Un tour chez ma fille France 2020 – 88min.

Critique du film

Femmes au bord de la crise de nerfs

Théo Metais
Critique du film: Théo Metais

Eric Lavaine signe Un tour chez ma fille, suite de la comédie Retour chez ma mère sortie en 2016. Ici Josiane Balasko rentre chez sa fille alors que les travaux de son appartement prennent du retard. L’occasion d’une ribambelle de mélodrames familiaux.

Du haut de ses quelques printemps, Jacqueline (Josiane Balasko) se sépare de son charmant voisin (Didier Flamand) alors que les tourtereaux prévoyaient d’emménager ensemble. Mais une houle indomptable au sujet des maquettes de bateaux aura raison du jeune couple et les travaux de l’appartement de Jacqueline croulent sous les retards. Le vague à l’âme et sa valise pour ultime compagnon, la voilà contrainte de séjourner quelques jours chez sa fille Carole (Mathilde Seigner) et son conjoint (Jérôme Commandeur). Une cohabitation face à la mer, les retrouvailles sembleraient idylliques, or Jacqueline s’immisce (beaucoup) dans la vie du couple déjà bien en peine.

Au cœur de l’intrigue se mêlent les travaux d’un Hercule ensommeillé, la caricature - ô combien dispensable - de l’ouvrier polonais interprété par Jean-François Cayrey, et les malversations d’un frêle cœur amoureux. L’état de grâce s’est envolé, et la mère assommée cherchera refuge chez sa fille. Or Jacqueline n’est pas de celles qui pinaillent, et c’est avec poigne, et un sens tout particulier du vivre ensemble et de la discrétion, qu’elle s’immisce dans la vie de Carole.

Alexandra Lamy s’est fait la malle depuis 2016 et Eric Lavaine surligne ici au gros feutre qui bave les stéréotypes de l’impossible relation mère-fille. La maniaque passive agressive aime user des patiences, et c’est à Mathilde Seigner de trinquer sans rechigner. Le ciel, les agrafeuses et sa mère; au milieu de l’arène, on retrouve la girouette Commandeur (piètrement comique), vibrant directeur des ventes en papeterie, qui ne sait plus où donner de la tête. Entre les thérapies de couple, l’absentéisme de son épouse et la langue fourchée de sa belle-mère, l’homme est à un poil de moustache de rendre le tablier.

Alors on rit péniblement de petites scènettes cousues de fil blanc et d’un humour didactique presque exclusivement basé sur le conflit intergénérationnel. Il y aura la fameuse réplique de la «Tourte Picard» en 2016, et la «soirée échangiste» aka «soirée troc» pour cette reprise du divertissement. Josiane Balasko est une fois encore perdue dans une matrice de technologies ubuesques et puis il faudra attendre l’apparition éclair et angélique (la seule) de Line Renaud (mère de la mère) pour celer un trio de femmes au bord de la crise de nerfs.

Un long-métrage qui confond comédie populaire et cinéma prosaïque. Dans la veine du récent Chacun chez Soi, Un tour chez ma fille sert une énième variation au tour de la famille, évidemment, la parenté et ses dysfonctionnements. Dans ce registre, on préférera la parabole offerte par la brillantissime adaptation du roman Le Discours de Fabcaro. Un divertissement dénué de beaucoup; à peine de quoi grignoter; le tandem romantique Balasko-Flamand a pourtant du charme en tomber de rideau.

17.06.2021

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Commentaires

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Eric2017

il y a 1 mois

Après RETOUR CHEZ MA MÈRE voici le deuxième volet et sans Alexandra Lamy. Et bien j'espère sincèrement que pour le cinéma français ils n'oseront pas faire le troisième ! Très vite j'ai regardé ma montre car je m'ennuyais. Certes il y a quelques bonnes répliques placées dans deux ou trois situations cocasses mais sinon ce n'est que du remplissage. Je vais rester sur le souvenir du premier volet qui lui avait au moins le mérite d'être innovant. Quant aux actrices et acteurs Balasko est pathétique, Seigner mérite beaucoup mieux, Commandeur et Lefebvre...bof. Même Line Renaud en mère de Balasko ne relève pas cette pauvre comédie française. (F-18.06.21)Voir plus


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