Aladdin Etats-Unis 2019 – 128min.

Aladdin

Critique du film

Un remake nostalgique mais sans génie

Prescilia Correnti
Critique du film: Prescilia Correnti

Aladdin c’est avant tout le dessin animé produit par Walt Disney, réalisé par Ron Clements et John Musker, sorti en 1992. À coups de « rêve bleu », « prince Alibaba » et autres musiques cultes, Aladdin s’est imposé comme l’un des classiques de notre enfance. Alors, lorsque la Maison aux grandes oreilles a annoncé vouloir en faire un remake en live-action, le doute et l’incertitude étaient de rigueur. Guy Ritchie aura-t-il exaucé nos souhaits ?

Aladdin (Mena Massoud) est un orphelin, sans-le-sou, qui arpente chaque jour les rues de la cité d’Agrabah à la recherche de nourriture et d’argent aux côtés de son fidèle compagnon Appu. Lors de ses aventures, le prince des voleurs fait la rencontre de la jolie princesse du royaume (Naomi Scott). Le coup de foudre est immédiat pour les deux tourtereaux mais de nombreuses embûches et mésaventures se mettront en travers de leur chemin.

Entre fantasme et réalité, la frontière est parfois difficile à franchir et le mauvais goût vite atteint. Lorsque les premières bandes-annonces ont commencé à sortir sur le Aladdin de Guy Ritchie, on doutait très clairement de la capacité de Will Smith à enfiler le bleu de travail et faire honneur au feu et aimé Robin Williams, lui qui incarnait le génie dans la version originelle de 1992. Force est de constater que le réalisateur du Roi Arthur : la légende du roi Arthur réussit plutôt brillamment son pari d’adaptation. Entre une séquence d’introduction léchée, et filmée en plan séquence comme il en a le secret, on se prête finalement à rire et à chanter les nuits d’Arabie. On rêve en bleu et en couleurs face à ce joli conte réadapté. Et c’est bien d’une réadaptation et non d’une adaptation pure et dure dont nous parlons ici.

Entre la réécriture du personnage joué par Will Smith, correspondant à la personnalité de l’acteur (le protagoniste est dès le commencement du film mit bien plus en avant que dans le dessin animé de 1992), en passant par le féminisme accentué de Jasmine, incarnée par Naomi Scott, ou encore le personnage de Jafar, complètement métamorphosé bien que trop surjoué par son interprète Marwan Kenzari constamment dans l’extrapolation, Aladdin façon Ritchie sera une belle surprise. Que dire d’ailleurs de sa star principale ? Mena Massoud qui campe Aladdin aura sans doute un peu plus de mal à trouver sa place. Malgré tout, Disney a les moyens de financer son film, et ça se ressent dans la mise en scène et les effets spéciaux titanesques. Finalement, entre séquences inédites, nouvelles chansons, reprises originales et séquences copiées au long-métrage de 1992, Aladdin se révèle être un savant mélange entre remake et adaptation.

En bref !

Aladdin surprend à plusieurs moments. Le film est comme un bonbon acidulé qui pétille en bouche lorsqu’on en arrive au cœur et dont le goût se dissipe petit à petit. Tout ça pour dire que le mise en bouche était bien sympa, mais maintenant on attend le Roi Lion de Jon Favreau.

23.05.2019

3.5

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Commentaires

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Eric2017

il y a 19 jours

Vu en VF et je conseille vraiment d'aller le voir en VO surtout pour les chants. La synchronisation des voix est tellement mauvaise que ça nuit au film. A part ça il ne m'a fait rêvé comme le dessin animé. (F-27.5.19)


CineFiliK

il y a 22 jours

“Ce rêve creux”

Voleur au cœur pur, Aladdin sauve du pétrin la belle Jasmine, princesse incognito. Pour la séduire, il aura néanmoins besoin des lumières d’une lampe.

L’histoire est connue, énième épisode de la transposition mercantile d’un classique Disney en prises de vues réelles. Si Tim Burton parvenait dans son Dumbo à desserrer un tant soit peu le carcan solide de la firme en imposant sa patte gothique, Guy Ritchie demeure engoncé dans le modèle d’origine. Ses rares ajouts musicaux et écarts bollywoodiens ne convainquent pas non plus.

Il y avait pourtant quelque espoir en découvrant la caverne à tête de lion plus effrayante que dans le dessin animé. Rajah le tigre et le tapis volant réussissent également leur métamorphose. Le reste de la distribution ne fait que perdre en magie. Dans des décors kitsch et numériques, les héros sont fades, malgré les élans féministes plus marqués de Jasmine. Quant à leurs fidèles compagnons, singe et perroquet ont perdu tout leur humour. Quid enfin de Will Smith ? Plus très « fresh », le prince déçoit par une performance sage et terne. Pas de quoi faire oublier le génie Robin Williams. Les rêves bleus ont aussi une fin.

5/10Voir plus

Dernière modification il y a 21 jours


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