilleur film" aux Oscars en 1975, ce qui fait de Coppola le premier cinéaste et l'un des deux seuls (avec Steven Soderbergh, 26 ans plus tard) à avoir réalisé deux films concourant dans cette catégorie la même année. Juste avant que Le Parrain - 2 partie ne triomphe à la cérémonie des Oscars en raflant six statuettes et doublant le record du premier volet, Conversation secrète obtient la Palme d'or au Festival de Cannes 1974.
Échecs [modifier]
Pendant cette période il écrit le scénario de l'infructueux succès critique et commercial Gatsby le Magnifique d'après le roman éponyme de F. Scott Fitzgerald, mettant en vedette Mia Farrow et Robert Redford. Il produit également le film de George Lucas, THX 1138. Aussi, Coppola investit-il à ce moment-là dans le City Magazine de San Francisco dont il s'autoproclame rédacteur en chef, engageant un tout nouveau personnel, y compris la fille d'un criminel : l'écrivain Susan Berman, fille de David Berman. Bien qu'acclamée dans le milieu de la presse, l'affaire périclite rapidement. Le dernier numéro est publié en 1976.
Apocalypse Now [modifier]
Après ces échecs, Coppola goûte à l'autre plus gros succès critique et public de sa carrière avec Apocalypse Now. Il a travaillé durant cinq ans pour élaborer un premier scénario avec John Milius de ce projet de transposition dans le cadre de la guerre du Vietnam du récit Au cœur des ténèbres de Joseph Conrad. À l'origine, Lucas devait mettre en scène le film. Cependant, celui-ci préfère s'atteler à la réalisation de La Guerre des étoiles et Coppola reprend, sans l'en avertir, le projet « Apo » ce qui brouille les deux amis durant plusieurs années. Le film fait l'objet d'une production démentielle au cœur de la jungle des Philippines, engloutissant plus de 30 millions de dollars d'un budget initialement fixé à 16 millions, s'étalant sur 18 mois de tournage et nécessitant l'impression de plusieurs dizaines de kilomètres de pellicule.
Le dictateur Marcos accorde son soutien à la production, prêtant ses hélicoptères et ses avions de chasse destinés à la traque des rebelles. Les appareils sont visibles dans la célèbre séquence du bombardement d'un village sur l'air de la Chevauchée des Walkyries de l'opéra Die Walküre de Richard Wagner. À la base, le rôle de Willard est attribué à Harvey Keitel avec lequel Coppola commence le tournage. Mais suite à plusieurs différends, Keitel est remercié au profit de Martin Sheen. Les catastrophes s'enchaînent sur le plateau : un typhon ravage le décor, Sheen est victime d'une crise cardiaque et Marlon Brando, qui avait promis de perdre du poids, débarque sur le tournage obèse, sous la dépendance de stupéfiants et en ayant à peine lu le script. La star ignore totalement son texte. Effrayé à l'idée de devoir interrompre son travail, Coppola dissimule l'état de santé de son acteur principal aux producteurs. Il fait d'ailleurs venir son frère des États-Unis durant sa convalescence afin d'en faire une doublure pour des plans de dos. Il décide aussi de filmer Brando dans la pénombre et en fait un personnage à la limite du visible. À la fin de l'année 1976, Coppola fait un premier retour aux États-Unis avec des centaines d'heures d'images qui s'avèrent être totalement inutilisables.
