Alors on danse France 2021 – 105min.

Critique du film

Trois petits tours et puis s'en vont

Critique du film: Maxime Maynard

Après Chacun chez soi, sorti en juin dernier, Michèle Laroque - réalisatrice, co-scénariste et actrice principale - revient avec Alors on danse une nouvelle comédie sans prétention, mais encombrée de bons sentiments. Un film librement inspiré du long métrage britannique Finding your feet sortie en 2017.

Régulièrement présente sur les écrans depuis le début des années 80, Michèle Laroque se lance dans la réalisation en 2018 avec Brillantissime. Dans son troisième film, l’actrice aux multiples casquettes, souhaite offrir une comédie légère et optimiste. Le public ciblé : sa propre génération et ses affluents. Dans une société obnubilée par le culte de la jeunesse, son intention est louable. Car l’âge n’omet en rien le besoin d’une vie sociale, sexuelle et sentimentale. Une telle thématique ne devrait plus surprendre en 2022, pourtant, elle reste rare.

Mais une bonne idée n’est en rien une finalité. La fameuse distribution s’empêtre dans une accumulation de stéréotypes et de bons sentiments pouvant écœurer les plus robustes. Car si les retrouvailles de deux sœurs que tout oppose promettent de bons moments, il s’en dégage un parfum de déjà-vu d’une intensité maladive. Cependant, Isabelle Nanty réussit, comme toujours, à transformer à sa façon les moments les plus anodins. L’extrapolation des grandes exclamations anarchistes de son personnage aurait pu tomber à plat, mais trouve, grâce à elle, une vraie énergie comique.

Une aura de sympathie émane des têtes d’affiche. Michèle Laroque et Isabelle Nanty sont rejointes par Patrick Timsit, Thierry Lhermite. L’amitié de ce quatuor grisonnant, à la vie comme à l’écran, est manifeste, mais perd de son panache dès l’apparition d’une romance boiteuse. Car si une réelle affection se ressent entre les personnages, elle n’en semble pas moins purement platonique par la pudeur qui en émerge. Le public se trouvera dubitatif devant l’élaboration forcée de ces couples insolites.

Les baby boomers accueilleront à bras ouvert un ensemble de musiques au parfum de nostalgie. Des airs intemporels pourront faire danser. La danse, sujet central du long métrage, ne semble pourtant pas être traitée à sa juste valeur. Si une réelle bonne humeur émane d’une ou deux chorégraphies explosives, la plupart restent ennuyeuses, limitées au minimum. Ainsi, des cours de danse expéditifs n’éveilleront que peu d’intérêt. Pour un film au titre si évocateur, c’est une déception.

Attention donc au public visé. Une plus jeune génération pourra trouver l’œuvre à la limite de la mièvrerie. Mais la sincérité du travail de Michèle Laroque saura toucher son public et arrachera quelques sourires. Alors on danse reste une œuvre optimiste qui se fera vite oubliée.

23.03.2022

2.5

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Commentaires

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Michael

il y a 8 mois

Rarement vu un film aussi niais et au scénario aussi prévisible. Seul Patrick Timsit sort du lot. Michèle Laroque est dans la récitation genre stand up. Décevant !


Eric2017

il y a 8 mois

Vu en avant-première à Lausanne. Que dire ! C'est un film français "gentil" où seule Isabelle Nanty sort son épingle du jeu. Mais c'est aussi le seul rôle intéressant. Timsit que l'on voit trop rarement interprète très bien le gentil-écorché de la vie, mais bon on connait.. Quant à Lhermitte il passe presque inaperçu tant son dialogue et pauvre et où les scènes qu'il doit jouer ne demandent aucune prestation. Et puis il y a Laroque, fidèle à Elle-même. Elle qui nous a tous plu au théâtre avec Palmade et qui dans son film fait du copié-collé en femme trompée.... (F-1er.03.22)Voir plus


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