The Gentlemen Etats-Unis 2020 – 93min.

Critique du film

Retour aux sources

Théo Metais
Critique du film: Théo Metais

Alors qu’il avait surpris à peu près tout le monde avec son remake d’Aladdin en 2019, Guy Ritchie entame la nouvelle décennie avec un projet plus personnel qu’il charbonne depuis déjà 10 ans. The Gentlemen ou l’histoire d’un mafioso grandeur nature, pontife de la marihuana britannique qui décide de revendre ses activités à un milliardaire. Un retour aux sources pour le réalisateur britannique porté par la maestria évidente de son duo de tête: Matthew McConaughey et Hugh Grant.

Petite frappe très Guy Ritchie, Michael (Matthew McConaughey) a fait ses marques dans les salons de la haute bourgeoisie britannique, un pochon dans la poche, puis deux, puis trois, loi des séries oblige, le business a pris du grade. Seulement les années sont passées, Michael est devenu le roi de la jungle, une pointure technologique et lucrative à la pointe du commerce d’herbe, et il est l’heure de fermer boutique. Pas de petite annonce, mais des contacts, surtout un milliardaire, Jeremy Strong et un prix annoncé, 400 millions de pounds. Et alors qu’ils pourraient conclure, les négociations s’annoncent épiques, celles-ci ont d’ailleurs été surveillées de près.

Guy Ritchie c’est avant tout un rythme, un phrasé; ici Hugh Grant se fait maître de cérémonie alors qu’il tente de faire trembler le calife de la marihuana britannique. Un soir son personnage Fletcher, détective véreux en mal de scoop, rend visite à Ray (Charlie Hunnam) l’homme de main du baron de la drogue Michael (Matthew McConaughey), pour lui conter, avec une théâtralité hilare, le «comment on en est arrivé là!». Sorte d’incipit d’un genre fin d’enquête à la Hercule Poirot, l’histoire nous est déroulée à l’envers, dès lors Guy Ritchie signe un rollercoaster scénaristique narré par Hugh Grant et dont Matthew McConaughey se fait le héros malgré-lui.

Alors qu’il tente de vendre pour une somme colossale son commerce de marihuana à un milliardaire, interprété par l’excellent Jeremy Strong, à la cour du roi s‘organise un jeu de dupes et de faux-semblants pour enrayer les activités et faire descendre les enchères; pas sûr en effet que les 400 millions de pounds soient du goût de tout le monde, le business est pourtant florissant. Et lorsqu’un clip musical tourné dans l’une de ses «fermes» secrètes se retrouve dans les top trends sur internet, c’est tout son réseau de plantation qui perd en valeur marchande. Il convient alors de renégocier le prix et de déceler le vrai du faux: qui est la taupe, d’où vient la fuite. Le tout nous embarque dans les arcanes du trafic britannique aux mains des puissants.

À ce petit jeu, Guy Ritchie signe un film choral d’une étonnante richesse scénaristique porté par les performances, et les dialogues efficaces de Matthew McConaughey, Michelle Dockery Hugh Grant, Colin Farrell (bien plus inspiré que chez Tim Burton), et Jeremy Strong; seul, peut-être, Charlie Hunnam restera en surface par manque de dramaturgie. Loin du miracle, si l’histoire de The Gentlemen peut fasciner c’est surtout d’avoir été découpée. Après 11 longs-métrages la maîtrise visuelle de Guy Ritchie est évidente, et il ne reste pour nous surprendre que le plaisir récréatif de découvrir comment le réalisateur a câblé son intrigue. Pour le reste, The Gentlemen coche inlassablement les cases d’un genre qui lui appartient, pour le meilleur et pour le pire.

En bref!

Guy Ritchie signe un retour à ses premières amours, à la fois hilare et lourdingue, The Gentlemen a quelque chose d’indéniablement jouissif.

03.02.2020

3.5

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Commentaires

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AlmiraAna

il y a 5 mois

J'ai vraiment bien aimé ce film. Drôle, foufoque et excellents acteurs.


Eric2017

il y a 5 mois

Excellent film avec un Mc Conaughey parfait tout comme le retour de Hugh Grant. Ajoutez à cela un super Colin Farell sous la direction de Guy Ritchie et ça donne un film mafieux digne du parrain. Un peu d'humour British par ci par là et j'ai passé un excellent moment. (25.02.20)


vincenzobino

il y a 6 mois

Gorilles dans la brume
Michael est le patron du trafic de drogue londonien : un pic que l’on peut attaquer sous peine de risquer sa peau. Lorsque Ray, un jeune loup ambitieux, Farrell un vieux routard ou les chinois veulent pénétrer son empire ou le détruire, c’est à leurs risques et périls.
Le voici donc ce retour britannique contemporain de Ritchie qui après deux errances moyenâgeuses et persiques se devait de retrouver son style coup de poing. Mission accomplie.
La première séquence donne tout de suite le ton: cette plongée dans l’univers de la mari nous permettra à première vue de retrouver le style des Sherlock Holmes avec voyages dans le temps et montage exquis. Cette espèce de relecture satirique du Parrain avec une once animalière royale et un épais nuage toxico brumeux remplit parfaitement son contrat brutal satirique avec un casting explosif mené par Hunman et Grant exquis avec une préférence personnelle pour Strong prodigieux en jeune apparent innocent.
Il ne faut absolument pas chercher autre chose que du relâchement mais ce cocktail explosif est à recommander...Voir plus


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