Divorce Club France 2019 – 108min.

Critique du film

De l’utilité du mariage selon Michaël Youn

Théo Metais
Critique du film: Théo Metais

De l’utilité du mariage selon Michaël Youn. L’ancien agitateur du PAF revient à la réalisation avec Divorce Club, ou les pérégrinations d’un quarantenaire en pleine séparation.

Aux portes de leurs noces de bois, Ben (Arnaud Ducret) assiste à la promotion de sa compagne alors qu’elle célèbre en coulisse avec son patron (Benjamin Biolay). Et alors que les micros étaient branchés, Ben devient la risée de tous. Sur les bancs d’une thérapie de groupe pour divorcés, il retrouve une vieille connaissance, Patrick (François-Xavier Demaison), un hurluberlu richissime et Ben emménage dans son extravagante villa. Ensemble, ils fondent le «Divorce Club» et entendent bien purger leurs mariages. Bientôt rejoints par d’autres divorcés (Audrey Fleurot, Michaël Youn…), la fiesta bat son plein. Or une rencontre avec une experte en arts martiaux (Caroline Anglade) pourrait bien changer la vie de Ben.

Chez les frères Coen, Noah Baumbach, Joachim Lafosse, Xavier Legrand, Asghar Farhadi, Robert Bentonou ou même Martin Bourboulon, avec son remarqué Papa ou Maman, cinéma et divorce traversent les âges comme deux amants éternels. Cyniques, burlesques, ou tout simplement drôles, ces fables des amours déchus nous fascinent. Catharsis de nos vies d’enfants ou d’une volte à venir, les foyers s’effondrent toujours à l’aube d’une nouvelle vie et Michaël Youn ne s’y est pas trompé.

Arnaud Ducret incarne ce anti-héros de quarante ans. Agent immobilier, il n’a d’yeux que pour sa compagne et les Kool & the Gang. Une vie qui sent la mousseline. Repassé tout comme il faut, Ben est un rangé! C’est l’histoire d’un homme qui s’est oublié, et d’un couple qui s’évapore. Sur l’échelle de Jacob, il faudrait faire l’économie du couple. Alors son comparse François-Xavier Demaison se fait l’instigateur d’une nouvelle philosophie de vie, car oui, “nous ne somme pas des manchots”, dit-il, alors à quoi bon s’infliger le mariage!

Au bal des amours perdus, Divorce Club aurait pu être cette comédie estivale rafraîchissante. Michaël Youn nous avait d’ailleurs habitué à une folie douce et une écriture parfois cinglante, mais son film patauge. Étalé sur près d’1h40, Divorce Club plonge dans les stéréotypes du couple et de l’amour. Difficile de décrocher un rictus. Difficile aussi d’éprouver une quelconque empathie pour ses personnages. Pas sûr non plus que les performances d’Arnaud Ducret et François-Xavier Demaison en Gatsby ne corrigent le tir. Seule Audrey Fleurot, surnage avec une énergie dingue et ce pour notre plus grand plaisir.

“Rappelle-toi que pou faire un bon film il faut trois choses. Primo, une bonne histoire, secundo, une bonne histoire, tertio, une bonne histoire”. Les mots sont de Gabin, il y a longtemps, repris par Lino Ventura pour la télévision. Le principe est pourtant simple, le casting est à l’image de Caroline Anglade et Claudia Tagbo, impeccables dans l’excellent Tout Simplement Noir, elles se révèlent ici plus fades. Seule sur le banc des accusés, une histoire un peu ras les pâquerettes. Il y a une énergie certaine, et quelques élans visuels inspirés, comme le passage au monde d’Ikea, or la récompense est bien maigre et les vannes creuses (machine Nespresso, le sex shop…). Divorce Club est certainement (trop) facile.

10.07.2020

2

Votre note

Commentaires

Vous devez vous identifier pour déposer vos commentaires.

Login & Enregistrement

Autres critiques de films

Scoob!

Pinocchio

Un divan à Tunis

The King of Staten Island