Dépassé et happé par la démesure de son entreprise et la mission démiurgique de son ouvrage, Coppola se drogue et est sujet à des crises mystiques, s'identifiant aux causes des tribus locales. Il perd 40 kilos, sombre pratiquement dans la folie et tente de mettre fin à ses jours. Devenu mégalomane, irascible et paranoïaque, il remodèle chaque semaine l'équipe de tournage au gré de son humeur. À cette époque, il s'adonne à des dépenses somptuaires et engloutit près de 150 000 dollars par jour pour assouvir ses lubies, se faisant livrer des centaines de steaks congelés des États-Unis, du champagne et plusieurs produits de luxe. Il réclame aussi la construction d'une piscine derrière la propriété qu'il loue. À bout de force, l'équipe organise plusieurs révoltes et mutineries à l'encontre du metteur en scène. Quand Coppola boucle finalement le tournage et rentre définitivement aux États-Unis, il est accompagné de 250 heures d'images. Alors que le calvaire du tournage est terminé, la production se retrouve avec des centaines d'heures d'images à traiter et aucune des premières versions du film ne convient au réalisateur. L'équipe du montage est mise à rude épreuve et Coppola reste vague quant à la vision parfaite de son film. Le chef-monteur, Dennis Jakob, perd presque la raison et menace de brûler les kilomètres de bandes. Le montage « Work-In-Progress » d'Apocalypse Now est finalement prêt pour 1978. Il est à peu près semblable à celui de la version « Redux », à l'exception de la scène dans la plantation française où le héros connaît une brève histoire avec une fille d'anciens colons d'Indochine qu'interprète Aurore Clément. D'autres séquences, encore jamais vues à ce jour, montrent Willard coucher avec une playmate qui lui tire des cartes de tarot. L'aventure du tournage fera l'objet en 1991 d'un documentaire, Au cœur des ténèbres, réalisé par Fax Bahr et George Hickenlooper. Il intègre de nombreuses séquences et images d'archives tournées à l'époque par Eleanor Coppola. Après trois ans de préparation, le film sort en salles en 1979. Cette odyssée dans l'horreur guerrière et le trip mystique, d'une puissance visuelle hypnotique, inégalée dans l'œuvre du cinéaste, vaut à ce dernier une seconde Palme d'or cannoise, partagée cette fois-ci avec l'Allemand Volker Schlöndorff pour Le Tambour, une autre grande adaptation littéraire.
Tumulte des années 1980 et 1990 [modifier]
Même si la production avec Lucas d'œuvres de cinéastes tels qu'Akira Kurosawa pour Kagemusha, l'ombre du guerrier s'avère lucrative, Coppola doit faire face à de nouveaux revers financiers. Coup de cœur (1982) et Cotton Club (1984) sont des désastres commerciaux. Le budget de Cotton Club était à l'époque le plus élevé de l'histoire du cinéma : pression qui l'opposa d'ailleurs juridiquement au producteur Robert Evans qu'il voulait interdire de présence sur le plateau. Ces deux échecs successifs achèvent ses ambitions. Criblé de dettes, Coppola est alors obligé de tourner des « films de commande » tels que Captain Eo avec Michael Jackson, réalisé en 3D pour les parcs d'attraction Disney, un des sketchs du film New York Stories, Le Parrain, 3 partie, Dracula ou encore Jack. Il doit désormais se contenter d'une activité de producteur : il finance notamment le premier film de sa fille Sofia, Virgin Suicides (1999), ainsi que Frankenstein (1994) de Kenneth Brannagh et Sleepy Hollow (1999) de Tim Burton. Il ne renonce pas néanmoins de temps à autre à la réalisation d'œuvres personnelles comme Peggy Sue s'est mariée (1986), Tucker (1988).
Années 2000 [modifier]
En 2001, il sort la version redux de son chef d'œuvre Apocalypse Now dans un montage remanié présentant des séquences inédites, coupées en 1979.
Il continue à produire les films de sa fille : Lost in Translation (2003) ou Marie-Antoinette (2006), mais également le premier de son fils Roman : CQ (2001).
Dix ans après L'Idéaliste, il revient à la réalisation, en 2007, avec L'Homme sans âge, inspiré de la nouvelle Jeunesse sans jeunesse de Mircea Eliade. Ce retour n'est pas un succès : le film n'attire pas un public suffisant et est globalement rejeté par la critique. Il obtient 30 % au « tomatomètre » sur Rotten Tomatoes (en dessous de 60 %, le film est considéré comme « pourri ») et n'engrange que 2 380 362 dollars de recettes mondiales
En 2009, sort Tetro qui est plutôt bien accueilli par la critique et les spectateurs et obtient 71 % au « tomatomètre » sur Rotten Tomatoes. Dans ce film, tourné majoritairement en noir et blanc, il livre des éléments très autobiographiques à travers le personnage incarné par Vincent Gallo. Le film se déroule en Argentine où il a été tourné en partie en langue espagnole.
Il est le président d'honneur du 37 Festival du cinéma américain de Deauville en septembre 2011. La même année, il réalise Twixt, un film d'horreur avec Val Kilmer et Elle Fanning. Le film n'est projetté que dans quelques festivals comme Toronto et Turin, avant de sortir dans quelques pays en 2012.
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