Charlie's Angels Etats-Unis 2019 – 119min.

Critique du film

Retour timide des Charlie’s Angels

Sven Papaux
Critique du film: Sven Papaux

Déjà adaptée de la série culte à plusieurs reprises, entre 2000 et 2003, Charlie’s Angels croise à nouveau le fer avec les gros bras. Un nouveau volet réalisé par Elizabeth Banks qui s’inscrit dans la continuité des 2 précédents opus.

La sécurité, voilà un mot que les Charlie’s Angels savent sur le bout des doigts. Ces femmes fatales employées par l’agence Townsend - et guidées par Bosley, un intermédiaire - assurent une protection de clients privilégiés. Dossiers brûlants et situations parfois complexes à gérer, elles sont tout simplement hors du commun. Dorénavant, l’Agence s’est étendue à l’international. Cette fois-ci, les drôles de dames vont tenter de protéger une jeune scientifique, Elena Houghin (Naomi Scott), capable de manier Callisto, un Rubik’s Cube mortel.

En l’an 2000, le trio Drew Barrymore, Cameron Diaz et Lucy Liu dépoussiérait la série culte des années 70. Un bon coup de balais pour polir l’écrin pop-féministe. En 2019, à l’époque de #MeToo, ces dames sont plus fortes, plus courageuses, plus fortes en tout. La première séquence le rappelle rapidement, quand Sabina (Kristen Stewart) s’amuse à martyriser un petit dealeur avec classe et élégance; une chorégraphie si sensuelle que la victime elle-même ne peut se résigner à la laisser partir, les yeux en forme de coeur. Stewart, coiffée d’une perruque blonde peroxydée, en est magnétique dans une première séquence plutôt bonne augurant de bonnes choses. Espoir de courte durée.

Là où le bât blesse, c’est avant tout dans sa posture trop empesée, dans ce sentiment d’en faire un divertissement ultra énergique sans grande consistance. Elizabeth Banks en maîtresse de cérémonie - réalisatrice et dans la peau de Bosley, responsable des angels - accuse le coup rapidement quand il faut amener un peu d’équilibre dans son trio infernal. Outre Stewart dans un rôle qui lui colle à la peau, tant rebelle que fragile, Naomi Scott et Ella Balinska, les deux autres membres, sont légèrement en deçà des attentes. Aussi, le scénario offre des surprises de mauvais goût, quand les Sabina et Jane (Ella Balinska) débarque dans une grande soirée branchée donnée par l’un des méchants, Alexander Brock (Sam Clafin), en dansant de manière inattendue, n’ayant strictement aucun intérêt pour le film.

Certes Banks souhaite montrer une vision pop-féministe à l’action fluide et ébouriffante. Mais à force, le film en devient une caricature pop édulcorée, manquant terriblement de style. Comme un air recyclé d’action-comédie périmée. L’esprit des films précédents n’est pas le même, loin d’embrasser la même légèreté, la même pêche. Ce trio fait défaut, tout comme sa mise en scène linéaire et coupable d’un manque évident d’originalité. Le retour en arrière, visitant l’héritage des anciennes gloires de l’Agence - à travers une penderie, par exemple - tente de raviver les bons souvenirs pour adoucir les moeurs. On pourrait presque croire à l’aveu de faiblesse.

En bref!

Une formule sans véritable imagination et flirtant avec la caricature. De Berlin à Londres, en passant par Istanbul, Charlie’s Angels est une visite guidée bien terne, où 3 femmes sont habillées telles des gravures de mode pour botter les fesses aux méchants garçons. Un métrage sans charisme et originalité.

24.12.2019

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Commentaires

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Eric2017

il y a 8 mois

J'y suis allé sans grande conviction, et ce fut une bonne surprise. Un scénario simple mais efficace. Mais voilà que reste-t-il de l'âme de la série, pas grand chose il faut le dire. (F-05.01.20)


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