Irréductible France 2021 – 85min.

Critique du film

L’égo du gaulois

Théo Metais
Critique du film: Théo Metais

Sorte de comédie satirique sur les institutions, le pitre Jérôme Commandeur s’offre un quasi seul en scène pour s’amuser du fonctionnariat.

Jérôme Commandeur ne s’y est pas trompé et il est vrai que le vaste univers de la fonction publique se prête volontiers à quelques quolibets. Réalisateur, et acteur, il incarne ici ce coq en pâte du service des Eaux et Forêts de Limoges, bien au chaud de son paradis municipal et de son jardin aux multiples alinéas. Mais un jour le vent tourne, et le calife n’est plus. Il envisage un temps d’épouser sa compagne pour échapper à la restructuration du ministère, mais le monde est ainsi fait que rien n’épargne les célibataires. Au diable les 16 ans de boutique, il faut déguerpir !

Un temps employé de musée, de prison, d’un camp de migrants, puis d‘un centre de recherche au Groenland ; le bougre persiste et refuse les milliers d’euros qui s’accumulent sur son chèque et s’embarque dans une petite lutte, épaulé par un syndicaliste ferroviaire incarné par Christian Clavier, espérant retrouver un jour, ses privilèges d’antan. L’homme est arrogant, misogyne, cynique et Jérôme Commandeur l’incarne à merveille. Mais après le très dispensable Ma famille t'adore déjà (2016), Commandeur dévoile une version francisée de la comédie italienne à succès Quo Vado? (2016) et révèle finalement une farce sur le fonctionnariat tout aussi oubliable.

Clin d’oeil à Astérix et à ses irréductibles gaulois, il y aura certainement aussi la volonté de rendre hommage à la magie des comédies de Francis Weber, or dans le sillage de ses pitreries, Irréductible révèle une anthologie de gags graveleux, régressifs, irrévérencieux (comprenez en dessous la ceinture) et surtout insignifiants. Une posture désinvolte bien curieuse alors que le film ne manque pas quelques observations intéressantes, lesquelles nous rappellent que l’humour aurait pu se trouver un autre cheval de bataille ; plutôt que de sur-appuyer la fascination d’un peuple autochtone pour le récit d’un homme de la métropole, ou la blague de celui ou celle qui masturbe un ours polaire et qui pourrait y prendre goût.

Fort de son succès au Festival de l'Alpe d'Huez, certainement qu’Irréductible fonctionnera auprès d’un public déjà acquis à sa cause, et les autres pourront profiter de quelques rôles secondaires sympathiques : Valérie Lemercier, Gérard Darmon. Du reste, l’arrogance du personnage fonctionnera un temps, mais l'ensemble s’apparente à un bon gros saut de blagues, plus qu’à une comédie irrévérencieuse sur l’irrévérence des français.

28.06.2022

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Commentaires

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CineFiliK

il y a 18 jours

« Fonction publique »

Perdu dans la forêt amazonienne avec son guide chauffeur et traducteur, Vincent Peltier se fait enlever par une tribu indigène qui décidera de son sort. S’ils jugent l’homme malhonnête, une mort terrible s’ensuivra. Pour sa défense, Vincent se met à leur raconter son histoire et pourquoi il en est là.

A la question sur ce qu’il voudrait faire plus tard, le petit garçon répond sans hésiter : « Je veux beaucoup de temps libre et avoir l’impression d’être en vacances, même quand je travaille ». Il deviendra donc fonctionnaire comme son père. Une vie pépère jusqu’au jour où le gouvernement décide de faire des économies en licenciant. Acculé par une inspectrice vorace et un ministre carnassier, l’irréductible s’accroche et se retrouve très loin à occuper des postes improbables.

Pour son premier film solo derrière la caméra, Jérôme Commandeur ne prend pas trop de risques et se fait plaisir. Il décalque un succès italien et s’offre un tour du monde, de la jungle équatorienne – la Réunion en réalité – au Groenland, en passant par la Suède. Il s’entoure également de têtes comiques comme Gérard Darmon, Valérie Lemercier et le désormais syndicaliste Christian Clavier pour quelques apparitions amicales. On craint vite l’avalanche de clichés sur le métier : paresse, corruption, argent facile, congés maladies, apéros entre deux pauses, impossible d’y échapper. Quant aux Scandinaves, c’est nudité, blondeur et hareng fumé au menu. Grâce à Dieu, l’autodérision est partagée et ce Français très moyen sait rire également de lui, de son pays et de ce système étatisé. Tout cela sous l’œil farfelu et bienveillant de Laetitia Dosch qui lui délègue tout naturellement la masturbation de l’ours polaire : « Je vous laisse entre hommes, car moi j’ai peur de m’attacher. »

(6/10)Voir plus

Dernière modification il y a 17 jours


Eric2017

il y a 1 mois

Vu en avant-première ce 13 juin dernier en. présence du réalisateur. Cette comédie aurait pu être tout à fait sympa. Or, il n'en est rien ! Petit scénario adapté d'une comédie italienne remodelée à la sauce française, je n'ai pratiquement pas ri et à la limite de m'ennuyer. Quant au réalisateur, il a été à l'image de son film jouant la "star" en ne se laissant pas approcher et en faisant même bloquer la sortie de la salle quelques secondes afin qu'il puisse quitter le complexe du Flon sans être importuné(C'est ce que j'en ai déduis). Peut-être devait-il prendre le train ou l'avion....! Ce qui me fais dire un grand MERCI à tous les autres comme Leconte, Annaud, Lhermitte, Laroque qui sont restés disponibles pour leur public en signant quelques autographes et en se laissant photographier (F-13.06.22)Voir plus

Dernière modification il y a 1 mois


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