Rocketman Royaume-Uni 2019 – 121min.

Rocketman

Critique du film

Vers l’infini et la désintox

Théo Metais
Critique du film: Théo Metais

On l’avait croisé dans Kingsman, Bruno ou encore Tommy, sur des soundtracks célèbres chez Sidney Lumet ou encore Lars von Trier, ou à la composition, entre autres l’immense Roi Lion sorti en 1994, un classique pour l’éternité. Voilà des décennies que le 7ème art et Elton John s’étreignent inlassablement ; comme une énième récompense, la 72ème édition du Festival de Cannes accueille Rocketman en Sélection Officielle hors compétition, un biopic porté par Taron Egerton.

Jeune prodige du piano, enfant béni du rock & roll londonien, Elton John (Taron Egerton) est un électron libre. Si le foyer familial empeste le formica, le vernis de la mère (Bryce Dallas Howard) et l’absence du père, c’est en tournée, en back-up, dans les bars et avec son éternel acolyte Bernie (Jamie Bell) que la légende verra le jour. Elton se prend à rêver, découvre sa sexualité et à la vingtaine, le succès atomise la vie de l’artiste. Une rock star est née, parée d’une fantaisie magistrale, envoûtée par son manager (Richard Madden). Amour, sex drug and rock & roll, physiquement et sentimentalement détruit, en route vers la désintox.

Après sa performance vocale dans Sing, les Kingsman et sa réinterprétation, par ailleurs discutable, de Robin Hood avec Jamie Foxx, Taron Egerton est un acteur hyperactif, qui manque parfois d’incarnation, mais qui déploie une armada énergétique telle que sa performance ici dans Rocketman est des plus honorables. Le 7ème art rend hommage à Elton John sous la baguette de Dexter Fletcher (Eddie the Eagle, déjà avec Taron Egerton) ; Rocketman est un biopic musical mélodramatique enchanté, pailleté, instable, imparfait, virevoltant, mais contagieux. Proche du théâtre façon Broadway, le travail à la mise en scène est d’une inventivité remarquable.

Très Elton John en somme, Rocketman se pare d’or dans chacun de ses moments dramatiques ; une mimique de Taron, une musique, un twist à la mise en scène, quelque chose de vital pour décrocher un sourire et insuffler, en dilettante, une leçon de vie au-delà d’un visuel excellent. Si Taron Egerton laissera parfois l’impression de jouer un cosplay d’Elton John, il reste une intensité à l'écran qui saura nécessairement convaincre son auditoire. Dans Rocketman Sir Elton, qui est aussi producteur, se flatte aussi un peu l’ego, jusque dans un diaporama final de quelques photos où l’on peut lire qu’Elton est sobre depuis 28 ans mais que le shopping … cela reste à soigner ; rien de bien dramatique.

Loin de rentrer au panthéon des grands biopics musicaux, Rocketman trouvera une place de choix dans le cœur des fans et des profanes. Un film lesté par les prestations trop polies de certains de ses acteurs et actrices, on pense à Bryce Dallas Howard, mais qui succède très honorablement au récent Bohemian Rhapsody et à la prestation oscarisée de Rami Malek.

En bref !

Le biopic sur la vie d’Elton John se révèle être une ode enchanteresse et touchante, boosté par la performance sur-excitée et délicate d’un Taron Egerton à son avantage.

20.05.2019

3

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Commentaires

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CineFiliK

il y a 24 jours

“Rhapsodie bohémienne”

La vie d’Elton John se distille en une comédie musicale rythmée par ses plus grands succès et ses désillusions personnelles.

« Je suis Elton Hercules John ! Je suis un alcoolique, accroc à l’héroïne et au sexe. Je suis un boulimique et un acheteur compulsif, incapable de gérer ses élans de colère ! », éructe le diable rouge aux plumes de feu qui vient enflammer une réunion de dépendants anonymes. Sommes-nous dans un purgatoire où siège le dernier jury en quête d’une confession ? L’homme aux lunettes en cœur ouvre les portes de son passé, le temps de chanter une enfance marquée par la musique et le désamour. La mère déçue et décevante affronte le père incapable de les prendre dans ses bras. « I want love » crie le gamin à l’oreille prodigieuse, capable de jouer parfaitement toute mélodie qu’il vient d’entendre. Dans cette nuit affective, une étoile est née.

Digne de Broadway, cette entrée en matière réjouissante rappelle qu’avant Elton John, il y avait Reginald Kenneth Dwight. Premiers bars, premières rencontres, changement de nom, premiers succès et du chagrin plein les yeux, la suite s’avère plus convenue. La destinée de la star évoque furieusement celle de Freddy Mercury, mise en scène à l’arrache l’an dernier par le même réalisateur. Malgré leur gloire internationale, les héros fatigués se retrouvent le plus souvent seuls au sommet d’une tour d’ivoire. La différence entre ces deux rhapsodies bohémiennes est que celle d’Elton se joue encore. « I am still standing » chante avec conviction l’acteur Egerton dans un final trop attendu et bien-pensant pour tout emporter.

6.5/10Voir plus

Dernière modification il y a 24 jours


Eric2017

il y a 27 jours

C'est une comédie musicale avec en toile de fond quelques moment de la vie d'Elton John. Taron Egerton fait une belle performance. Sinon, Drogue-Alcool-Excès-Excentricité etc... tel a été la vie d'Elton John durant de nombreuses années. Ce film est un peu ennuyeux à regarder car en finalité c'est la seule chose que l'on nous montre et que l'on va retenir. Je n'ai ressenti qu'à de brefs moments de l'émotion et j'ai eu le sentiment à la fin de ne pas en savoir plus sur ce géant de la musique. Dommage pour ce biopic. (F-30.05.19)Voir plus

Dernière modification il y a 27 jours


vincenzobino

il y a 29 jours

Piano Blind test
Fin des années 1970: Reginald Dwight participe à une cure de désintoxication et, invité à prendre la parole au sein des autres alcooliques présents, leur raconte son histoire: son enfance avec des parents le méprisant et une grand-mère seule à déceler son don musical; sa rencontre avec Bernie, parolier, son expérience avec le show-biz. Et sa confidente préférée : la coke.
7 mois après Freddie, au tour d’une autre icône d’être le sujet d’un biopic musical. Autant j’adore Elton artiste, autant Reginald ne me procure aucune empathie. Le film va dans mon sens, brillamment.
Extraordinaire séquence d’ouverture où la musique nous berce et une surprise de taille nous attend : du biopic pur auquel je m’attendais, c’est bien la musique qui prend le contrôle des opérations.
Tout du long, un exercice à quiconque connaissant Elton est proposé : sachant que les années 1970 sont la base musicale, on sait qu’on ne rencontrera ni Nikita, ni le cycle de la vie. Mais la vie, thème central du film, est remarquablement reconstituée : le film ne nous réconcilie pas avec Reginald mais adule Elton avec ses zones d’ombre et ses délires donnant lieu à de formidables séquences à réserver parfois à un public averti, et avec la bête de scène et tout fan d’Elton va vibrer au rythme de bon nombre de ses tubes. Et l’ultime mentionné nous rappelle qu’il est bien vivant.
Egerton est extraordinaire, particulièrement en Reginald. Jamie Bell est également percutant. Mais c’est bien le montage qui impressionne avec cette sensation de s’envoyer dans les airs et de planer sur cette carrière.
Du reste producteur exécutif, je pense que Elton et Reginald approuveront ce portrait.
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