1917 Royaume-Uni, Etats-Unis 2019 – 119min.

1917

Critique du film

Percée hallucinante à travers les tranchées.

Sven Papaux
Critique du film: Sven Papaux

Sam Mendes s’essaie au film de guerre. Avec 1917, le cinéaste anglais trouve un terrain de jeu pour asseoir un peu plus son talent et sa maîtrise du cadre. Une immersion magistrale (déjà) récompensée par un Golden Globe.

La Première Guerre Mondiale, un 6 avril 1917. Schofield (George MacKay) et Blake (Dean-Charles Chapman), deux jeunes soldats, sont appelés à remplir une mission de la plus haute importance: apporter un message pour stopper une attaque dévastatrice et la mort de plus de 1600 soldats. Une course contre-la-montre, à travers un no man’s land et les champs de bataille.

Fureur parmi les corps, les balles, course contre le temps pour éviter la mort d’un bataillon entier. La percée imaginée par Sam Mendes et inspirée des récits de son grand-père vous désarme d’un simple plan. Découpé en plusieurs longs plans pour donner cette impression de voir un seul plan séquence, 1917 donne cette même impression d’un Birdman en matière de technique.

La Première Guerre, après avoir réalisé Jarhead (2006), Sam Mendes ne s’attarde pas à nous refaire son histoire, mais bien de proposer une aventure unique au milieu des tranchées. Schofield et Blake, se retrouvant face au général Erinmore (Colin Firth), leur ordonnant de faire suivre ce message le plus vite possible, s’apprêtent à nous embarquer dans une expérience (unique?) forte en émotions.

Chaque grand cinéaste s’est attaqué au film de guerre. 1917 est et sera irrémédiablement comparé à la dernière œuvre de Christopher Nolan, Dunkerque. Bien que différent dans le dispositif technique, la course contre-la-montre est semblable, tendue et tenue, affolante de tension. Les aiguilles continuent à glisser, sans attendre nos 2 valeureux soldats. Des restes humains, une cachette dans un cratère - les restes d’un obus -, les eaux sales où végètent des cadavres, des douilles, des casques. Schofield et Blake nagent en eaux troubles au prix d’une épreuve palpitante, racontée à travers les actes de bravoure, les rencontres vécues comme une reprise de souffle, avant de repartir les armes à la main, le courage comme guide.

Les scènes épiques ne manquent pas. On retient surtout cette séquence nocturne hallucinante de beauté; Schofield guidé par les éclats lumineux des impacts, les cris des soldats allemands, courant pour sauver sa peau dans un déluge de lumières. Roger Deakins à la photographie et Thomas Newman à la composition - une bande-son vertigineuse, divinement belle - pour rendre ce segment ahurissant, d’une immersion comme rarement ressentie au cinéma. La folie guerrière s’empare de nous. Et si 2-3 broutilles peuvent-nous embêter, comme ces rebondissements multiples durant cette seconde heure, la fresque de Sam Mendes est d’une puissance rarement égalée, à l’atmosphère enfiévrée et prodigieuse. Une prouesse!

En bref!

1917, une grande claque, une course où la désolation s’est nourrie de la soif de vaincre de l’Homme. Courir et encore courir, éviter les bombes et les soldats allemands, pour ce simple bout de papier. Les corps empalés et empilés, les champs de bataille silencieux; 1917 est un grand film de guerre.

13.01.2020

4.5

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Commentaires

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Eric2017

il y a 8 jours

Excellent film De Sam Mendes. Palpitant, émouvant, sans en faire trop c'est un film d'une qualité exceptionnelle. Des décors incroyables, aucune scène "gore", le tout filmé d'une manière magnifique pour l'oeil du spectateur et accompagné d'une musique fabuleuse. C'est tout simplement extraordinaire. A voir absolument. (F-15.01.20)Voir plus

Dernière modification il y a 8 jours


vincenzobino

il y a 9 jours

Will Hunting
6 avril 1917, quelque part dans une tranchée : les caporaux Will et Tom reçoivent l’ordre de traverser le No Man’s Land et rejoindre un bataillon plus avancé afin de lui donner le contre-ordre de ne pas attaquer les Allemands ayant apparemment cessé toute activité. Leur traversée ne sera pas sans répercussion et semée d’embûches de tout genre, mais pour Tom dont un cousin lieutenant est directement concerné par cet ordre, pas question de renoncer.
Le voici donc ce phénomène apparent récompensé aux derniers Golden Globes. Une expérience tonitruante et indélébile.
Le principe du plan-séquence n’est pas sans rappeler à la fois un précédent récompensé aux Oscars avec un oiseau volant ainsi qu’une plus proche expérience au large de Dunkerque. Mais tout aussi remarquables que soient la photographie et le son, c’est bien l’humain qui ici impressionne le plus.
Illustration avec la détermination de notre duo dont une rencontre aérienne ainsi qu’une traversée de pont forgeront le destin; évocation de l’horreur par les dégâts humains permanents et un défilé morbide. A tel point que sur les 105 premières minutes, hormis pour une présence féminine, l’humain sauvage est illustré.
Et surviennent les vingt dernières minutes qui vont en quelque sorte nous réconcilier. Cette mission s’avère une chasse à la survie et à droiture. Et ce dernier point est parfaitement illustré par la parole d’un gradé qui nous marque ainsi qu’une magnifique séquence musicale rappelant ce à quoi l’homme devrait croire.
Un hommage magnifique de Sam Mendes à son aïeul à recommander vivement et si vous êtes mélomanes, je vous recommande de rester jusqu’à la fin du générique où la magnifique musicalité de Thomas Newmann peaufine l’expérience.Voir plus


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