The Aeronauts Royaume-Uni, Etats-Unis 2018 – 85min.

Critique du film

Vers l'infini et l'au-delà

Théo Metais
Critique du film: Théo Metais

Eddie Redmayne et Felicity Jones se donnent la réplique à bord d’un ballon pour percer les mystères météorologiques. Le réalisateur Tom Harper, qui fut à la barre de la première saison de Peaky Blinders, revient à son 19e siècle fétiche dans une histoire vertigineuse pour faire avancer la science.

En 1862 le météorologiste et aéronaute James Glaisher (Eddie Redmayne), accompagné de la pilote Amelia Wren (Felicity Jones), s’apprêtent à défier le ciel à bord d’un ballon pour battre un record, celui d’un vol expérimental à plus de 7000 mètres d’altitude. Devant une foule abasourdie, les deux scientifiques se parent au décollage, et bientôt sous le regard vigilant de la Royal Society restée au sol, les deux aéronautes s’envolent pour une sortie d’un peu plus d’une heure hautement risquée dans l'atmosphère. Tom Harper compose un récit en temps réel.

Certes inspiré de faits réels, Tom Harper prend ici de sacrées libertés. En effet, si le 5 septembre 1862 une expédition historique dans l’atmosphère fit avancer la recherche sur l’incidence de l’altitude sur l'organisme, James Glaischer était accompagné ce jour-là de l’aéronaute britannique Henry Coxwell et le personnage de Amelia Wren, malgré la très convaincante performance de Felicity Jones, est parfaitement monté de toutes pièces; Coxwell est au passage effacé de l’histoire, et The Aeronauts manque de véracité.

De cette épopée héroïque en hautes sphères, Tom Harper nous en fait le récit en temps réel, un vol d’un peu plus d’une heure, bravant l’histoire et l’altitude (le vol est estimé à plus de 11 000 mètres), pour un film qui hésite entre l’exploit scientifique et une romance plus traditionnelle. Malgré une mise en scène vertigineuse, quelques belles envolées visuelles, et une charmante palette graphique à la Tim burton, il reste un enthousiasme froissé par la facture globale. La faute surtout à l’intrigue composée autour de l’époux d’Amelia Wren, Pierre, aéronaute disparu (interprété par Vincent Perez) qui ne cesse d'interrompre le récit.

Malgré un climax de glace suspendu à la cime du ballon (lui aussi inventé pour les besoins du récit), à la croisée des mondes entre la vie et la mort, jamais The Aeronauts n’effleure ni la puissance romanesque d’une conquête du ciel, ni une émotion quelconque, l'histoire se déroule sans accroc dans un ramdam narratif finalement assez plat. Difficile aussi pour son duo d’acteurs, pourtant impeccable, de véritablement y briller.

En bref !



Une conquête du ciel devant l'histoire qui s’effondre tant le récit se disperse d’avoir voulu trop en dire. La mise en scène, elle, vaut bien un coup d'œil.

18.02.2020

2.5

Votre note

Commentaires

Vous devez vous identifier pour déposer vos commentaires.

Login & Enregistrement

Casper73

il y a 28 jours

Embrasser le ciel

Basé sur l’exploit d’Henry Coxwell et James Glaisher, ce film très hollywoodien s’ouvre sur une scène surréaliste où une jeune amazone agrippée mains nues et cheveux au vent à une montgolfière semble faire face au spectre de la mort aux confins de l’atmosphère.
Il est parfois agréable d’être mené en montgolfière le temps d’un changement d’atmosphère. Pour nos deux héros le ciel ne limite pas leurs rêves. Fougue, douceur, réflexion et courage vont permettre à Amelia, noble aventurière, et James Glaisher scientifique désavoué de ses pairs de faire avancer la science tout en établissant un ultime record.
Le physique sera-t-il à la hauteur du mental ?
Le matériel et l’inexpérience obèreront-elles les chances de succès ?
La réponse est dans le vent.Voir plus


vincenzobino

il y a 1 mois

3.5: Plus près des étoiles
Les années 1860: Amelia Rennes, une illustre aéronaute, vient de perdre son mari Pierre. Elle embarque James, un scientifique ayant comme objectif d’étudier la pression atmosphérique depuis le ciel, pour un vol au départ de Londres. Avec un ciel plus que menaçant, l’expérience pourrait être risquée.
Les voici donc ces retrouvailles du couple Hawking pour une nouvelle expérience scientifique, celle-ci plus proche des étoiles, même si la rencontre initiale du duo les étudiaient davantage. Une belle expérience.
Les dix premières minutes vont vous déconcerter, ce qui pourrait expliquer la salle presque vide où je me trouvais : Amelia est détestable et James semble être le jeune inconscient, sans compter une introduction moderne ne respectant pas la période.
Mais sitôt le vol entamé et ses péripéties annoncées, l’empathie s’amplifie tout du long: par la véritable cause de la formation du duo, chacun ayant subi une épreuve humiliante ou traumatisante et ne semblant pas du tout faits pour s’entendre, va finalement unir à l’autre son désespoir, pour réussir cette expérience.
Par un astucieux flash-back où l’on découvre ce qui a poussé cette aventurière malgré elle et ce scientifique décrié à croire en leurs chances, notamment au cours d’une touchante allusion familiale et une danse pouvant être macabre.
Ce que l’on retient, malgré de probables imperfections scientifiques et une issue attendue et assez classique, c’est d’une part, cette fascination à aller plus haut, mais surtout la dominance humaine sur l’extraterrestre illustrée par une séquence marquante où les étoiles si proches pourraient ne pas donner d’autres vues, le tout servi par la parfaite musicalité de Price et une fabuleuse Felicity Jones.
Se laisse donc tout à fait voir...Voir plus


Autres critiques de films

Atlantique

The Invisible Life of Eurídice Gusmão

Le mystère Henri Pick

Justice League