Child's Play France, Etats-Unis 2019 – 95min.

Child's Play

Critique du film

Buddi fait pleuvoir l’humour et l’hémoglobine

Sven Papaux
Critique du film: Sven Papaux

Poupée psychopathe imaginée en 1988, très célèbre dans la culture pop, Chucky en a terrorisé plus d’un. Son reboot, dans une version modernisée et électronique, amène une jolie saveur horrifique, drapée d’un océan d’hémoglobine.

Les poupées électroniques Buddi font un tabac auprès des jeunes. La figurine pensée et créée par la firme Kaslan, dont le CEO Henry Kaslan (Tim Matheson) est présent partout, est la nouvelle idole des jeunes. Alors quand Karen (Aubrey Plaza), une mère de famille célibataire et fauchée, l’offre à son fils Andy (Gabriel Bateman), le garçon y trouve un nouvel ami. Le début d’une amitié destructrice.

Horreur et humour font bon ménage. C’est ce que c’est sûrement dit Lars Klevberg, nouvel arrivé dans la cour du cinéma horrifique. Lui qui a vu son film Polaroïd retenu « en otage » par Harvey Weinstein, peut (enfin) faire montre de son talent. En dépoussiérant le mythe Chucky, le Norvégien de 39 ans s’amuse à mélanger nostalgie et massacre infini. Les facéties meurtrières sont à leur paroxysme, comme cette invasion de drones tueurs. Klevberg érige un massacre, se complait dans une suite de meurtres qui jalonnent l’histoire. La voix de Mark Hamill innerve un plan machiavélique, donne une dimension inconfortable rien qu’en prêtant sa voix. Les différents rictus faciaux, les yeux d’un bleu hypnotique, ont de quoi vous donner la chair de poule.

Poupée aux nouvelles fonctions électroniques, avec son cloud et ses commandes tout-terrain. Difficile de passer à côté d’un petit clin d’oeil à notre société, à cette technologie qui nous entrave et accompagne notre quotidien. La revanche des robots, la vendetta de l’électronique devenue incontrôlable quand elle atterrit entre de mauvaises mains. Child’s Play : la poupée du mal trouve son équilibre entre un savoureux genre horrifique, lorgnant parfois vers la série B, jouant habilement avec l’humour - For Tupac ! -, et un climat de tension perpétuel. La poupée tueuse, incontrôlable, à la folie meurtrière infinie, annonce un déluge de violence, parfois jubilatoire. La fin raviverait même quelques souvenirs de Ça : Bill s’engouffre dans les égouts incertains et terrifiants pour vaincre Pennywise. Andy, lui, se lance dans une aventure similaire, dans le royaume de Buddi, son prétendu meilleur ami.

En bref !

Lars Klevberg déroule le tapis à Buddi. Une belle maîtrise du genre, rendant ses lettres de noblesse au premier volet de 1988. Un bel hommage, s’affranchissant de son passé pour démouler un divertissement à la fureur dévastatrice.

19.06.2019

4

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