Conjuring : Sous l'emprise du Diable Etats-Unis 2020 – 112min.

Critique du film

Les sciences occultes face à la justice

Sven Papaux
Critique du film: Sven Papaux

Après un certain nombre de spin-offs dispensables, place au 3e volet de la franchise «Conjuring», avec aux commandes Michael Chaves. Il nous évoque le Diable, rien que ça, à travers l’histoire de Arne Johnson, en 1981.

Rebelote pour les Warren. Ed (Patrick Wilson) et Lorraine (Vera Farmiga) sont aux prises avec un démon à la puissance dévastatrice. Appelés pour l’exorcisme d’un petit garçon, ils vont devoir faire face à un démon particulièrement tenace. Les forces du Mal se propagent d’un corps à l’autre, de celui du petit garçon à celui d’Arne Johnson (Ruairi O’Connor), le beau-frère. Cette fois-ci il n’est plus question d’une simple maison hantée, mais d’une affaire à l’étendue chaotique.

Après des spin-offs tout bonnement mauvais (Annabelle ou encore The Nun), la franchise originale reprend du service. Un premier volet surprenant et un second moins convaincant. Et pour le 3e, que nous réserve Michael Chaves (La Malédiction de la Dame Blanche)? Disons-le tout de suite: la chute est amorcée. Après la sophistication du premier volet, cherchant à user de l’horreur pour s’immerger dans les sciences occultes, celui-ci préfère vous servir un plateau de jumpscare. Un petit par là, un autre par-ci, encore un autre pour la forme, et voilà que Chaves, malgré sa patte et son œil, nous sert un éventail de sueurs froides artificielles.

Des fulgurances, comme cette première scène effrayante, pour enfin s’enfoncer dans une course effrénée pour briser une malédiction satanique. Rien de bien neuf sous le soleil, hormis un casting qui reste excellent. Vera Farmiga et Patrick Wilson pourraient presque devenir un couple iconique du cinéma (horrifique) contemporain, Ruairi O’Connor pourrait bien devenir un acteur d’envergure - aux faux airs de Bill Skarsgard -, et les apparitions de John Noble - ah, notre fameux Dr. Walter Bishop dans la série «Fringe» - sous les traits d’un prêtre à la retraite. Conjuring: Sous l’emprise du Diable possède une caméra élégante et des effets visuels bien pensés. Mais l’ensemble est ronflant, si convenu pour une franchise qui aurait pu sortir des sentiers obscurs. Un manque d’audace qui se noie sous un rythme étrange, comme saccadé...

L’univers «Conjuring» s’étiole, c’est un fait. Peut-être que l’intérêt se porte ailleurs, plus sur le fond que sur la forme. Alors oui, c'est un film d’horreur, mais en filigrane, il y a cette vision à travers le prisme du dogme chrétien: le divin (et la foi) face à l’occulte et le satanisme. Dans les mains d’un autre scénariste et peut-être débarrassé de l’étiquette «Conjuring», le film aurait pu prétendre à plus afin de construire un récit qui s’échafaude autour du premier plaidoyer d’un homme accusé de meurtre et qui prétexte une possession démoniaque. Convaincre le tribunal - et par conséquent le public - que les sciences occultes et le satanisme sont bien réels. Malheureusement l’horreur poussive l’emporte sur le véritable point fort du film.

10.06.2021

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