Citoyens du monde Italie 2020 – 91min.

Critique du film

Il n’y a pas d’âge pour changer de vie

Clélia Godel
Critique du film: Clélia Godel

Citoyens du monde est le nouveau long-métrage du réalisateur italien Gianni Di Gregorio. Associé à Marco Pettenello pour l’écriture du scénario qu’il a adapté de la propre nouvelle qu’il a écrite, le cinéaste incarne également l’un des trois retraités romains qui décident du jour au lendemain de partir s’installer à l’étranger. Mais à quel prix?

Attilio, Giorgetto et le Professeur sont trois sexagénaires habitant à Rome. Leur vie de retraités n’étant pas à leur convenance, ils décident sur un coup de tête de partir vivre à l’étranger. Mais avant le grand départ, les trois amis vont devoir se mettre d’accord sur la destination: pas trop loin de l’Italie, tout en offrant des endroits dépaysants avec un climat favorable et où leur maigre retraite leur permettra de vivre décemment. Une chose est sûre, le choix s’annonce plus compliqué que prévu.

Au premier abord, Citoyens du monde laissait envisager le récit d’un palpitant périple partagé par ces trois amis qui parcourent le monde à la recherche de l’endroit parfait pour mener une paisible retraite, mais ce n’est pas le cas. La totalité du long-métrage se concentre en effet uniquement sur la préparation du voyage et sur les doutes qui vont peu à peu gagner les personnages quant à leur décision radicale. En construisant son film sur cette seule idée, le réalisateur italien ne parvient ainsi pas à éviter quelques longueurs et une certaine lassitude s’installe même au fil de l’histoire.

À l’image du rythme de vie des personnages, les scènes s’enchaînent tranquillement et ne cherchent pas à se rendre spectaculaires. Au contraire, la mise en scène préfère s’effacer pour laisser la place aux comédiens, véritables atouts du long-métrage. La triade composée d’Ennio Fantastichini, de Giorgio Colangeli et du réalisateur Gianni Di Gregorio, parvient à rendre immédiatement les personnages attachants, même si, à nouveau, le développement personnel de chacun d’entre eux a tendance à stagner.

Il manque ainsi au film un véritable discours qui aurait pu le rendre beaucoup plus mémorable. Le cinéaste en profite certes pour développer un peu la thématique de l’instinct, cette soudaine idée capable de tout bouleverser dans votre esprit et face à laquelle il est difficile de renoncer. Pour les trois protagonistes, la perspective de vie à l’étranger paraît en effet être la solution à tous leurs problèmes. Mais en exposant la situation compliquée que vivent certains retraités en Italie, Gianni Di Gregorio avait pourtant la possibilité de se diriger vers un projet plus cynique, voire même envisager une critique sociale, ce qu’il tente partiellement en introduisant le personnage d’Abu, un réfugié malien qui souhaite rejoindre le Canada. Mal exploité, Abu fait plutôt office de figuration et semble être un simple prétexte pour boucler l’intrigue principale. Au vu du sujet et du potentiel, on regrette donc que le long-métrage ne soit pas engagé sur une voie plus trépidante.

17.08.2020

2.5

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Commentaires

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Eric2017

il y a 1 mois

J'y suis retourné. C'est vraiment un très bon film dans une ambiance italienne que j'aime beaucoup.
(G-09.09.20)


Eric2017

il y a 1 mois

Sans casser la baraque, ce film apporte une certaine fraicheur, drôlerie et a beaucoup de charme. Les personnages sont attachants et touchants. C'est une très belle comédie à l'italienne. (G-30.08.20)


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