Scream VI Etats-Unis 2023 – 126min.

Critique du film

Ghostface dans la Grosse Pomme

Christopher  Diekhaus
Critique du film: Christopher Diekhaus

En 2022, Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett relevaient un défi de taille en marchant dans les pas du regretté Wes Craven, décédé en 2015. Ils présentaient ainsi Scream, nouveau volet de la cultissime saga de slashers débutée en 1996. Aujourd’hui, ils collaborent de nouveau pour réaliser ce sixième chapitre qui, malgré quelques défauts, tient ses promesses d’horreur.

Suite à une nouvelle série de meurtres dans la petite ville de Woodsboro en Californie, les sœurs Sam (Melissa Barrera) et Tara (une impressionnante Jenna Ortega) et leurs amis, les jumeaux Mindy (Jasmin Savoy Brown) et Chad (Mason Gooding), partent pour New York afin de tourner la page. Mais un nouveau personnage, caché sous le masque et la cape de Ghostface, semble être prêt à tout pour exterminer jusqu’au dernier les survivant.e.s du massacre de Woodsboro.

Dès les premières secondes du film, et un début particulièrement inventif, «Scream VI» marque des points. En effet, les deux réalisateurs mettent tout en œuvre pour mener le public en bateau et se permettent de jouer habilement avec les règles préétablies dans les volets précédents. Malheureusement, la révélation finale, avec la découverte du visage caché sous le masque du terrifiant Ghostface, ne surprendra pas autant. Et il ne sera finalement pas bien difficile de deviner les grandes lignes de l’intrigue.

Efficacement exécutées par les cinéastes Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett, plusieurs scènes de course poursuite et d’homicide, accentuent une tension bien supérieure à celle du long-métrage précédent. En effet, «Scream VI» fait monter d’un cran le suspens et la brutalité de l’action. Ainsi, loin d’agir dans l’ombre, Ghostface fait ici preuve d’une détermination particulièrement malaisante et se déchaîne ouvertement dans des lieux fréquentés. De plus, le long-métrage jette un regard plutôt intéressant sur la relation des sœurs Tara et Sam, même si le drame inhérent à leur histoire aurait gagné à être plus approfondi. Et si, sans grandes surprises, nous retrouverons de nombreux commentaires aux parfums méta, certains manqueront, malheureusement, un peu d’esprit et de finesse.

(Traduit de l’allemand)

20.03.2023

3.5

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Commentaires

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CineFiliK

il y a 1 an

“Vol Sidney-New York”

Un an après une nouvelle tuerie, les sœurs Carpenter ont quitté Woodsboro pour New York, en espérant y trouver la sérénité de l’anonymat. Mais Ghostface, jamais bien loin, refait rapidement surface.

Une blonde accoudée dans un bar attend inquiète un prétendant en retard, certainement rencontré sur une application. Son téléphone sonne et la mélodie pour un meurtre, si usée soit-elle, recommence. « Quel est ton film d’horreur préféré ? », en précisant que Miss America donne comme par hasard un cours universitaire sur les « slashers ». N’ayant visiblement pas saisi les règles de base du genre, la brebis égarée se retrouve seule dans une ruelle noire avant que la pointe d’un couteau acéré ne charcute son corps et son visage refait. Cela commence très mal jusqu’à ce que le tueur enlève son fameux masque et se révèle. Une révolution qui transformerait le sixième opus de la série ou, pour être plus correct, de la franchise en un épisode de Columbo ? L’audace est limitée puisque l’assassin amateur sera la prochaine victime.

Quoi de neuf alors dans l’univers de Scream ? Plat réchauffé au micro-ondes, le chapitre précédent, servi par les mêmes réalisateurs, rendait un hommage appuyé et sans inventivité au bébé de Wes Craven. Pour redonner de l’intérêt à la commande, le duo se débarrasse de Sidney Prescott, jugée trop chère, et troque la petite ville de banlieue pour la Grosse Pomme. Un changement de décor et d’héroïne plutôt salutaire, mais mal exploité. Sans ses airs de Kim Kardashian, Melissa Barrera serait encore plus trouble. Et si ce n’est une scène sanglante dans le métro new-yorkais, l’indifférence de la mégalopole surpeuplée aurait pu apparaître davantage. Quelques audaces certes, mais une volonté farouche de ne pas changer les codes. Ainsi, se multiplient suspects, morts et résurrections irrationnelles. Le tout emballé dans une ambiance méta vieillissante qui laissera les novices sur le carreau. On s’évertue à tenter de désigner le ou les coupables avant l’assaut final, en sachant que le mobile affiché ne peut être qu’insensé. Si l’on constate du mieux, le miracle n’a pas eu lieu. Une salle de cinéma d’époque a beau servir de sanctuaire ici, le produit demeure industriel. Comme le crie dès le début le fantôme : « On se fout du film ! »

(6/10)Voir plus

Dernière modification il y a 1 an


cinedude

il y a 1 an

En tant que fan de la saga, le film est assez bien dans l'ensemble. Ils jouent de façon intelligente avec les "règles" établies dans les précédents volets. Toutefois, le concept reste le même et un sixième film n'était pas indispensable.


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