S.O.S. Fantômes: L'Héritage Canada, Etats-Unis 2020 – 124min.

Critique du film

Séquence nostalgie du côté des chasseurs de fantômes

Emma Raposo
Critique du film: Emma Raposo

En s’attaquant à la suite du film original de 1984 et de son deuxième chapitre en 1989, tous deux réalisés par son père Ivan Reitman, Jason Reitman reprend le flambeau et perpétue l’héritage familial. Les Ghostbusters reprennent du service, mais cette fois ce sont des chasseurs de fantômes d’un genre un peu différent.

Callie (Carrie Coon) est sans le sous. Avec deux enfants et un avis d’expulsion sur les épaules, elle décide de faire ses bagages et de prendre la route direction de Summerville, un patelin paumé au milieu de nulle part où elle a hérité de la ferme de son père décédé il y a peu. Elle qui n’a jamais vraiment connu son paternel, ce dernier l’ayant quitté alors qu’elle était encore très jeune, pense pouvoir retirer un peu d’argent de cette bâtisse. Mais arrivée sur place, la famille déchante. La ferme n’est qu’une épave où s’amoncellent livres, vieilleries et gadgets électroniques étranges. Mais bientôt, d’étranges phénomènes font leur apparition...

Contre toute attente, les deux enfants de Callie prennent leurs marques étonnement vite. Pendant que Trevor, l’ado, (Finn Wolfhard) commence à travailler au diner du coin après s’être amouraché d’une des jeunes employées, Phoebe, le petit génie en herbe (McKenna Grace), se lie d’amitié avec Podcast (Logan Kim), et monsieur Grooberson, un professeur un peu loufoque passionné de sismologie (Paul Rudd). Surdouée, la petite fille comprend que dans la maison de son grand-père, tout n’est pas tout à fait ordinaire. Elle plonge dans les affaires du vieil homme et découvre des choses stupéfiantes à son propos.

Retour en arrière, 37 ans pour être exact, quand, en 1984, « Ghostbusters » premier du nom faisait son entrée et plongeait les spectateurs dans un New York terrifiant, envahit de fantômes gloutons et du fameux Marshmallow géant. Qui appeliez-vous pour vous sauver ? Les Ghostbusters bien sûr ! Mais cette fois, on a troqué Bill Murray, Dan Aykroyd, Harold Ramis et Ernie Hudson pour des chasseurs de fantômes en culottes courtes. Ce nouvel opus joue à fond la carte de la nostalgie et perpétue l’héritage des précédents chapitres. Dernier opus en date de la franchise, le pendant féminin, un reboot sorti en 2016 où l’on découvrait Melissa McCarthy, Kristen Wiig, Kate McKinnon et Leslie Jones se démener avec les méchants esprits. S.O.S. Fantômes: L'Héritage, lui, n’est pas un reboot mais bel et bien une suite où les chasseurs de fantômes d’antan sont retraités ou décédés, et du sang neuf, incarné par McKenna Grace et Finn Wolfhard, prend du service.

Et justement, Jason Reitman surfe à fond sur la vague des cool kids un peu nerd en réalisant ce film hybride entre « Stranger Things » et « Les Goonies », où les gamins bidouillent leur piège à fantômes et autres machines improbables avec autant d’aisance que d’autres manipulent leurs manettes de Playstation. Et la nostalgie est accentuée par cette atmosphère rétro tout le long du film : du diner, lieu de rencontre des jeunes du coin, à la colorimétrie jaunâtre, en passant par une bande-son solidement vintage, tout est fait pour que les nouvelles et anciennes générations y trouvent leur compte. Nostalgie encore et toujours alors que S.O.S. Fantômes: L'Héritage est truffé de références à l’original, avec, cerise sur le gâteau, des cameo fabuleux et technologiquement touchants. Le film est d’ailleurs dédié à l’acteur Harold Ramis, disparu en 2014.

Réelle volonté du réalisateur de perpétuer la tradition initiée par son père tout en insufflant un vent de fraîcheur, et même s’il est plus habitué à des films à plus petit budget, mais d’un intérêt incontestable à l’image de Juno ou Tully, Reitman fils réussit à faire perdurer l’héritage « Ghostbusters » avec un certain panache. Concocté par ses soins et ceux de Gil Kenan, le scénario prend le temps de développer ses personnages dans sa première moitié, se passant d’action à proprement parler, et offre des jolis moments d’humour aidés par Paul Rudd, acteur qu’il est humainement impossible de détester. Face à lui, Carrie Coon joue une sous-partition dans le rôle de la maman célibataire et fauchée. Alors que l’actrice s’est révélée dans des rôles qui ont su mettre son talent en avant, ce rôle-là ne fera pas date dans son curriculum. Cœur du récit, la jeune McKenna Grace aperçue dans « The Handmaid’s Tale » tire son épingle du jeu. Sans être le film de l’année, S.O.S. Fantômes: L'Héritage mixe assez d’ingrédients pour se laisser regarder facilement.

30.11.2021

3.5

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Commentaires

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vincenzobino

il y a 1 mois

Coupe Spengler
De nos jours, Callie et ses deux enfants, Phoebe et Trevor sont virés de leur logement et en cherchant une future place pour vivre, pensent trouver à Summerfield, une bourgade perdue, un havre de paix. Seul hic, Collie est la fille d’Egon Spengler récemment décédé et ancien chasseur de fantômes. Certaines traces du passé sont indélébiles comme ce volcan situé non loin de la bourgade.
La voici donc cette tentative de nostalgie destinée à faire oublier l’insipide reboot de 2016. Nostalgie atteinte même si ça prend son temps.
L’ombre de Harold Ramis plane sur le film lui constituant un hommage. Je me permets de mentionner cet élément m’étant inconnu, car si comme moi vous vous êtes gousses en 1984 et aviez ressenti un sentiment de honte il y a 5 ans, vous allez être récompensés.
Il faut être patient pour cette compétition car la première heure manque de souffle, tant par le rythme que par les apparitions et la nouvelle équipe stagiaire met du temps à éclore engendrant une pénalité de rythme.
Mais la seconde heure brillante est un digne hommage à la saga initiale et particulièrement à Harold Ramis, et va faire un bien fou, avec en prime une excellente séquence au début du générique final.
Sans recevoir le trophée, cette résurrection vaut la peine d’être vue.Voir plus


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