Minuit dans l'univers Etats-Unis 2020 – 122min.

Critique du film

Une douce brise solitaire

Sven Papaux
Critique du film: Sven Papaux

George Clooney nous propose une œuvre dans un futur proche, où les changements climatiques prennent un sens tout particulier en cette période de pandémie. Mais derrière cette œuvre tout en retenue, se dessine une ode à la solitude, aux 30 dernières minutes désarmantes de sincérité.

2 lieux bien définis: le désert arctique et l’espace; 2 bases où nous retrouvons dans l’une d’elles George Clooney, alias Augustine, grand scientifique. Dans la base spatiale se trouve une équipe de la NASA, emmenée par Sully (Felicity Jones), Adewole (David Oyolewo), Sanchez (Damian Bichir), Mitchell (Kyle Chandler) et Maya (Tiffany Boone). Pourquoi Augustine se retrouve-t-il seul? Un refus de quitter son «terrier scientifique» après qu’une mystérieuse catastrophe ait décimé l’humanité.

Comme son synopsis plutôt mystérieux, l’entrée dans Minuit dans l'univers (The Midnight Sky) est lente, symptomatique d’un monde abasourdi par l’ampleur des dégâts, tentant de se relever gentiment avec les moyens du bord. Augustine, le visage barbu et vieilli, le regard hagard, la démarche lasse, attend patiemment dans le froid, laissant ses illusions se glacer au milieu d’un désert arctique où le silence règne. George Clooney en fait une amère expérience, genre de film post-apocalyptique, basculant d’une base sur terre à l’immensité de l’espace - notre échappatoire, pour l’Humanité?



Basé sur le roman de Lily Brook-Dalton et adapté par Mark L. Smith (derrière le scénario de The Revenant), Minuit dans l'univers est une quête intérieure, plus subtile qu’elle n’y parait, par son étreinte douce et amère, alors que le monde environnant périclite. Clooney, dans la peau d’Augustine, imprime cette sensation presque élégiaque, d’une sobriété brillante par instants. Mais encore faut-il faire preuve d’une certaine patience, n’effleurant la profondeur du propos - au moins durant les 45 premières minutes - avant de progressivement convoquer les affres de la solitude.

De petits flashbacks jetés comme de vulgaires bouts de pain pour enfin former une arabesque de solitude. 

Surtout, Minuit dans l'univers offre un beau sprint final. Trêve de palabres, les quelques discours qui se mêlent aux souvenirs brûlés font naître un monologue intérieur désarmant, là, dans le silence, où la vie (simple) prend tout son sens. Une poignante et intelligente méditation sur l’avenir, mais surtout sur la solitude qu’engendre le sacrifice carriériste.

À trop se perdre dans ses recherches, à courir après une forme de perfection, l’isolement se forme comme l’univers: grand et froid, sans vie, sombre. Curieusement ce n’est pas la portée politique qui l’emporte, ni apocalyptique utilisée comme motif, mais bien la portée personnelle travaillée au corps. Une approche narrative délicate, si intense quand l’être humain est face à l’inconnu, qu’un simple compliment devient un moment rare.

22.12.2020

3.5

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CineFiliK

il y a 2 jours

“Seul sur terre”

En 2049, suite à une catastrophe écologique, le professeur Lofthouse se retrouve seul dans une station scientifique du cercle arctique. Malade, il cherche à établir le contact avec d’éventuels survivants, dont le vaisseau Aether qui s’apprête à revenir sur terre après une mission de 2 ans.

Faciès de Père Noël, George Clooney s’apprête à jouer les ermites survivants dans un décor blanc et glacé. En parallèle, l’équipe d’astronautes perdue dans l’espace vit son aventure interstellaire avec « gravité ». Dissocié, le film peine à trouver un équilibre avant que le contact entre les deux univers ne soit enfin rétabli. Mais d’autres sont passés par là avant lui. Dans l’ombre intimidante des Iñárritu, Cuarón, Scott ou Nolan, la navette du docteur Ross ne décolle jamais vraiment, planant à une hauteur honnête sans atteindre la stratosphère émotionnelle.

(6/10)
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