Bumblebee Etats-Unis 2018 – 114min.

Bumblebee

Critique du film

Quand le Géant de Fer rencontre les Transformers

Alexandre Janowiak
Critique du film: Alexandre Janowiak

En 1987, après avoir quitté précipitamment la planète Cybertron en pleine guerre, le jeune Autobot Bumblebee est poursuivi par trois Decepticons prêts à tout pour le tuer et retrouver Optimus Prime. Pendant plusieurs semaines, il trouve refuge dans une décharge californienne sous sa forme automobile avant d'être récupéré par Charlie, une adolescente, et de retrouver sa forme robotique. Le début d'une longue aventure.

Lors de sa première séquence, le spin-off de Transformers surprend. En une vingtaine de minutes, il offre deux combats dynamiques, l’un sur Cybertron et l’autre sur Terre, dotés d'une mise en scène hyper maîtrisée, des effets spéciaux de belles qualités et surtout des enjeux placés rapidement. L'origin story de Bumblebee pour son arrivée sur Terre est instaurée efficacement et si l'histoire n'a rien de très originale, il y a largement de quoi proposer un joli divertissement.

Malheureusement, l'espoir de découvrir un film Transformers véritablement entraînant s’estompe avec Bumblebee. Ce robot est pourtant l’un des plus attachants de la saga, de par sa façon de parler (avec sa radio) et pour son humanité (alors même qu'il est un robot évidemment). Cependant, son histoire avec la jeune Charlie et leur amitié n'a rien de très enthousiasmant, ni même de novateur. À quelques exceptions près, le film reprend les trames de E.T. L’Extraterrestre et du Géant de Fer, sans s'en défaire réellement.

Le film dure moins de 2h et semble pourtant durer aussi longtemps que les autres films de la saga, qui lorgnaient autour des 2h15 voire 2h30. Les dialogues sont des plus niais (les discussions teens entre Charlie et Memo), les facilités scénaristiques sont légion (entre les transitions bâclées, les personnages qui retournent leur veste et les accessoires au bon endroit au bon moment) et le film est surtout victime d'une dose d'humour mal gérée. Bumblebee se veut léger, il l'est incontestablement, mais à l'inverse il n'est pas drôle un seul instant (sauf si on est fan des blagues lourdes, trop appuyées et triviales).

En se déroulant dans les années 80, il avait de quoi jouer avec l'époque pour surfer sur une certaine forme de nostalgie (à l'image de Stranger Things). Au final, le spin-off se contente de balancer quelques chansons de l'époque et de montrer en boucle Breakfast Club pour dépeindre son univers eighties. Une pauvreté décevante. Tout juste retiendra-t-on quelques scènes d'action efficaces, bien mises en scène mais peu recherchées. On note aussi la belle prestation de Hailee Steinfeld dans le rôle de cette adolescente isolée, alors que John Cena, lui, s'enferme encore une fois dans la peau d'un militaire aigri, pro-américain et anti-tout dont le scénario se moque allégrement dans les derniers instants.

En bref !

Bumblebee est une sorte de E.T. - Géant de Fer version Transformers, au scénario attendu et à la narration trop classique. C'est sans aucun doute moins foutraque que les films de Michael Bay et mieux mis en scène. Après est-ce que c'est vraiment plus divertissant ? Rien n'est moins sûr, le récit est toujours aussi simpliste, l'action toujours aussi banale et l'ensemble une nouvelle fois dénué de profondeur.

28.12.2018

2.5

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